AXE (LISA, LISA)
Titre: Axe / Lisa, Lisa / California Axe Massacre / The Virgin Slaughter
Réalisateur: Frederick R. Friedel
Interprètes: Leslie Lee

 

Jack Canon
Ray Green
Frederick R. Friedel
Douglas Powers
Frank Jones
Carol Miller
Année: 1974
Genre: Rape and Revenge / Video Nasty
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1974, AXE est un des nombreux petits budgets du cinéma d’horreur confectionnés, dans des conditions pratiquement amateurs, par une poignée d’individus espérant un important retour sur investissement. Le résultat, filmé sur une dizaine de jours, aurait sans doute été rapidement oublié si le film n’avait pas figuré sur la liste anglaise des « video nasty », s’attirant par la même une réputation enviable auprès des amateurs d’exploitation. Malheureusement, AXE se révèle une terrible déception, à la fois timoré (absolument rien ne justifie son interdiction !) et profondément ennuyeux.

Trois tueurs, Billy, Lomax et Steele, se réfugient dans une maison de campagne isolée habitée par une adolescente, Lisa, et son grand-père, un ancien combattant invalide. Lisa suscite rapidement les désirs des trois hommes et l’un d’eux surgit dans sa chambre pour la violer. La demoiselle s’empare alors d’un rasoir et tue son agresseur. Elle dissimule le cadavre mais doit ensuite faire face aux deux autres criminels…

En dépit d’une misogynie prononcée et d’une scène de viol, AXE ne saurait satisfaire les amateurs d’exploitation tant son rythme languissant épuisera les plus indulgents. Pourtant d’une durée très réduite (à peine 60 minutes hors générique !), le film étire laborieusement son intrigue prétexte, laquelle s’inspire, évidemment, des classiques du « rape and revenge » et en particuliers de DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE. Le montage haché, assuré par le réalisateur et J.G. Patterson Jr. (un familier du bis responsable de quelques produits gore comme THE BODY SHOP), trahit la destination première de AXE, à savoir les double (voire triple !) programmes des drive-in.

La caractérisation des personnages et la complexité de l’intrigue ne sont donc pas les priorités, d’autant que le fameux Harry Novak, surnommé « The Sultan Of Sexploitation » (et dont le tableau d’honneur comprend des titres comme THE SINFUL DWARF et THE SECRET SEX LIFE OF ROMEO & JULIET) fut également impliqué dans la distribution de AXE. Malheureusement, le film ne décolle jamais et se révèle particulièrement laborieux et languissant au point de rapidement susciter un ennui persistant.

Distribué sous divers titres (du très banal « Lisa Lisa » au prometteur « California Axe Massacre » en passant par « The Virgin Slaughter » ou « The Axe Murders »), la première réalisation de Frederick R. Friedel (qui joue également une des racailles et dirigea ensuite deux autres long-métrages totalement oubliés) fatigue rapidement les plus indulgents.

La mise en scène laborieuse, l’interprétation peu concernée et l’absence rédhibitoire de scènes gore (les meurtres, rares, se déroulent hors champs et souffrent de maquillages piteux) signent immédiatement le destin d’une oeuvrette sans grand intérêt.

Seuls quelques plans témoignent de méritoires tentatives d’instaurer une atmosphère poisseuse, aidés par une musique synthétique relativement efficace. De rares qualités qui ne sauvent pas cette piètre entreprise de la médiocrité. Déconseillé.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2013