BALLADE POUR UN PISTOLERO

Titre: Ballata per un pistolero
Réalisateur: Alfio Caltabiano
Interprètes: Dragomir Bojanic-Gidra

 

Alfio Caltabiano
Angelo Infanti
Mario Novelli
Dante Maggio
Monica Teuber
Année: 1967
Genre: Western
Pays: Italie / Allemagne / Yougoslavie
Editeur
Critique:
Comédien ayant signé quelques longs-métrages, Alfio Caltabiano s’octroie le rôle principal, celui du bandit El Bedoja, dans cette première réalisation fortement inspirée par le style de Sergio Leone. Nous retrouvons en effet un voleur de banques cruel qui, après avoir empoché une forte somme d’argent, se voit courser par deux pistoleros mystérieux : un jeune chasseur de primes tout de noir vêtu, Nigros, et un as de la gâchette vengeur lassé de tuer, Kud. Filmé dans les Abruzzes, ce qui permet de renouveler le décor, BALLADE POUR UN PISTOLERO déroule un scénario très classique, y compris jusque sa petite révélation finale des plus attendues, mais se distingue de la masse par le portrait de ses principaux protagonistes.



Nous avons tout d’abord un bandit mexicain sanguinaire qui massacre sans sourciller tous ceux qui se trouvent sur sa route (en tirant à la Winchester d’une seule main). Face à lui se dresse le traditionnel pistolero fatigué, prématurément usé, et dont on devine qu’il n’est pas là uniquement pour l’argent mais plus probablement pour se venger. Un rôle bien tenu par Anthony Ghidra, Yougoslave ayant connu une jolie carrière dans le western italien. Enfin, Angelo Infanti (quelques rôles secondaires, notamment dans LE PARRAIN et COSA NOSTRA et une prestation plus conséquente dans BLACK EMMANUELLE 2) joue avec conviction le jeune chasseur de primes toujours prêt à démontrer sa supériorité au pistolet.



On retrouve dans la réalisation tout ce qui plait (ou agace) dans le western à l’italienne avec des passages étirés (parfois, il est vrai, l’ennui domine l’atmosphère souhaitée), des gros plans en rafale sur les yeux des protagonistes avant les affrontements, des zooms énergiques,…

La musique est agréable, les mélodies sont efficaces et les passages purement rythmiques soulignent agréablement l’action. Bref, ça fait le boulot ! Les comédiens, plutôt convaincants, forcent toutefois un peu le trait et n’hésitent pas à surjouer pour accroitre le tragique des situations et leur conférer ce côté opératique tout droit hérité de l’école Leone. Un personnage rigolard, surnommé Explosion, vient toutefois détendre l’atmosphère en incarnant, forcément, un spécialiste des explosifs. Les méchants, eux, sont irrécupérables : ils pillent, ils tuent, ils violent…bon ça c’est la norme du méchant Mexicain de western mais l’un d’eux ira jusqu’à abattre un pauvre toutou sans défense. Là le spectateur comprend qu’une étape est franchie et seule leur totale extermination pourra permettre le triomphe de la justice !



Classique, sans surprise, BALLADE POUR UN PISTOLERO reste un petit western de série plutôt plaisant pour les amateurs, lesquels pardonneront sans problème un script éculé, un rythme parfois défaillant et un manque flagrant de budget pour se concentrer sur le positif, à savoir les fusillades bien menées, la violence parfois carrément sadique, les personnages intéressants et la bande originale entrainante.

En résumé : rien de neuf ni d’indispensable mais une oeuvrette sympathique, dans la bonne moyenne du genre.


Fred Pizzoferrato - Mai 2017