UNE RAISON POUR VIVRE, UNE RAISON POUR MOURIR
Titre: Una ragione per vivere e una per morire
Réalisateur: Tonino Valerii
Interprètes: James Coburn

 

Bud Spencer
Telly Savalas
Reinhard Kolldehoff
José Suárez
Guy Mairesse
Benito Stefanelli
Année: 1972
Genre: Western
Pays: Italie / Espagne / France / Allemagne
Editeur  
Critique:

Né en 1934, Tonino Valerii fait des études de cinéma à Rome et débute comme scénariste au début des années ’60 avant de devenir l’assistant réalisateur de Sergio Leone sur ces deux premiers westerns. Dès 1966, Valerii entame une courte mais superbe carrière dans le domaine du western à l’italienne, livrant en une demi-douzaine d’années une poignée d’œuvres de qualité. Son premier film, LANKI L’HOMME A LA CARABINE, est ainsi suivi par la parabole politique camouflée en western TEXAS, l’excellent LE DERNIER JOUR DE LA COLERE et, enfin, le superbe et ironique MON NOM EST PERSONNE en 1973. On doit également à Valerii des œuvres intéressantes dans d’autres genres, comme le très sympathique giallo FOLIE MEURTRIERE en 1972, année où il réalise également UNE RAISON POUR VIVRE, UNE RAISON POUR MOURIR, aussi connu sous le titre LA HORDE DES SALOPARDS (à ne pas confondre avec le métrage homonyme de Sergio Garrone, alias DJANGO IL BASTARDO).

Moins réussi que les westerns précités, UNE RAISON POUR VIVRE, UNE RAISON POUR MOURIR n’en demeure pas moins une plaisante série B reprenant sans vergogne l’argument du classique LES DOUZE SALOPARDS en le transposant dans l’Ouest. Le colonel Pembroke (James Coburn) engage une poignée d’hommes condamnés à la pendaison pour une mission suicide, leur promettant l’amnistie en cas de réussite. Pembroke et ses « salopards » se lancent à l’assaut d’une forteresse confédérée dirigée par un certain Major Ward (Telly Savalas). Peu à peu, les motivations de Pembroke apparaissent plus personnelles, de même que sa haine manifeste envers Ward.

L’intrigue d’UNE RAISON POUR VIVRE, UNE RAISON POUR MOURIR reprend, dans ses grandes lignes, celle du classique de Robert Aldrich (fréquemment pillée dans le cinéma populaire, comme en témoigne, entre autres, LES MERCENAIRES DU KUNG FU, INGLORIOUS BASTARDS ou encore EASTERN CONDORS). Un « hommage » particulièrement flagrant lors de l’inévitable séquence de recrutement voyant James Coburn (dans un rôle prévu pour Lee Van Cleef) prendre à son service une série de repris de justice dont il énumère les crimes et condamnation. Le reste du métrage se poursuit dans la même veine même si le scénariste y adjoind quelques éléments typiques du western à l’italienne, en particulier un trésor dissimulé au cœur de la forteresse assiégée. Les tensions entre les différents membres du commando vont, elles aussi, croitre au fur et à mesure des difficultés et Coburn va éprouver bien des difficultés à rester maître de sa « horde ». Tout ça permet, bien sûr, des affrontements virils ponctués de gros plans sur les visages crispés et en sueur qui ont assuré la réputation (bonne ou mauvaise selon les affinités de chacun) du western italien.

Quelques sous-intrigues, plus ou moins développées, permettent toutefois à UNE RAISON POUR VIVRE, UNE RAISON POUR MOURIR d’échapper à l’accusation de simple plagiat même si la caractérisation des protagonistes reste minimale, pour ne pas dire bâclée. James Coburn, alors dans sa période westerns désabusés (IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION, PAT GARRET ET BILLY LE KID) compose un personnage assez stéréotypé mais intéressant. Toutefois, l’acteur se fait en partie voler la vedette par un Bud Spencer (remplaçant au pied levé un Eli Wallach indisponible) en bonne forme qui délivre une prestation très plaisante loin de ses (parfois) pesantes interprétations dans le domaine du « western fayot » à la TRINITA. Dommage que le reste du casting soit plutôt inexistant, Telly Savalas, en grand méchant, manque d’ampleur et de charisme pour convaincre et les « salopards », dans leur majorité, passent inaperçus.

UNE RAISON POUR VIVRE, UNE RAISON POUR MOURIR souffre encore d’un rythme plutôt mou et d’un manque d’ambitions, sans doute consécutive à un budget trop restreint.

L’attaque finale de la forteresse, en dépit d’une figuration nombreuse (environ 300 personnes) manque ainsi de panache et n’est pas le grand morceau de bravoure escompté.

Production correcte mais un poil décevante de la part d’un cinéaste que l’on a connu plus inspire, UNE RAISON POUR VIVRE, UNE RAISON POUR MOURIR se révèle trop mollasson pour emporter une réelle adhésion. Toutefois, ce Valerii mineur demeure un honnête divertissement qui se suit sans ennui et saura plaire aux amateurs de western spaghetti (lesquels se montrent cependant fort partagé sur ce film). A découvrir pour se forger sa propre opinion.

 

Fred Pizzoferrato - Juin 2011