28 SEMAINES PLUS TARD
Titre: 28 Weeks Later
Réalisateur: Juan Carlos Fresnadillo
Interprètes: Robert Carlyle

 

Catherine McCormack
Amanda Walker
Garfield Morgan
Shahid Ahmed
Emily Beecham
 
Année: 2007
Genre: Horreur / Science-fiction
Pays: Grande Bretagne / Espagne
Editeur  


Critique:

Le premier film de la série, 28 JOURS PLUS TARD, avait largement revitalisé le genre "zombie" (même si on parle ici plus volontiers d'infectés) et cette séquelle, après cinq ans, d'attente, reprend les choses là où nous les avions laissées.

Don et sa femme se sont réfugiés dans un village isolé durant l'infection ayant dévasté l'Angleterre. Mais les monstres enragés finissent par envahir le fragile refuge. Don s'enfuit et laisse son épouse avant d'aboutir à Londres. L'épidémie, heureusement, a été jugulée, les infectées étant finalement morts de faim. Le monde commence donc à reconstruire et, 28 semaines après le début de l'infection, l'Angleterre est de nouveau sûre. Don et ses enfants tentent donc de revivre dans ce pays dévasté…mais le mal s'apprête à frapper à nouveau.

Quoiqu'il ne soit pas spécialement original (l'œuvre emprunte beaucoup à la saga des morts vivants de George Romero et plus encore à son méconnu LA NUIT DES FOUS VIVANTS, ainsi qu'à des titres plus récents comme L'ARMEE DES MORTS), le métrage parvient à générer une tension palpable.

28 SEMAINES PLUS TARD reprend les mêmes principes que le premier film mais parvient à injecter un minimum de sang frais à une intrigue apparemment convenue. Juan Carlos Fresnadillo assume la lourde tâche de succéder au cinéaste prodige Danny Boyle, fort de quelques réalisations remarquées dont l'intéressant INTACTO. Il utilise ici une mise en scène effective, très proche de celle d'un journal télévisé, afin d'accroître le réalisme de son métrage. Mais l'ensemble, à de rares exceptions près, demeure lisible et assez digeste, en dépit d'une certaine frénésie qui retranscrit plutôt efficacement le chaos. Si on peut questionner ce choix d'un usage épileptique de la caméra, Juan Carlos Fresnadillo s'en sort néanmoins plutôt bien…en tout cas mieux que beaucoup d'autres qui utilisent le procédé pour générer un sentiment d'urgence qu'ils sont incapables de créer autrement. Reste que, sur la longueur d'un long métrage, cette mise en scène agressive est parfois un brin agaçante.

Le principal argument de la réussite de 28 SEMAINES PLUS TARD réside dans sa capacité à reprendre les éléments fondateurs de l'original tout en les développant intelligemment pour ouvrir de nouvelles pistes. La comparaison, déjà souvent écrite entre cette suite et les deux premiers volets d'ALIEN prend tout son sens tant le cinéaste élargit le sujet mais reste fidèle aux prémices de 28 JOURS PLUS TARD.

L'interprétation s'avère pour sa part d'une grande qualité et les personnages sont souvent convaincants et bien joués en dépit de réactions parfois peu logiques. Une faiblesse en partie compensée par le climat désespéré d'un film qui n'hésite jamais à sacrifier ses personnages principaux lors de séquences de pure brutalité. Le massacre final des innocents constitue d'ailleurs un véritable petit morceau de bravoure qui mérite à lui seul une vision.

Dommage que de trop nombreux trous de scénario gâchent la vision d'un film qui est certainement efficace et (globalement) réussi mais que l'on eut aimé pouvoir réellement considérer comme un chef d'œuvre.

Mais 28 SEMAINES PLUS TARD est, en définitive, une séquelle efficace et en grande partie réussie, ce qui n'est déjà pas si mal!

Fred Pizzoferrato - Décembre 2007