ANACONDA III - L'HERITIER
Titre: Anaconda 3: Offspring
Réalisateur: Don E. FauntLeRoy
Interprètes: David Hasselhoff

 

Crystal Allen
Ryan McCluskey
Patrick Regis
Anthony Green
John Rhys-Davies
Alin Olteanu
Année: 2008
Genre: Horreur
Pays:  
Editeur  
Critique:

Après deux productions relativement fortunées destinées aux grands écrans, la franchise « Anaconda » connaît, comme beaucoup, un triste destin. Ne pouvant espérer attirer les foules dans les salles mais disposant d’un noyau de fans prêt à jeter un œil sur un nouvel épisode, la saga échoue chez les fossoyeurs de mythe de SyFy qui, à l’instar de leurs séquelles pour PUMPKINHEAD, décident de tourner en même temps, et pour les chaînes câblées, ANACONDA III et ANACONDA IV.

L’intrigue, de son côté, ne change pas fondamentalement la donne : le milliardaire Peter Murdoch tente de développer un remède à la maladie incurable dont il souffre. Ses laboratoires de Wexel Hall Pharmacueticals travaillent sur la fameuse « orchidée de sang », une fleur tropicale réputée pour ses vertus curatives. Les scientifiques utilisent également comme cobaye un énorme et vorace anaconda, lequel brise les vitres de son laboratoire et s’échappe pour semer la terreur dans le voisinage. Un chasseur, Hammett, se voit alors recruté pour retrouver le serpent…

Réalisé en Roumanie avec un budget misérable, ANACONDA III est confié à Don E. FauntLeRoy, un cinéaste californien ayant essentiellement œuvré dans la série B destiné au marché de la vidéo, souvent en compagnie de Steven Seagal (TODAY YOU DIE, URBAN JUSTICE). Le bonhomme emballe donc ANACONDA III et ANACONDA IV à la suite l’un de l’autre, avec une science de l’économie et, malheureusement, une absence totale de personnalité.

Si les deux premiers volets de la saga ressortaient essentiellement du film d’aventures, ce troisième chapitre, à l’instar de sous-produits comme BOA, PYTHON, KING COBRA ou MEGASNAKE, joue, pour sa part, la carte du film de monstre pur et dur et égrène tous les clichés attendus. Inutile d’espérer, par conséquent, retrouver dans cet ANACONDA III les magnifiques paysages tropicaux puisque le film prend place dans un pays de l’Est inidentifiable où un serpent mutant, échappé d’un laboratoire, s’en va semer la terreur. Quelques lignes de dialogue se chargent d’assurer un semblant de liaison avec le précédent volet de la franchise mais l’intrigue se réduit rapidement à l’inévitable affrontement entre un aventurier et un animal monstrueux.

La seule surprise viendra du quota de gore dispensé à l’écran, carrément surprenant pour une production télévisée. Les victimes s’amoncellent rapidement, croquées par la bestiole féroce dans de belles éclaboussures sanglantes et le cinéaste ne lésine pas sur les décapitations et les corps broyés, sectionnés, coupés, déchiquetés, etc. Les maquillages sanglants, plutôt corrects pour un petit budget, constituent d’ailleurs pratiquement le seul intérêt de ce piteux long-métrage, les effets visuels étant, pour leur part, d’une grande médiocrité. S’ils paraissent un poil plus acceptables que les désastreux effets des productions Asylum (comme MEGASHARK Vs CROCOSAURUS par exemple), les CGI de cet ANACONDA III ne sont, cependant, pas crédibles une seconde et annihilent immédiatement tous les frissons susceptibles d’être générés par les attaques du méchant reptile. Bref, là encore, la comparaison avec ANACONDA et ANACONDAS s’avère largement préjudiciable au téléfilm de Don E. FauntLeRoy.

Du côté du casting, rien de bien folichon à se mettre sous la dent : le has-been David Hasselhoff vient cachetonner dans le rôle d’un chasseur de fauves au charme viril et John Rhys-Davis confirme son incapacité à développer une carrière cohérente après LE SEIGNEUR DES ANNEAUX.

Dépourvu de l’exotisme, du budget et du casting plus « prestigieux » du premier épisode de la saga, ou même de l’aspect très bis du second volet, ANACONDA III ne boxe pas vraiment dans la même catégorie. Le cinéaste assure par conséquent un spectacle pépère et prévisible, terriblement routinier et sans grand intérêt mais au rythme relativement soutenu. Le nombre conséquent d’attaques brutales et le niveau de gore élevé permettent toutefois aux inconditionnels des films d’agressions animales de regarder cette petite production fauchée et stupide sans trop user de l’accéléré.

Bref, rien d’emballant mais les plus indulgents pourront s’en contenter à condition de ne pas espérer un film du niveau des deux précédents.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2012