HALLOWEEN II
Titre: H 2 - Halloween II
Réalisateur: Rob Zombie
Interprètes: Scout Taylor-Compton

 

Malcolm McDowell
Tyler Mane
Brad Dourif
Sheri Moon Zombie
Chase Wright Vanek
Margot Kidder
Année: 2009
Genre: Slasher / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

S’il n’est pas réellement le premier slasher de l’histoire du cinéma, HALLOWEEN de John Carpenter a véritablement défini les codes du genre en 1978 avant de s’imposer comme un immense classique du cinéma d’épouvante. HALLOWEEN 2, signé Rick Rosenthal, suivit en 1981 et, après la parenthèse HALLOWEEN 3 (n’ayant rien à voir avec le reste de la franchise), il faudra attendre la fin des années ’80 pour voir deux séquelles tournées dans la foulée, le très correct HALLOWEEN IV et le médiocre HALLOWEEN 5.

Six ans s’écoulèrent encore avant la sortie du désastreux HALLOWEEN 6, suivit par un commémoratif et sympathique HALLOWEEN H20 et un piètre HALLOWEEN RESURRECTION. Un titre mensonger puisque ce métrage d’une effarante médiocrité mit un terme définitif à la saga. Du moins jusqu’à l’annonce d’un remake, la grande mode du recyclage ne pouvant épargner un métrage aussi essentiel que le classique fondateur signé John Carpenter.

Réalisé par Rob Zombie en 2007, cette relecture d’HALLOWEEN divisa les fans même si la plupart y réagirent négativement. Néanmoins, le succès commercial de ce remake se devait d’entrainer une suite, toujours signée Rob Zombie bien que ce dernier avait tout d’abord déclaré ne pas vouloir tourner de séquelle à son film.

L’intrigue se déroule peu avant Halloween, un an après le carnage de Haddonfield. Le docteur Sam Loomis exploite sa notoriété en vendant des livres dans lesquels il relate sa confrontation avec le plus grand serial killer de tous les temps, Michael Myers. Laurie Strode essaie de continuer à vivre en suivant un traitement psychologique et tente d’oublier les événements récents. Quant à Michael lui-même, il n’est pas mort et s’apprête à venir commettre de nouveaux massacres.

Après divers scénarios inaboutis, Rob Zombie décide donc de s’emparer une nouvelle fois du mythe « Halloween » pour le plier à sa vision propre. Pour se faire, l’ancien chanteur de métal va écrire et réaliser une séquelle qui s’éloignera radicalement du propos initié par John Carpenter pour déboucher sur un métrage nettement plus étrange. Reprenant les principaux personnages de sa relecture de 2007, Rob Zombie se concentre sur la mère de Michael, Deborah Myers (toujours interprétée par son épouse Sherry Moon Zombie), laquelle va guider son fiston dans sa croisade. Véritable spectre ou visualisation des troubles mentaux de Michael Myers ? Difficile de trancher, le métrage ne se montrant pas très clair à ce sujet. Ni à bien d’autres d’ailleurs, HALLOWEEN 2 ayant la fâcheuse tendance à ressembler davantage à un foutoir de séquences diverses qu’à un ensemble cohérent.

Le métrage débute pourtant de manière efficace en proposant une relecture du HALLOWEEN 2 de 1981, Michael pourchassant Laurie jusque dans l’hôpital où la jeune femme a été admise en état de choc. Cependant, il apparaît (au bout de près de 25 minutes !!!) que tout cela était simplement un rêve. A partir de là, Rob Zombie considère apparemment qu’il peut orienter son film dans une direction toute personnelle et se dédouaner de tout respect envers la mythologie mise en place entre 1978 et 2002. L’impressionnant tueur surnommé « La Forme » par les inconditionnels de la saga se trouve ainsi réduit à une silhouette menaçante, sorte de vagabond hirsute ne se souciant même plus d’arborer son fameux masque. La moitié du métrage le montre déambulant dans les champs, tuant brutalement (les meurtres sont franchement gore) toute personne croisant sa route. Apparemment, Michael attend patiemment Halloween pour se lancer à la poursuite de Laurie, ce qu’il fait finalement durant les trois derniers quarts d’heure de projection.

Lorsqu’il ne suit pas les pas de Michael, le cinéaste s’intéresse au docteur Loomis, toujours incarné par l’excellent Malcolm McDowell, et se permet une charge assez corrosive à l’égard des médias et de l’exploitation des faits divers les plus crapuleux. Pour se donner un air quelque peu « auteurisant », Rob Zombie propose également de nombreuses séquences oniriques dans lesquelles interviennent un mystérieux cheval blanc, une Sherry Moon Zombie fantomatique et des éclairages vaguement psychédéliques. Le manque de moyen transforme immédiatement ses passages, sans doute inspirés par David Lynch (!) en parodie involontaire même si quelques idées surnagent malgré tout et renvoient aux travaux antérieurs du cinéaste comme le sympathique HOUSE OF THE 1000 CORPSES et le bien plus réussi THE DEVIL’s REJECTS.

Notons encore la présence au casting de la revenante Caroline Williams, abonnée aux séquelles puisqu’on la connaît surtout pour ses rôles dans le MASSACRE A LA TRONCONNEUSE 2 de Tobe Hooper et STEPFATHER 2 de Jeff Burr. Brad Dourif (la voix de Chucky dans tous les épisodes de la longue saga CHUCKY – JEU D’ENFANT mais aussi acteur dans LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, ALIEN RESURRECTION, DUNE, VOL AU DESSUS D’UN NID DE COUCOUS ou BLUE VELVET) reprend pour sa part le rôle du shérif Brackett. Margot Kidder, vue dans BLACK CHRISTMAS et AMITYVILLE (les originaux, pas les remakes !) mais surtout connue pour son rôle de Lois Lane dans la tétralogie SUPERMAN reçoit également un petit rôle de psychanalyste. Enfin, notons la présence, tout comme dans le précédent volet, de Danielle Harris, laquelle avait déjà participé, dans un rôle différent, à HALLOWEEN IV et V voici 20 ans. Bref, Rob Zombie semble se faire plaisir et convie même le chanteur parodique Weird Al Yankovic pour quelques traits d’humour lors d’un talk show télévise.

En dépit d’une musique entrainante (quoique le légendaire thème de Carpenter n’apparaisse que lors du générique de fin), de quelques passages réussis et de meurtres bien gore, Rob Zombie échoue complètement dans sa réappropriation d’un des mythes fondateurs de l’épouvante moderne. Sa vision, bruyante, sanglante et démonstrative, ôte tout élément de suspense à cet HALLOWEEN 2 qui, affranchit des contraintes du premier film, se révèle toutefois un petit poil supérieur à ce-dernier.

Mais, dans l’ensemble, HALLOWEEN 2 reste un ratage plutôt ennuyeux qui se regarde avec davantage de consternation que de passion.

 

Fred Pizzoferrato - Juin 2010