ALIEN 2: LE MONSTRE ATTAQUE
Titre: Alien 2 - Sulla Terra / Alien Terror / Alien On Earth
Réalisateur: Ciro Ippolito
Interprètes: Belinda Mayne

 

Mark Bodin
Robert Barrese
Michele Soavi
Benny Aldrich
Judy Perrin
 
Année: 1980
Genre: Science-fiction / horreur
Pays: Italie
Editeur  


Critique:

Non content de se lancer dans l'imitation forcenée des grands succès du box-office, les Italiens se montrèrent - durant la plus grande partie des seventies et le début des eighties - particulièrement inspirés par les travaux de leurs voisins au point de livrer quelques suites pirates à l'intérêt souvent limité. L'impact du film de Scott fut évidemment suffisant pour que les copies affluent et Ciro Ippolito se lança le premier dans la mêlée en proposant dès 1980 cet ALIEN 2, suivant ainsi les ZOMBI 2, PATRICK 2, LAST HOUSE ON THE LEFT 2 et autre EXORCISTE 2.

Au niveau du scénario, les responsables de cet ALIEN 2 n'ont pas été cherchés trop loin la subtilité. Deux astronautes reviennent d'une mission à bord d'un vaisseau qui se crashe dans l'océan, tandis qu'une spéléologue nommée Thelma commence à vivre d'étranges phénomènes de prescience. Thelma, son copain et un petit groupe parti explorer des grottes dans le Colorado tandis qu'une annonce radio révèle que les astronautes ont disparus…dans les grottes personne ne vous entend crier.

Petite série Z plutôt lénifiante, le métrage de Ciro Ippolito s'inspire clairement des vieux classiques de la science-fiction horrifique anglaise de la Hammer, en particulier les deux premiers épisodes de la saga Quatermass (LE MONSTRE et LA MARQUE) tout en y incluant des idées puisées chez Ridley Scott (évidemment!) mais aussi dans tout un pan du cinéma bis de l'époque (utilisation de pouvoirs psychiques, effets gore, etc.) Malheureusement, le scénario se réduit rapidement à une peau de chagrin et les quelques notions un tant soit peu originales sont rapidement noyées dans la banalité, d'autant que l'intrigue se révèle trouée de partout et que les dialogues ne vont jamais plus loin que la simple illustration redondante des images.

Toute la seconde partie du métrage abandonne ainsi l'aspect science fictionnel pour s'apparenter à un simple slasher. Que les protagonistes soient confrontés à des aliens plutôt qu'à des mutants cannibales, des zombies ou des tueurs masqués, ne change finalement rien à la donne: clichés à gogo et mutilations bien gore (la plupart du temps par décapitation) au programme.

Mal fichu, ALIEN 2 trahit rapidement son budget misérable et son manque flagrant d'enthousiasme, tant l'équipe semble n'avoir eu d'autres ambitions que de proposer rapidement un produit surfant sur une mode commercialement porteuse. D'où une impression de bâclage à tous les niveaux (décors très cheaps, acteurs peu concernés, mise en scène défaillante, stock shots visibles) encore aggravé par les longueurs terriblement ennuyeuses qui parsèment le métrage.

Trop souvent, Ciro Ippolito ne semble pas capable de tenir la distance autrement qu'en allongeant les séquences ou en multipliant les passages sans intérêt, prolongeant inutilement les scènes d'exposition, peut-être dans une veine tentative d'instaurer un minimum de suspense. Le film se termine finalement par une de ses fins ouvertes et sans queue ni tête comme les appréciait les cinéastes italiens de l'époque, dans une veine qui se rapproche un peu de L'ENFER DES ZOMBIES ou des récits post-apocalyptiques: l'héroïne se croyant sauvée débouche dans un monde apparemment détruit et ravagé par les extra-terrestres. Apparemment est d'ailleurs le maître mot car le spectateur ne verra jamais distinctement les monstres en question, dont l'apparence paraît incertaine!

Quelques scènes modérément efficaces, une poignée de morts relativement gore, une musique parfois adaptée et un peu de nudité tentent de maintenir l'attention du spectateur mais la mission était sans espoir tant l'ensemble manque de rythme et d'énergie.

En résumé, ALIEN 2 constitue une tentative opportuniste et peu distrayante de la part des Italiens, lesquels, sans doute pour des questions budgétaires, ne se risquèrent pas souvent à plagier l'œuvre de Scott (laissant le champ libre à Roger Corman ou David DeCoteau).

Mais, pour le curieux cherchant un sympathique décalque d'ALIEN, autant oublier ce médiocre ALIEN 2 et se tourner vers l'agréablement ringard CONTAMINATION.

Fred Pizzoferrato - Novembre 2007