12 JOURS DE TERREUR
Titre: 12 days of terror
Réalisateur: Jack Sholder
Interprètes: Colin Egglesfield

 

John Rhys-Davies
Jenna Harrison
Jamie Bartlett
Adrian Galley
Colin Stinton
 
Année: 2004
Genre: Horreur / Sharksploitation / Aventure
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Production télévisuelle de prestige lancée à l’initiative du Discovery Channel, 12 JOURS DE TERREUR prend place en 1916 dans le New Jersey. Alors que la Première Guerre Mondiale fait rage en Europe et qu’une épidémie de polio se répand aux Etats-Unis, une petite ville s’apprête à entamer l’été dans la sérénité. La chaleur est étouffante et chacun songe à profiter des bienfaits d’une petite baignade en mer. Mais cette chaleur provoque l’arrivée dans les eaux du New Jersey d’un redoutable prédateur, un grand requin qui n’hésite pas à attaquer un baigneur le premier juillet 1916. Durant 12 jours, la station balnéaire vivra dans la terreur et subira le joug du squale tandis que les autorités se révèlent impuissantes à le stopper. Alors que les victimes se multiplient, un maître nageur courageux ayant vu son meilleur ami croqué par l’animal s’associe à un vieux loup de mer pour débarrasser les plages du requin.

Si l’intrigue de 12 JOURS DE TERREUR rappelle forcément LES DENTS DE LA MER ce n’est pas vraiment surprenant puisque Peter Benchley, le romancier à l’origine du métrage signé Steven Spielberg, s’est inspiré de cette histoire pour écrire son « classique ». 12 JOURS DE TERREUR reprend donc, bien sûr, les éléments attendus : les autorités municipales refusant de fermer les plages pour des raisons économiques, le vieux marin trop porté sur la boisson tentant d’avertir les villageois du danger et l’homme courageux partant à la chasse au monstre marin. L’identité du responsable aquatique des nombreuses attaques n’ayant pas été clairement définie dans la réalité, 12 JOURS DE TERREUR reprend les différentes hypothèses envisagées, à savoir un Grand Blanc ou une autre espèce, comme par exemple un requin Bouledogue, pouvant nager en eaux douces, puisque l’animal remonte même une rivière pour dévorer quelques imprudents.

Néanmoins, le scénario se permet de larges libertés avec la réalité historique, les attaques s’étant produites au large de plusieurs villes et non d’une seule. Les différents protagonistes, quoique basés sur des personnalités authentiques, ne se sont, pour leur part, jamais rencontrés dans la réalité. 12 JOURS DE TERREUR s’apparente donc à un mélange de faits réels, de fiction pure et d’emprunts aux DENTS DE LA MER mais la sauce réussit à prendre et s’avère même très agréable à suivre.

Dans le contexte d'une production à petit budget, la reconstitution du New Jersey du début du vingtième siècle s’avère solide, ce qui exclut d’y rencontrer de jeunes demoiselles en bikini. L’essentiel de l’intrigue se focalise sur le personnage du maître nageur, assez stéréotypé mais néanmoins convaincant dans sa croisade revancharde à l’égard du squale. Il s’appelle Alex et sortait auparavant avec Alice, laquelle a fini par lui préférer l’homme d’affaires Stan. Pourtant Alice semble encore hésiter à épouser Stan et se demande parfois si Alex ne constituait pas un choix plus approprié. Cette relation amoureuse conflictuelle, plutôt banale, se voit donc greffer au script pour lui donner davantage d’épaisseur mais l’essentiel reste néanmoins les séquences d’attaques.

Pour un téléfilm, 12 JOURS DE TERREUR ne démérité pas à ce niveau et propose des scènes convaincantes sans verser dans le gore. Morsures brièvement aperçues, membres sectionnés, flots de sang écarlates teintant l’océan, victimes en état de choc et d’une pâleur déjà cadavérique,…le réalisme est de rigueur et se refuse aux excès spectaculaires. Plutôt une bonne chose devant les excès coutumiers de la « sharksploitation », souvent plus risibles qu’effrayants. Le métrage fonctionne essentiellement par la qualité de sa reconstitution historique et retranscrit assez adroitement la folie s’emparant des habitants organisant une véritable chasse au requin.

Quelques séquences de suspense et la plupart des attaques sont, elles-aussi, mises en scènes avec une belle efficacité et la durée restreinte (85 minutes) impose à Jack Sholders (HIDDEN, LA REVANCHE DE FREDDY et ALONE IN THE DARK) un rythme soutenu qui évite au spectateur tout sentiment d’ennui. Du beau boulot à tous les points de vue et une preuve supplémentaire que la télévision peut, parfois, proposer une qualité équivalente au cinéma.

Sans atteindre la perfection des DENTS DE LA MER, de toutes façons probablement inégalable, ce très honnête téléfilm se montre fort agréable et nettement plus réussi que les nombreuses et piètres productions telles que SHARK ATTACK et autres « zederies » signées Nu Image.

A découvrir pour les fans de requins tueurs !

 

Fred Pizzoferrato - Octobre 2010