AMERICAN NINJA 2: LE NINJA BLANC
Titre: American Ninja 2: The Confrontation
Réalisateur: Sam Firstenberg
Interprètes: Michael Dudikoff

 

Steve James
Larry Poindexter
Gary Conway
Jeff Celentano
Michelle Botes
Mike Stone
Année: 1987
Genre: Action / Arts martiaux
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Encouragé par les bons scores du premier AMERICAN WARRIOR, la Cannon reforme l’équipe gagnante (le réalisateur Sam Firstenberg et les deux actions stars Michael Dudikoff et Steve James) pour une séquelle voulue « bigger and louder ».

Après l’intermède AMERICAN WARRIOR 2 (fausse suite titrée en version originale « Avenging Force »), LE NINJA BLANC ramène sur le devant de la scène nos deux Rangers favoris, Joe Armstrong dit le Ninja Blanc et Curtis Jackson, dit la brute Black, lesquels sont expédiés sur une île des Caraïbes afin d’enquêter sur d’étranges disparitions. Très vite, nos héros découvrent l’implication d’un trafiquant de drogues surnommé Lion retranché dans sa base secrète où, tel un méchant de James Bond, il oblige par chantage un professeur à engendrer une armée de super-soldats ninjas afin de conquérir le monde. Les deux soldats vont devoir user de leurs poings et de leurs pieds pour juguler la menace et sortir vivant de ce guêpier.

Plus ouvertement bis que le premier volet, LE NINJA BLANC semble conscient de ses origines et influences, lesquelles puisent dans la littérature de gare et le cinéma martial des années ’70, saupoudrées d’une grosse louche d’espionnite proche de James Bond. Nous sommes ainsi sur une île tropicale paradisiaque peuplée de baigneuses en tout petit bikini et de surfeurs bronzés mais une menace plane, celle d’une cohorte de ninjas en combinaisons colorées décidés à détruire la démocratie américaine. Dès lors, place à la véritable raison d’être du film : de la baston à répétition, entrecoupées d’explosions et de duels où les belligérants disposent d’un armement ninja délirant digne du LEGENDARY WEAPONS OF CHINA de la Shaw Brothers.

Forcément, Dudikoff ne s’est guère amélioré depuis le premier opus et reste un acteur inexpressif aux talents martiaux inexistants sans l’apport salutaire d’un montage efficace. Mais qu’importe, Steve James, a contrario, demeure taillé pour l’emploi : plein de peps, d’énergie communicative et d’humour, sans oublier des compétences de combattant impressionnantes. Il assure le boulot presque à lui seul et rend l’ensemble tout à fait estimable, en particuliers lors des scènes d’acteur.

Heureusement, les joutes à mains nues sont très nombreuses et plutôt sympathiques, certes loin des chorégraphies à l’asiatique mais cependant bien plaisantes, correctement emballées (en particuliers par rapport à de nombreuses productions occidentales de la même époque) et divertissantes. Le métrage respecte d’ailleurs le cahier des charges imposés et propose une intrigue simpliste mais rythmée ponctuée de bastons, de touches d’humour (plus ou moins volontaire) et d’un soupçon de romance guimauve, sans oublier la présence d’un gamin exaspérant censé attendrir le spectateur conciliant.

Bien sûr, les invraisemblances se comptent par dizaine sans que cela soit réellement gênant, le côté bande dessinée permettant toutes les excuses et tous les excès. Nous avons donc un professeur forcé de créer des ninjas mutants qui peste contre cette « perversion » de ses recherches visant à construire un monde meilleur, des trafiquants de drogue retranchés sur leur île avec leurs guerriers de l’ombre en combinaison rouge, etc. L’enquête, elle, ne ressemble à rien et les deux héros se contentent de se balader au hasard des rues dans l’attente d’une inévitable attaque de ninjas franchement contre-productive puisqu’elle les mènera tout droit vers la clé du mystère.

Comme le premier volet, AMERICAN NINJA 2 : LE NINJA BLANC fut un joli succès populaire, notamment dans l’Hexagone où il fit plus de huit cent mille entrées l’été 1987. Guère étonnant tant le film se révèle divertissant, énergique et sans prise de tête. D’une durée parfaitement adéquate, soit 90 minutes tout rond, cette séquelle à tout pour plaire et se savoure toujours avec le même sourire légèrement ironique mais satisfait.

Pas une minute d’ennui au programme et le plaisir de voir, durant une heure et demie, deux héros américains virils tabasser d’infâmes ninjas sur une île édénique peuplée de bimbos. Une certaine idée du bonheur cinématographique !

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2015