BAIT 3D (SHARK)
Titre: Bait
Réalisateur: Kimble Rendall
Interprètes: Richard Brancatisano

 

Xavier Samuel
Chris Betts
Sharni Vinson
Phoebe Tonkin
Lincoln Lewis
Yuwu Qi
Année: 2012
Genre: Sharksploitation
Pays: Australie
Editeur  
Critique:

Annoncé depuis 2009, BAIT est une nouvelle sharksploitation en provenance d’Australie. A l’origine destinée à Russel Mulcahy, ce-dernier passe finalement la main au moins connu Kimble Randall, responsable, voici une douzaine d’années, de l’amusant CUT. Mulcahy demeure cependant coscénariste d’un projet pas franchement original puisqu’il ressemble fortement, par son point de départ, au modeste MALIBU SHARK ATTACK.

L’intrigue se concentre, en effet, sur une ville ravagée par un tsunami. Quelques survivants se trouvent ainsi coincés dans un supermarché inondé où vient de se dérouler un braquage ayant mal tourné. La tension monte entre les divers protagonistes d’autant que rôde, dans le magasin, deux requins blancs de belle taille…

Dernier avatar des « films concepts » à budget restreint (quoiqu’on parle ici de vingt briques quand même) confrontant une poignée de personnages disparates à une menace mortelle (comme BLACK WATER, OPEN WATER ou, dans un autre genre, FROZEN pour ne citer qu’une poignée d’exemples parmi bien d’autres), BAIT enferme une douzaine de personnes dans un lieu clos et suit leurs efforts désespérés pour s’en échapper. Aux périls de l’isolement et de l’eau envahissante s’ajoute, en outre, la présence de deux squales décidés à boulotter les survivants au petit déjeuner.

D’où un récit très linéaire dans lequel la tension se concrétise essentiellement via les antagonismes entre les protagonistes, parmi lesquels on trouve, en vrac, un flic et sa fille rebelle, une pétasse blonde et son chien et un braqueur de banque psychopathe à la gâchette facile. Tous ne sortiront pas vivants du supermarché et le cinéaste offre, intelligemment, une scène d’attaque toutes les 10 minutes afin de maintenir en éveil le spectateur ravi de recevoir sa ration de barbaque bien saignante.

Venant après PIRANHA 3D, SHARK NIGHT, THE REEF ou le déjà ancien DEEP BLUE SEA, le long-métrage de Kimble Randall ne cherche guère à innover mais essaie cependant d’élever un minimum le propos afin de se démarquer des dizaines de « téléfilms de croque » qui pullulent sur SyFy depuis un paquet d’années.

Pour celà, le cinéaste bénéficie, heureusement, d’effets spéciaux généralement de bon niveau qui rendent les requins très crédibles et utilisent une combinaison gagnante d’animatroniques à l’ancienne et d’honnêtes images numériques. Les scènes d’attaque, nombreuses et efficaces, se montrent, elles aussi, à la hauteur et ne lésinent pas sur le gore sans verser inutilement dans la tripaille gratuite. Si les séquences typiquement « catastrophe » qui débutent et terminent BAIT ne sont, par contre, pas très convaincantes, faute, probablement, à un budget suffisant pour concrétiser les destructions massives, elles n’en demeurent pas moins plaisantes et suffisamment généreuses pour susciter l’indulgence des amateurs.

Même si les personnages proposés sont (volontairement ?) très caricaturaux (avec une mention spéciale à la pouffiasse blonde flanquée de son insupportable clébard), les acteurs les défendent avec une réelle conviction qui n’exclut pas un cabotinage plaisant.

Dans l’ensemble crédible et sérieux, BAIT se permet, en outre, quelques moments humoristiques et l’une ou l’autre scène excessive (en particulier lorsqu’un asiatique débrouillard se confectionne une simili armure en grillage pour tenter de survivre) qui en augmentent le potentiel divertissant sans sombrer dans le second degré envahissant ou l’auto-parodie, le réalisateur traitant son sujet avec respect. La mise en scène, sans grande inspiration, assure cependant un spectacle efficace et évite la platitude télévisuelle des productions similaires balancées par Asylum et Nu Image.

Nanti d’un budget modeste mais correct, BAIT se révèle, au final, un honnête divertissement. Généreux en gore, évitant une longue et inutile exposition plombant bien des long-métrages du même style (l’action débute dès les premières minutes), rythmé (bien aidé par une durée adéquate d’environ 80 minutes hors générique), le film de Kimble Randall se révèle parfait pour une soirée « bière et pop-corn ».

En dépit de scores décevants dans son Australie natale, ses recettes estimables à l’internationale devraient d’ailleurs lui assurer une séquelle que l’on espère aussi sympathique.

 

Fred Pizzoferrato - Décembre 2012