ANGEL OF DARKNESS II
Titre: Injû kyôhi 2 - jissha-ban
Réalisateur: Atsushi Shimizu
Interprètes: Rika Nanase

 

Keiji Hamaguchi
Nana Kanazawa
Kengo
Kazuoki Takahashi
Miyuki Tanigawa
 
Année: 1995
Genre: Erotique / Fantastique / Horreur
Pays: Japon
Editeur  
Critique:

Adaptation sous forme de long-métrage « live » d’un célèbre Hentai, ANGEL OF DARKNESS 2 est une très modeste production érotico-horrifique qui reprend, dans ses grandes lignes, l’intrigue d’EVIL DEAD.

Quelques étudiants partent pour un week-end en forêt et rencontrent une vieille dame complètement folle qui mange une offrande placée aux pieds de trois statues. Ce sacrilège réveille involontairement ( ?) les démons des bois qui vont, dès lors, de se mettre en quête de nouvelles victimes. De leur côté, nos jeunes gens commencent à explorer les environs et, bientôt, chacun trouve sa chacune pour de petites randonnées en amoureux, exceptés les inévitables lesbiennes (une prof nommée Fujino et une élève) qui partent, elles, folâtrer dans une grotte. Après une séance de léchouille, la prof disciple de Sapho se désaltére à l’eau fraiche d’une rivière. Hélas, celle-ci est contaminée par les démons et, rapidement, leurs tentacules envahissent les intimités des demoiselles tandis que Fujino, possédée, s’en prend à toute la petite bande de joyeux campeurs.

Manifestement sous l’influence de Sam Raimi, le réalisateur Atsushi Shimizu (une douzaine de titres au compteur) reprend tous les trucs et astuces éprouvés par la saga EVIL DEAD, à commencer par les vues subjectives sensées figurer le démon en chasse de proies à posséder. Mais dans ANGEL OF DARKNESS 2 les proies en question se font possédées dans tous les sens du terme et par tous les orifices. D’une durée de 70 minutes, ANGEL OF DARKNESS 2 déroule une intrigue très simple et sans surprise qui se limite, généralement, à des passages érotiques plaisants mais très timorés.

Japon oblige, les nudités intégrales sont proscrites et le réalisateur doit donc ruser pour ne point trop en montrer tout en satisfaisant le voyeurisme du spectateur. Une position inconfortable dont Atsushi Shimizu se tire honorablement en proposant l’habituel répertoire fétichiste basé sur les petites culottes immaculées des nymphettes. Celles-ci, heureusement, tombent régulièrement le haut pour exhiber leurs poitrines ce qui permet de maintenir un intérêt parfois défaillant entre deux passages osés.

L’humour, pour sa part, ne vise jamais très haut et se limite à des vannes bien grasses (« tu veux manger mon salami ? ») mais le ton général reste léger et rarement offensant contrairement à bien des productions similaires. Ce côté sexy prononcé n’empêche toutefois pas le cinéaste de jouer, prudemment mais avec une bonne volonté appréciable, la carte de l’horreur. Les scènes nocturnes essaient ainsi d’instaurer une atmosphère sinon angoissante du moins inquiétante et quelques effets gore prudents rehaussent cette oeuvrette finalement sympathique.

Dans ses meilleurs moments, ANGEL OF DARKNESS 2 réalise d’ailleurs la synthèse entre les deux « mamelles » de l’entreprise et présente des jeunes filles forcées de sucer des tentacules gélatineux, violées par des démons lubriques ou aspergées d’un immonde liquide verdâtre. De bons moments. On regrettera cependant des effets spéciaux risibles, mal camouflés par un jeu assez piètre sur l’éclairage (noyé de brumes verdâtres) et des flous tout sauf artistiques. Néanmoins, cet aspect bricolé et ringard confère au film un côté nanar finalement plutôt adapté au sujet.

Loin d’un bon film, ANGEL OF DARKNESS 2 reste un divertissant « pour adultes » globalement sympathique. Ployant sous le cahier des charges (petites culottes, scènes lesbiennes et tentacules vicelards), le cinéaste ne peut donner libre cours à son imagination mais parvient, en dépit d’un budget minimaliste, à accoucher d’un décalque potable, érotique et irrévérencieux des deux premiers EVIL DEAD de Sam Raimi. Les ultimes minutes promettent, classiquement, des « choses bien pires » pour le prochain épisode.

Dans le genre direct to vidéo horrifico-sexy, ANGEL OF DARKNESS 2 se situe, au final, dans une honnête moyenne.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2015