AUJOURD'HUI MA PEAU DEMAIN LA TIENNE

Titre: I tre che sconvolsero il West (Vado, vedo e sparo)
Réalisateur:
Interprètes: Antonio Sabato

 

John Saxon
Frank Wolff
Agata Flori
Antonio Vico
Leo Anchóriz
Année: 1968
Genre: Western
Pays: Italie / Espagne
Editeur
Critique:
Réalisé en 1968, ce western introduit l’humour dans le monde jusque-là sérieux de l’ouest à l’italienne. L’intrigue concerne le vol d’un butin de 400 000 dollars que trois aventuriers vont tenter de s’approprier. Quoiqu’ils éprouvent les pires difficultés à travailler de concert, nos héros doivent cependant s’associer pour s’emparer de l’argent. Nous avons donc un faux pasteur (Frank Wolf), un petit truand débrouillard (Antonio Sabato) et un joueur (et tricheur) professionnel campé par John Saxon. Le second met la main sur l’argent, poursuivi par les deux autres et les quiproquos s’enchainent, par exemple lorsque les dollars sont cachés dans le faux ventre d’une jeune fille que sa famille croit donc enceinte. Les personnages caricaturaux sont également de la partie pour le plus grand plaisir des petits et des grands, en particulier un couple saugrenu, les Carey, composé d’une mégère jalouse et d’un type d’un certain âge troublé par les jeunes femmes qui croisent sa route. Lors d’un moment typiquement Vaudeville qui fit également les grandes heures de la comédie franchouillarde, la valise contenant l’argent du hold-up est échangée avec celle de notre couple mal assorti. Par la suite l’armée récupère le magot, ce qui oblige Frank Wolff à se grimer en général pour tenter de le reprendre…

D’autres rebondissements suivent, les bagarres s’enchainent à bon rythme, le burlesque pur et dur s’invite dans l’aventure (combat de pâtisseries inclus), les cascades sont plaisantes et le long-métrage convie divers gadgets (bible trafiquée en bombe, double-pistolets, etc.) sur un ton volontiers joyeux proche de l’espionite européenne alors en vogue dans le sillage des aventures de 007. A la manière d’un BON LA BRUTE ET LE TRUAND versant dans la comédie, le film amuse par les coups tordus de ses protagonistes qui se la jouent copain comme cochon pour se partager le butin mais n’hésitent pas à multiplier les vacheries pour garder l’argent pour eux seuls. On se tire dessus, on s’entretue, on se frappe mais sans que le cinéaste ne prenne le film véritablement au sérieux : il garde toujours une distance appréciable en évitant toutefois de sombrer dans la pure parodie.

L’ensemble oscille donc entre la franche bonne humeur et un reste de sérieux, ce qui tranche avec la complète bouffonnerie des westerns « fayots » comme ON L’APPELLE TRINITA et ses sinistres déclinaisons du début de la décennie suivante. On retrouvera une partie de cet humour dans le toutefois plus dramatique (et très réussi) TUEZ LES TOUS ET REVENEZ SEUL du même Castellari qui nous aura, mine de rien, livrer de bien belles réussites du cinoche populaire et pas seulement dans le domaine du western. Un divertissement appréciable.

Fred Pizzoferrato - Mai 2017