ANGEL OF DARKNESS
Titre: Injû kyôshi - jissha-ban
Réalisateur: Mitsunori Hattori
Interprètes: Ayu Shinohara

 

Natsuki Asô
Mari Kawagoe
Mariko Motoki
Seikô Senô
Yumi Shindô
 
Année: 1995
Genre: Erotique / Horreur / Manga live
Pays: Japon
Editeur  
Critique:

Célèbre Hentai, « Angel of darkness » s’inscrit dans la veine si particulière de l’horreur érotique tentaculaire. Dans ces récits, de jeunes nymphettes sont violées par des créatures démoniaques aux multiples tentacules, lesquels les pénètrent par tous les orifices. Révélé en Occident par l’excellent animé UROTSUKIDOJI, cette particularité nippone fut, par la suite, adaptée sous forme de petites productions « live » qui mêlent sexe et monstres de façon complètement zarbi.

Premier volet s’une pentalogie à petit budget, ANGEL OF DARKNESS se déroule dans un lycée très particuliers dans lequel toutes les étudiantes sont des cochonnes prêtes à tout pour arrondir leurs fins de mois. Les unes se prostituent, les autres posent pour des photos osées ou vendent leurs petites culottes sales à des pervers, etc. Une nuit, une adolescente occupée à tapiner est assassinée, ce qui entraine une enquête préjudiciable pour l’établissement scolaire. Mais le meurtrier est inimaginable: le professeur de chimie, Mr Tojo, est, en effet, devenu une créature maléfique. Possédé par un démon, il se transforme régulièrement en monstre lubrique dont les appendices fureteurs s’en prennent aux lolitas croisant sa route.

Plombé par un manque de moyens rédhibitoires (une scène se déroulant dans une boite de nuit convie seulement une dizaine de figurants !), ANGEL OF DARKNESS n’en reste pas moins vaguement divertissant pour les amateurs de curiosités cinématographiques improbables. L’intrigue, simpliste, se limite aux différentes demoiselles violentées par le professeur devenu une créature caoutchouteuse. Bien sûr, les effets spéciaux et les maquillages sont rudimentaires, au point de faire passer, par comparaison, les productions Troma les plus fauchées pour des blockbusters.

L’interprétation, elle, est généralement outrée et cabotine mais, dans l’ensemble, plutôt bien adaptée au sujet. La mise en scène, purement fonctionnelle et souvent bâclée, tente d’instaurer un climat surnaturel en noyant les maigres décors dans une lumière verdâtre aussi baveuse que les monstres. Bien sûr, les faux raccords et les erreurs sont légions et témoigne d’une regrettable précipitation. On n’échappe pas, non plus, au comique involontaire devant ces sortes de tuyaux d’arrosage camouflés tenus à bout de bras par de piteuses actrices mimant aussi mal l’angoisse que le plaisir.

Néanmoins, ANGEL OF DARKNESS amuse et joue effrontément la carte de la sexy lolita perverse vêtue d’un uniforme de lycéenne et toujours partante pour une partie de jambe en l’air. Toutes se trimballent d’ailleurs avec leur petite collection de sex toy et autre vibromasseurs (« oh qu’est ce que c’est, je ne connais pas ») qu’elles sont toujours prête à utiliser pour se détendre entre deux cours. Même l’infirmière de l’école se conforme aux clichés et semble tout droit sortie d’un fantasme adolescent.

Les saynètes érotiques se succèdent donc à intervalles réguliers mais restent timorées : les actrices se contentent d’exhiber leur poitrine ou d’écarter les jambes pour dévoiler leur culotte immaculée. Cependant, l’arrivée des tentacules lubriques apportent un certain piment puisque ceux-ci s’introduisent (de manière suggérée) dans les intimités offertes avant d’asperger les corps dénudés d’une sorte de semence verdâtre et gluante du plus mauvais goût.

En dépit de plusieurs scènes qui flirtent avec l’épouvante, ANGEL OF DARKNESS demeure toutefois sobre et le gore en est complètement absent, déséquilibrant le mélange entre le fantastique et l’érotique. Un défaut en partie rectifié dans la séquelle, ANGEL OF DARKNESS 2, plus satisfaisante en dépit de ses emprunts flagrants aux deux premiers EVIL DEAD.

Heureusement quelques touches d’humour volontaire sauvent les meubles, comme cette adolescente pas contrariante qui écoute stoïquement son professeur déblatérer ses théories philosophiques fumeuses avant de couper court par un définitif : « c’est trop compliqué pour moi, si vous voulez me sauter j’ai rien contre mais pas de sodomie ».

Vaguement inspiré de l’horreur parasitaire de David Cronenberg (ANGEL OF DARKNESS ressemble parfois à une version très Z de ses premiers films, en particuliers FRISSONS et RAGE), ce petit budget se suit sans trop d’ennui étant donné sa durée restreinte (70 minutes) et l’abondance des passages sexy. Rien de mémorable mais l’assurance d’un bon moment de rigolade.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2015