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Un avion se pose sur un aéroport américain. En débarque une poignée de passagers transformés en monstres assoiffés de sang, contaminés par une fuite radioactive et dont la morsure change leurs victimes en zombies.
A la fin des seventies, et jusqu'au milieu de la décennie suivante, les Italiens se lancèrent dans le gore en copiant les classiques de George A. Romero, lequel venait de triompher avec ZOMBIE, supervisé par Dario Argento.
Le premier à se jeter dans la mêlée fut Lucio Fulci avec son fabuleux ENFER DES ZOMBIES, suivit par ses non moins excellents FRAYEURS et L'AU-DELA.
Mais, très vite, les tâcherons flairent le bon filon et l'on voit
débarquer PULSIONS CANNIBALES de Margheriti, VIRUS CANNIBALE de
Bruno Mattei, LE MANOIR DE LA TERREUR de Andrea Bianchi, L'AUBE
DES ZOMBIES de Frank Agrama, LA NUIT EROTIQUE DES MORTS VIVANTS
de Joe d'Amato et ZOMBI HOLOCAUST de Marino Girolami pour ne citer
que les plus fameux. Et, en 1980, atterit sur nos écrans
cet AVION DE L'APOCALYPSE.
| Dans la masse des gore Z consacrés aux morts vivants, le film d'Umberto Lenzi n'est sans doute pas le pire. Mais il est sûrement le moins marquant.
Pas de maman éplorée donnant son opulente poitrine à téter à son fiston zombie (LE MANOIR DE LA TERREUR), pas de top-modèles dévorées vives au pied des pyramides (L'AUBE DES ZOMBIES), pas de militaire en tutu chantant singing in the rain (VIRUS CANNIBALE), pas de Laura Gemser en chaleur se tapant la moitié du casting (LA NUIT EROTIQUE DES MORTS VIVANTS) et pas de guerre tribale entre cadavres lymphatiques et anthropophages excités déifiant Alexandra Delli Colli (on les comprend!) dans ZOMBI HOLOCAUST.
Non, juste un scénario basique qui va de A vers B. Et provoque plus de bâillements que de frissons.
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Pourtant tout commence bien: un journaliste assiste, horrifié, à l'invasion d'une meute de zombies surgis d'un avion cargo. Un beau carnage avec des cadavres ambulants dynamiques qui courent et usent d'armes de blanches ou même de mitraillettes, vingt ans avant le 28 DAYS AFTER de Danny Boyle.
Ensuite, le reporter tente de prévenir les autorités, qui décident courageusement de ne rien faire et de minimiser le problème dans la grande tradition dite des DENTS DE LA MER.
De son côté, le général joué par Mel Ferrer, monolithique et sans doute plus motivé par son cachet que par le scénario, exhorte ses hommes à viser la tête des monstres mais comme nul ne l'écoute la contamination échappe rapidement à tout contrôle.
Après ces prémices vites expédiés, une série de séquences prévisibles et mal rythmées vont suivre, en dépit de toute progression dramatique ou de cohérence: attaque d'une chaîne de télé alors que des mannequins appétissantes se livrent à de pénibles chorégraphies discos, massacre dans un hôpital, assaut dans un parc d'attraction, etc. Répétitives et assez mal ficelées, ces scènes peinent à maintenir l'intérêt déficient du spectateur.
| Mais Lenzi, lui, filme du gore, ne se pose pas de questions et
ne recule devant rien: énucléation en gros plan, sein découpé au
couteau, corps déchiquetés, égorgements en pagaille et impacts de
balles éclatant les crânes se suivent avec une complaisance typiquement
italienne. Malheureusement, la mise en scène mollassonne n'arrange
pas les choses et tout ça manque clairement de mordant, un comble
pour un zombie-movie! Le rythme est tout aussi déficient et le spectateur
peine pour ne pas sombrer dans le sommeil. A titre d'exemple, alors
qu'ils sont poursuivis par les zombies, les deux "vedettes" trouvent
le temps de philosopher devant un café sur les dangers de l'énergie
nucléaire. Une tirade édifiante qui sombre dans le ridicule, à l'image,
d'ailleurs, de l'ensemble du film.
Parfois lassé de zoomer sur de la boucherie, Umberto Lenzi dénude complaisamment les poitrines de ses actrices, lesquelles sont souvent bien belles. Dommages qu'elles jouent aussi mal mais on ne peut pas tout avoir. Les comédiens sont en effet fort médiocres et le doublage français enfonce le clou. Quoique les anglophones se rassurent: la version anglaise n'est guère meilleure.
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L'AVION DE L'APOCALYPSE se termine en plus par un twist crétin
déjà vu bien trop souvent dans le cinéma fantastique. Pour ne rien
dévoiler, disons que le film se termine par une fin ouverte bien
trop prévisible. Lenzi semble se ficher du monde et de son film,
ce qui est probablement le cas et explique que cet honnête artisan
du cinéma populaire rital renie à présent ces films gore.
Certes, le métrage est techniquement mieux ficelé et travaillé que, par exemple, ZOMBI HOLOCAUST ou VIRUS CANNIBALE mais il est tellement moins drôle et moins fun, tellement plus routinier et ininspiré que le choix est vite fait. Non?
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