ANTROPOPHAGOUS
Titre: Antropofago / The Grim Reaper / Man Eater /
Anthropophagous the Beast / Savage Island
Réalisateur: Joe d'Amato
Interprètes: Tisa Farrow

 

George Eastman
Saverio Vallone
Vanessa Steiger
Mark Brodin
 
 
Année: 1980
Genre: Horreur / Gore / Slasher
Pays: Italie
Editeur Bach Films
Critique:

Souvent considéré comme un classique du gore et réputé pour deux séquences d'horreur vomitives (cf. ci-dessou), ANTHROPOPHAGEOUS est, en réalité, plus proche de titres comme MASSACRE A LA TRONCONNEUSE ou LA COLLINE A DES YEUX et joue surtout la carte de l'atmosphère glauque et putride. Décidé à mélanger les arguments du "film de cannibales" alors en vogue (via les œuvres de Deodatto et Lenzi) au slasher, ANTHROPOPHAGEOUS vaut plus que les nombreuses critiques lui reprochant son rythme languissant et sa gratuité.

Tisa Farrow (la sœur de Mia, vue dans L'ENFER DES ZOMBIES) est l'héroïne de cette histoire se déroulant sur une île grecque. Un homme, devenu à moitié fou, y a dévoré sa femme et son fils et l'inévitable petit groupe de jeune s'apprête à y vivre des vacances cauchemardesques. Une demi douzaine d'acteurs et d'actrices bis vont donc fournir le quota de chair fraiche: Alan et sa sœur Carole, Danny, Anrie et sa femme enceinte Maggie, le conducteur du bâteau - Stephis, et donc Julie, jouée par Tisa Farrow et promue héroïne, à savoir, dans ce genre de produit, celle qui aura l'honneur de supprimer le maniaque durant la dernière bobine. Joe d'Amato utilise ici quelques recettes qui rappelle l'horreur à l'ancienne, en particulier le personnage de Carole qui occupe le premier tiers du métrage à prononcer de menaçante prédiction en manipulant un jeu de tarot.

Dès l'arrivée sur l'île, le cinéaste tente d'instaurer une ambiance oppressante: les lieux sont déserts et, rapidement, Maggie et Stephis disparaissent tandis que le bâteau dérive, abandonné, loin de la côte. Les touristes n'ont plus le choix: ils sont coincés sur l'île! Rapidement, ils découvrent une jeune fille (Serena Grandi), laquelle est apparemment la seule survivante d'une vague de folie meurtrière initiée par un dément cannibale.

Joe d'Amato entretient ensuite son climat d'angoisse larvée, ponctué par les attaques du maniaque, lesquelles laissent des traces sanglantes: gorge déchiquetée à pleine dent, entrailles dévorées, etc. Les maquillages manquent vraiment de réalisme, même si George Eastman offre une composition impressionnante et réellement menaçante.

Reste que certains passages fonctionnent et que la séquence où le cannibale arrache le fœtus de la femme enceinte pour le manger avidement possède, encore aujourd'hui, un côté outrancier plutôt réjouissant. Le final, célèbre entre tous, voit Eastman, éventré à coup de pioche, se goinfrer de ses propres intestins! ANTHROPOPHAGEOUS constitue, finalement, un bon exemple de slasher gore typique de son époque et son scénario ne s'embarasse nullement de vraissemblances. En dépit des meurtres et disparitions, les personnages continuent d'agir sans montrer de véritable inquiétude et leurs réactions semblent souvent à l'opposé du bon sens. Cependant, le tout procure quelques frissons et Joe d'Amato tient bon la barre de son "suspense", en dépit de la bêtise de son scénario et de la nullité rarement atteinte de dialogues purement illustratifs.

Les nostalgiques des années 80 et les fans de productions ringardes mais techniquement correctes, riches en passages gore, devraient apprécier cet ANTHROPOPHAGEOUS plutôt agréable à suivre.


Fred Pizzoferrato - Février 2007 - révisé en novembre 2014