AMITYVILLE: THE AWAKENING

Titre: Amityville: the awakening
Réalisateur: Franck Khalfoun
Interprètes: Jennifer Jason Leigh

 

Bella Thorne
Mckenna Grace
Cameron Monaghan
Thomas Mann
Taylor Spreitler
Jennifer Morrison
Année: 2017
Genre: Horreur
Pays: USA
Editeur
Critique:
Avec AMITYVILLE THE AWAKENING nous entrons dans une nouvelle ère du reboot / remake puisque le film réimagine l’histoire en repartant des faits (supposés) authentiques et en considérant les longs-métrages précédents comme des œuvres de fiction. Seuls les deux premiers (AMITYVILLE LA MAISON DU DIABLE et AMITYVILLE 2 LE POSSEDE) sont d’ailleurs réellement évoqués, ainsi que le remake (pourtant pas aussi honteux qu’on l’a souvent affirmé) rapidement écartés par les protagonistes de cette énième version. Laquelle débute par l’arrivée d’une petite famille dysfonctionnelle dans la fameuse maison d’Ocean Avenue où Ronald DeFeo commis un massacre le 13 novembre 1974. Cette famille se compose de Joan, la maman, de la rebelle sexy gothique Belle et de sa petite sœur Juliette, sans oublier James. Ce-dernier se trouve plongé dans un coma végétatif depuis un accident au cours duquel il avait pris la défense de Belle dans une affaire de harcèlement. Evidemment, Belle, qui se sent déjà coupable de la condition de son frangin, commence à sentir l’influence maléfique de la maison se manifester. Pourtant, tout semble s’arranger lorsque James, après l’avoir pardonné, se remet miraculeusement de ses blessures. Un miracle, vraiment ?



En comptant les films officiels et officieux (mais en oubliant CONJURING 2), voici le dix-neuvième long-métrage consacré à la célèbre demeure maudite (et ce n’est pas fini puisqu’on attend le prochain THE AMITYVILLE MURDERS qui reviendra aux sources du drame). Cette fois il est produit par le fameux Jason Blum, nouveau pape de l’épouvante à petit budget (INSIDIOUS, PARANORMAL ACTIVITY) et réalisé par le Français Franck Khalfoun qui avait adroitement emballé le remake de MANIAC. Tourné en 2014, AMITYVILLE THE AWAKENING attendait tranquillement sur une étagère depuis trois ans, ce qui dénote le peu de confiance de ses producteurs. Le film sortit finalement pour Halloween en 2017, directement en VOD dans la plupart des pays. Le résultat, en effet, laisse songeur quoique sa vision ne soit pas désagréable à condition d’accepter ses aspects les plus ouvertement « bis ».



Les effets effrayants sont quelconques (personnages mystérieux qui surgissent brusquement dans le cadre, fausse peur et bande originale supposée flippante), les passages « meta » (apparemment indispensables au cinéma d’horreur du XXIème siècle) fonctionnent moyennement (les protagonistes sont enchantés de pouvoir regarder AMITYVILLE LA MAISON DU DIABLE dans la maison hantée), le sous-texte psychologique (incluant un inceste supposé en référence probable à AMITYVILLE 2) basique et la caractérisation rudimentaire (avec l’inévitable gothique sexy). Néanmoins, la prise de contrôle progressive du frère confère à l’ensemble un soupçon d’originalité, quoique les connaisseurs lui trouveront d’évidentes similitudes avec le fameux PATRICK. Dans l’ensemble, les comédiens sont potables et le final, qui abuse d’effets spéciaux pas très convaincants, reste sympathique dans ses excès.

Même si le tout ne vole pas bien haut (à dire vrai le film ressemble – dans ses mécanismes horrifiques - à un épisode de série type SUPERNATURAL étiré sur 80 minutes), AMITYVILLE THE AWAKENING se regarde d’un œil distrait. On espérait mieux, on craignait pire, au final il s’agit simplement d’un petit produit sitôt vu sitôt oublié qui tente, une fois de plus, d’exploiter un nom célèbre.

Fred Pizzoferrato - Octobre 2017