THE AUDITION
Titre: Odishon
Réalisateur: Takeshi Miike
Interprètes: Ryo Ishibashi

 

Eihi Shiina
Tetsu Sawaki
Jun Kunimura
Renji Ishibashi
 
 
Année: 1999
Genre: Drame / Horreur
Pays: Japon
Editeur  
Violence: * * * *
Erotisme: * *

70%

Résumé: Un homme se remet difficilement de la mort de son épouse, emportée par une maladie. Il élève seul son fils qui lui suggère de se remarier. Mais, souhaitant trouver la femme idéale, il ne sait pas comment s'y prendre et accepte finalement l'idée d'un de ses amis, travaillant dans le cinéma. Ils organisent une audition afin de sélectionner les candidates...

Critique:

Voici un film étrange, proche de l'expérimentation et qui, selon la sensibilité du spectateur ou son humeur au moment de la projection, apparaîtra comme fascinant, dégueulasse ou ennuyeux et prétentieux. Voire un peu tout cela à la fois. Est-ce une intelligente récupération du phénomène gore sado-maso japonais par le cinéma d'auteur ou un simple film intimiste camouflé en thriller horrifique de façon racoleuse? La question se pose mais le résultat, en tout cas, ne laisse pas indifférent et l'ambiance se fait étouffante, basée sur une errance où la réalité n'est jamais clairement démontrée.

Le climat onirique, teinté d'un soupçon d'érotisme trouble, éclate ainsi en une explosion de violence incontrôlée propice à des scènes chocs dont la gratuité surprend comme autant de coups de poing. La mise en scène de Miike, elle, oscille entre le n'importe quoi filmé à la va-vite et un académisme de qualité, ponctué de belles idées visuelles, sensuelles et poétiques. Le tout ennuie et passionne alternativement, passant d'une scène fort réussie à une autre peu convaincante. Quelques traits d'humour, pas mal de longueurs, une atmosphère douceâtre typiquement nipppone...et, en final, la fameuse scène de torture, il est vrai très belle et réussie.

Le réalisateur s'attarde sur les meilleurs détails et donne à voir (et entendre) le fil crissant sur les os, le sang giclant des membres tranchés, les pointes d'aiguilles s'enfonçant dans la chair, etc. Toute la beauté du sadisme s'exprime dans ces minutes magnifiques, cette lente agonie esthétique dont les giclements sanglants sont merveilleusement beaux.

Dommage que le reste du métrage n'égale pas cette dernière séquence fort réussie. A noter que le film fut excellemment accueilli par la critique traditionnelle alors que les spécialistes se montrèrent peu tendres, accusant Miike de récupérer le gore pour briller dans les salons.

Après le porno de classe, le cinéma gore intellectuel semble, en effet, recueillir les faveurs d'une certaine frange de l'intelligentia. Etrange revirement mais que ces vaines querelles ne détournent pas le spectateur de cette sanglante Audition qui, malgré ses défauts (et ses longueurs),vaut largement la peine d'être vue. Avouons pourtant qu'à la seconde vision le résultat parait déjà beaucoup moins convaincant.

octobre 2006