AIRPORT 77: LES NAUFRAGES DU 747
Titre: Airport '77
Réalisateur: Jerry Jameson
Interprètes: Jack Lemmon

 

Lee Grant
James Stewart
Christopher Lee
Joseph Cotten
Olivia de Havilland
George Kennedy
Année: 1977
Genre: Film catastrophe
Pays: USA
Editeur
Critique:

Troisième volet de la tétralogie culte du cinéma catastrophe, AIRPORT 77 (ou LES NAUFRAGES DU 747) constitue un spectacle raisonnablement divertissant mais trop linéaire et balisé pour réellement passionner. Le succès récent (à l’époque) de l’AVENTURE DU POSEIDON explique probablement la curieuse idée de ce nouvel épisode puisque, à mi film, le 747 se crashe dans les eaux du triangle des Bermudes. Là aussi, les producteurs prennent en compte l’attrait exercé par cette portion d’océan supposée maudite qui fut très à la mode dans les médias à sensations des années ’70 (et dans le cinéma d’exploitation).

Les survivants, coincés au fond des flots, vont donc tenter de survivre alors que l’oxygène se raréfie. Mais il ne s’agit pas réellement d’un accident puisque le Boeing a été détourné par des pirates de l’air désireux de s’emparer de la collection de tableaux d’un riche homme d’affaire (James Stewart). L’équipage mené par le pilote (Jack Lemmon) et quelques passagers vont tenter de sauver nos « naufragés » d’une mort certaine.

Prototype du cinéma « catastrophe » à grand spectacle de la fin des seventies, AIRPORT 77 ne se soucie nullement de révolutionner une intrigue balisée. Par conséquent, tous les clichés répondent à l’appel, y compris le chanteur de charme aveugle qui périt durant la catastrophe écrasé par son piano. Pour meubler avant le crash attendu, le long-métrage se repose sur les conventions du soap-opéra. Les différents protagonistes sont donc présentés tour à tour, avec leurs différents problèmes (très classiques) qui seront moqués avec justesse par le futur Y-A-T’IL UN PILOTE DANS L’AVION ? Une jeune femme tente de renouer avec son riche paternel, une ancienne comédienne désire séduire un passager, etc. Rien de bien neuf. A cela s’ajoute les habituelles tromperies et autres coucheries compliquées par des histoires d’adultère, de séparation et de réconciliation. Tout cela est peu passionnant et le public attend impatiemment l’accident d’avion annoncé qui dynamite un rythme jusque-là léthargique.

Le casting convoque évidemment le traditionnel défilé de stars : James Stewart voisine avec Christopher Lee, Lee Grant (DAMIEN – LA MALEDICTION 2), Olivia de Havilland (LES AVENTURES DE ROBIN DES BOIS), Joseph Cotten (CITIZEN KANE), Jack Lemmon (CERTAINS L’AIMENT CHAUD), M. Emmet Walsh (BLOOD SIMPLE), Michael Pataki (ROCKY IV) et l’indispensable George Kennedy qui reprend son rôle de Patroni (il participa aux quatre AIRPORT).

Définitivement trop long (le côté soap de la première partie est ennuyeux mais que dire de l’interminable scène de sauvetage ?) AIRPORT 77 fut pourtant exploité à la télévision dans une version allongée de 55 minutes et diffusé sur deux soirées. Incroyable tant on eut souhaité, au contraire, une intrigue plus resserrée et quelques rebondissements supplémentaires histoire de relancer un intérêt parfois défaillant.

Dans l’ensemble, AIRPROT 77 reste toutefois un honnête divertissement qui connut, à l’époque, un joli succès (30 millions de recettes pour un investissement initial de six ce qui le plaça en dix-neuvième position du box-office de 1977).

Si les maquettes sont parfois bien visibles, quelques passages spectaculaires emportent le morceau pour les nostalgiques de cette atmosphère très seventies, presque décontractée en dépit de la menace planant sur les protagonistes.

Sympathique.

Fred Pizzoferrato - Septembre 2015