AMERICAN WARRIOR II: LE CHASSEUR
Titre: Avenging Force
Réalisateur: Sam Firstenberg
Interprètes: Michael Dudikoff

 

Steve James
James Booth
John P. Ryan
William "Bill" Wallace
Karl Johnson
Marc Alaimo
Année: 1986
Genre: Action
Pays: USA
Editeur  
Critique:

En 1985, la Cannon obtient un succès surprise avec AMERICAN NINJA, modeste mais sympathique série B originellement prévue pour Chuck Norris mais dont le rôle principal est finalement tenu par Michael Dudikoff, très efficacement secondé par un Steve James en grande forme. Rebaptisé AMERICAN WARRIOR, le métrage cartonne au box-office français et attire dans les salles huit cent mille spectateurs.

L’année suivante déboule « Avenging force », une production bien différente mais regroupant la dream team du AMERICAN WARRIOR précité, à savoir Dudikoff, James et le cinéaste Sam Firstenberg. Cette fois, Dudikoff reprend un rôle rodé par Chuck Norris dans INVASION USA, sorti un an plus tôt, celui d’un ancien super agent du gouvernement nommé Matt Hunter. Toutefois, le film sera rebaptisé en France de manière saugrenue AMERICAN WARRIOR 2 : LE CHASSEUR afin bien sûr de capitaliser sur le succès du « premier » opus. Pourtant, aucun ninja au programme de cette fausse suite.

Dans cette nouvelle aventure, le capitaine Matt Hunter, retiré des services secrets, vient en aide à son ami Larry Richards, un politicien afro-américain en campagne. Richards, en effet, se trouve dans la ligne de mire d’un groupuscule de survivalistes adeptes de la suprématie blanche, le Pentangle. Après la mort de Richards et le kidnapping de sa jeune sœur Sarah, Hunter n’a d’autre choix que de rendre coups-pour-coups. Traqué dans les marécages de Louisiane par les chasseurs du Pentangle, Matt Hunter va vendre chèrement sa peau.

Classique et prévisible, AMERICAN WARRIOR 2 se veut nettement plus sérieux qu’AMERICAN NINJA ou même qu’INVASION USA dont il constitue une séquelle très éloignée. Le film reprend la thématique déjà bien connue du mouvement d’extrême-droite organisant des chasses à l’homme pour se débarrasser des indésirables, préfigurant notamment le HARD TARGET de John Woo avec Jean-Claude Van Damme.

Sans surprise, AMERICAN WARRIOR 2 se montre linéaire et sa mise en place, longuette, abuse de la patience du spectateur, d’autant que les invraisemblances se multiplient, en particulier lors de la touristique séquence du Mardi Gras, la protection du défilé laissant grandement à désirer. Bref, trois quart d’heures peu passionnants en outre handicapés par le jeu très limité de Dudikoff.

Malgré ses défauts, AMERICAN WARRIOR 2 reste néanmoins réalisé de manière compétente et met à profit les nombreuses opportunités du scénario pour délivrer, dans sa seconde partie, des scènes d’action réussies. La course poursuite mortelle dans les marais qui occupe l’entièreté du troisième acte s’avère ainsi très plaisante, tout comme l’affrontement final dans une salle d’arme. Dudikoff, bien sûr, reste inexpressif et incapable de manifester la moindre émotion devant le massacre de tous ses amis mais heureusement Steve James compense en apportant l’énergie bestiale nécessaire lors des combats. Solide second rôle que l’on aime revoir, John P. Ryan (RUNAWAY TRAIN, LE JUSTICIER BRAQUE LES DEALERS) compose pour sa part un méchant mémorable qui vole facilement la vedette au trop fade Dudikoff.

Sans verser dans la violence excessive, le métrage n’est pas avare en passage gentiment sanglants et n’hésite pas, non plus, à tuer des personnages habituellement épargnés comme l’épouse aimante ou le gentil gamin, sans oublier la co-star Steve James sacrifiée au terme d’une heure de projection. Une autre époque !

Tirant le meilleur parti d’un budget sans doute serré, AMERICAN WARRIOR 2 opte pour une progression convaincante et, après une première partie parfois ennuyeuse, se rattrape durant la seconde moitié, bien plus nerveuse et même rageuse. Dudikoff y montre quelques compétences martiales et supprime, un par un, les grands méchants du Pentangle. Seule le grand chef lui échappe, la fin, sous forme de point de suspension, laissant la porte grande ouverte pour une séquelle qui, malheureusement, ne vit jamais le jour. Typique de la Cannon.

Dans l’ensemble et même s’il a fatalement pris un coup de vieux (notamment au niveau de la bande originale très datée), AMERICAN WARRIOR 2 reste une honnête et divertissante production Cannon qui saura contenter les nostalgiques des actioners bis des années ’80. A condition de ne pas en attendre davantage ces 104 minutes pop-corn sont donc plutôt agréable à voir et même à revoir.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2015