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Toute petite production amateur réalisée lors de l'explosion gore des années 80, BASKET CASE conte l'histoire de Duane, un jeune homme qui cache dans un panier d'osier son frère Belial. Ce dernier est un être monstrueux, séparé à la naissance de son siamois. Mais Duane et Belial s'entendent pour se venger de tous leurs persécuteurs, en particulier des médecins responsables de leur séparation. Une jeune fille dont Duane tombe amoureux viendra remettre en question toute cette situation. Dédié au "godfather of gore", Hershell Gordon Lewis, le premier métrage de Frank Henenlotter va pourtant plus loin que la sempiternelle succession de scènes atroces. Son scénario, simpliste mais original, s'inspire manifestement de SŒURS DE SANG et de FREAKS mais le traitement est efficace. Le ton oscille entre le drame, la réflexion sur la différence et l'humour noir. Le mélange, quoique pas toujours maîtrisé, n'en est pas moins intéressant. Au fil du temps, BASKET CASE s'est d'ailleurs bâti une solide réputation de cult-classic vénéré par une poignée de fans fidèles qui lui permirent, d'ailleurs, une sortie dans de bonnes conditions et sans coupes intempestives. Il est vrai que le film était novateur et que, sans lui, nous n'aurions peut-être pas eu les œuvres ultérieures de Sam Raimi (EVIL DEAD), Stuart Gordon (Re-ANIMATOR) ou Peter Jackson (BAD TASTE). Car, à l'instar de Don Coscarelli avec PHANTASM, le cinéaste Frank Henenlotter a créé une belle petite démonstration de savoir-faire confectionnée avec des moyens budgétaires ridicules mais avec une véritable inspiration et une utilisation exceptionnelle des bouts de ficelles et du système D. Situé dans le milieu interlope du Time Square des années 80, BASKET CASE développe un côté sombre, désespéré et punk, provoquant un sentiment de profond malaise et de fin de siècle, si ce n'est de fin du monde. No Future, quoi! Débuté sur le mode du slasher avec sa série de meurtres sanglants, BASKET CASE, à mi-parcours, révèle la vérité sur les deux siamois et s'attarde sur la personnalité de ses protagonistes, à la fois terrifiants, meurtriers et pathétiques. Aujourd'hui, en dépit de son statut culte et de son importance historique évidente, BASKET CASE a malheureusement assez mal vieilli. 25 ans se sont écoulés depuis sa réalisation et la somme d'argent investie (environ 150.000 dollars apparemment) laisse à l'ensemble une impression de misère tenace. Même si ce côté "vite fait, mal fait" donne un cachet évident à ce métrage, la qualité médiocre des maquillages, des effets d'animations, de la photographie et de la bande-son risque d'indisposer rapidement les spectateurs habitués au numérique. L'aspect le plus ennuyeux de BASKET CASE à l'heure actuelle réside sans doute dans la pauvreté de ses effets spéciaux, au point que le public devra faire un effort indéniable pour se laisser prendre au jeu et accepter la réalité d'un Belial très médiocrement animé images par images. Ne parlons même pas des gesticulations des acteurs mimant les attaques d'un monstre caoutchouteux, des scènes involontairement drôles qui renvoient à la fameuse pieuvre de PLAN 9 FROM OUTER SPACE. Bien sûr, le budget minimaliste ne permettait pas de miracle et l'ensemble tient quand même la route pour peu que l'on passe au-dessus des limites techniques mais seuls les spectateurs initiés risquent de se sentir concernés en ces temps de cynisme généralisé.
Dommage également que les médiocres performances des acteurs (des amateurs complets!) n'aident pas à apprécier les qualités du scénario, même si Kevin Van Hentenryck livre une composition totalement naturelle et, finalement, très convaincante. La mise en scène de Frank Henenlotter assure quand même l'essentiel mais, sans doute pour des raisons une fois de plus budgétaire, on note des passages ratés et peu convaincants, ainsi qu'une photographie pas très jolie renforçant néanmoins le côté glauque de l'entreprise. En résumé, BASKET CASE est un tout petit film qui paraîtra sans doute anachronique voire agaçant à l'heure actuelle mais qui, en dépit de tous ses défauts, possède encore un certain charme authentique qui le place au-dessus des récents slashers répétitifs et autres remakes sans magie encombrant les étagères des vidéoclubs. Les séquelles, qui versent davantage dans la parodie, peuvent par contre s'éviter en dépit d'une meilleure maîtrise technique. |
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Fred Pizzoferrato - octobre 2008 |
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