ANGEL OF DARKNESS 5
Titre: Injû kyôshi V - jissha-ban
Réalisateur: Atsushi Shimizu
Interprètes: Kana Fujitani

 

Yuri Mizusawa
Nobuyuki Nakai
Masaki Nishimori
Ayumi Sudô
Saori Taira
 
Année: 1997
Genre: Erotique / Fantastique / Horreur
Pays: Japon
Editeur  
Critique:

Cinquième et dernier « direct to vidéo » transposant en film « live » un célèbre Hentai, ANGEL OF DARKNESS 5 n’innove guère et se contente de reproduire, de manière très mécanique, les péripéties attendues par les spectateurs des quatre précédents opus. Au programme : érotisme, monstres tentaculaires et lycéennes en péril.

L’intrigue traite, cette fois, d’écolières qui, pour mieux assimiler leurs leçons, recourent à des cassettes audio de stimulation mémorielle subliminale. Malheureusement, celles-ci induisent aussi d’étranges visions et réveillent les pulsions sexuelles refoulées des demoiselles qui se laissent aller à leurs fantasmes…tentaculaires ! Une des jeunes filles, Michiru, commence à s’interroger sur les raisons de ses cauchemars érotiques et s’inquiète des événements étranges survenus dans son collège, dont plusieurs étudiantes ont connus une fin tragique. Se pourrait-il que l’établissement soit maudit et en proie à des démons avides de sexe et de sang?

Pas grand-chose de nouveau à dire sur cet épisode qui applique scrupuleusement une recette à présent bien rôdée : nymphettes en uniforme, fantasmes très japonais de la lolita perverse, nudité fréquente mais jamais intégrale, scènes de sexe (soft) saupoudrées d’un soupçon de fantastique discret et d’un zeste d’horreur quasiment « lovecraftienne », référence à divers classiques (un parasite dans une baignoire évoque LES GRIFFES DE LA NUIT) et complot « conspirationniste » qui rappelle, vaguement, HALLOWEEN 3.

En dépit du contexte d’épouvante, l’érotisme domine, entretenu par un vocabulaire très cru, des petites culottes blanches dévoilées sous les jupes plissées et des scènes chaudes simulées placées à intervalles réguliers. Les actrices, évidemment fort mignonnes, s’y montrent appliquées et relativement convaincantes, y compris lorsqu’elles simulent le plaisir sous la caresse de pseudopodes caoutchouteux maladroitement animés. Bien sûr, lorsqu’une jeune femme frustrée subit les effets de la fameuse cassette, elle devient aussitôt assoiffée de sexe. Défoncée par tous les orifices par des tentacules gluants, elle en redemande, à grands cris, encore plus. Les contraintes de la censure nipponne obligent cependant le cinéaste à ruser, de manière parfois ridicule, pour éviter tout plan proscris, notamment lors des scènes de viols démoniaques au cours desquelles les actrices gardent leur sous-vêtements.

Visuellement, ANGEL OF DARKNESS 5 reste pauvre et propose une esthétique banale sans beaucoup d’imagination, y compris lors des séquences « infernales », lesquelles usent des inévitables couleurs verdâtres pour générer un minium d’atmosphère et, surtout, camoufler la maladresse des effets spéciaux artisanaux. L’apparition finale de monstres grotesques aux maquillages ridicules et aux appendices en plastique apporte toutefois une bonne dose de folie et rend le long-métrage plus délirant et, par conséquent, plus amusant, tout comme l’opération de sauvetage mené par le frère de l’héroïne, un karatéka armé de nunchaku prêt à en découdre avec les monstres.

Comme les quatre premiers volets, ANGEL OF DARKNESS 5 tourne cependant rapidement en rond étant donné le caractère franchement répétitif des scènes érotiques « tentaculaires » qui occupent une bonne moitié du temps de projection. Le final, attendu et éculé, ne relève pas vraiment le niveau mais les amateurs de bizarreries en auront néanmoins pour leur argent, d’autant qu’une durée réduite (70 minutes) aide à digérer la pilule. A réserver néanmoins aux complétistes acharnés de la série qui le regarderont avec le sourire, une bière et du popcorn. Les autres se contenteront de l’épisode 2, plus déjanté et davantage porté sur l’horreur et le gore.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2015