ADIOS HOMBRE
Titre: Sette pistole per un massacre
Réalisateur:  
Interprètes: Craig Hill

 

Eduardo Fajardo
Piero Lulli
Giulia Rubini
Nello Pazzafini
Eleonora Vargas
Spartaco Conversi
Année: 1967
Genre: Western
Pays: Italie / Espagne
Editeur Seven7
Critique:

Réalisé par Mario Caiano, petit spécialiste du cinéma populaire italien ayant œuvré dans la plupart des genres en vogue (péplum, western, épouvante, giallo et même naziexploitation), ADIOS HOMBRE ne cherche pas à renouveler le western mais, simplement, à proposer un spectacle solide qui s’appuie sur une intrigue relativement originale et bien écrite.

Will Flaherty, injustement accusé d’un vol et d’un crime par un certain Luke, parvient à s’évader après trois ans de détention. Il échoue dans une petite ville et reprend contact avec son ancienne petite amie, Peggy. Coïncidence, une bande de hors la loi débarque également dans le bled afin d’attendre une diligence remplie d’or dont ils comptent s’emparer. Les criminels prennent les villageois en otage et instaurent un véritable règne de terreur, massacrant sans pitié le shérif et ses adjoints. Will, caché dans le saloon, tente de renverser la situation et de protéger Peggy avant de constater que son ancien accusateur, Luke, appartient à la bande de truands. La tension grimpe et le prisonnier en cavale parait la seule chance de salut des villageois.

En dépit de son scénario classique et linéaire respectant, pratiquement entièrement, les fameuses unités de temps, de lieu et d’action, ADIOS HOMBRE ménage durant son déroulement quelques petits retournements bienvenus qui aident à maintenir l’intérêt du spectateur. Sans verser dans la psychologie à outrance du « sur-western », les protagonistes disposent, en outre d’une certaine épaisseur et agissent souvent de manière logique. Un bon point qui rapproche davantage le long-métrage des bonnes séries B américaines « traditionnelles » que des westerns italiens déjantés de la seconde moitié des années ‘60.

L’ensemble apparait, par conséquent, bien écrit et rigoureux même si il faut, comme souvent, parfois accepter quelques entorses à la vraisemblance pour apprécier le spectacle. L’interprétation, pour sa part, se montre tout à fait correcte avec, dans le rôle principal, l’Américain Craig Hill. Ce-dernier, après divers apparitions dans des films prestigieux (comme EVE) et une jolie carrière à la télévision se reconvertit, comme nombre de ses collègues, dans le cinéma populaire européen : il apparut dans de nombreux westerns et quelques films d’épouvante, dont l’efficace giallo tardif TERREUR SUR LA LAGUNE. A ses côtés, nous retrouvons l’éternel second rôle Piero Lulli en traitre irrécupérable et la belle Guilia Rubini en patronne de saloon en détresse poussant la chansonnette pour les beaux yeux du héros.

Sans convaincre les allergiques au western à l’italienne, ADIOS HOMBRE saura contenter les amateurs : le cadre citadin est bien utilisé, les clichés sont présents (bagarres de saloon et entraineuses aguicheuses comprises), les duels et bagarres nombreux et le film quitte même un bref moment son décor urbain pour une appréciable poursuite entre une diligence et des bandits à cheval.

Rien de mémorable ou de transcendant, certes (ADIOS HOMBRE ne finira jamais dans un hypothétique « top 20 du western à l’italienne ») mais un bon divertissement qui se savoure sans ennui, bien aidé il est vrai par une durée judicieusement réduite (environ 80 minutes). La musique, elle aussi, se révèle inspirée et plaisante même si elle ne peut rivaliser avec les meilleures bandes originales du genre.

Petit western urbain au budget serré (cela se ressent essentiellement dans les décors rudimentaires et les costumes un brin folklorique), ADIOS HOMBRE n’en reste pas moins une production très honnête dont le classicisme, largement inspiré du modèle américain, s’appréciera des amateurs de western traditionnel, souvent décontenancés par les outrances du spagh’.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2012