FRERE DE SANG 2 (Basket Case 2)
Titre:  Basket Case 2
Réalisateur: Frank Henenlotter
Interprètes: Kevin Van Hentenryck

 

Annie Ross
Beverly Bonner
Heather Rattray
Brian Fitzpatrick
 
Année: 1990
Genre: Horreur 
Pays: USA
Editeur Carlotta (Blu ray)
Critique:

Sorti en 1990 (et rapidement suivi d’un troisième et ultime opus), BASKET CASE 2 convoque à nouveau le comédien Kevin Van Hentenryck dans le rôle de Duane sous la caméra de Frank Henenlotter, lequel venait de livrer le très efficace ELMER LE REMUE MENINGE. Toutefois, si l’équipe créative est similaire, cette séquelle s’éloigne de l’original, bien plus glauque et dépressif, pour embrasser volontiers le côté humoristique et sanglant des « comédies splatter » alors populaires. Duane et son siamois Belial ont survécus à leur chute d’un immeuble de Time Square. Traqués par les médias, les frangins sont recueillis par la débonnaire Mamie Ruth et sa protégée, Susan. Les deux femmes ont créé une maison protégée où les freaks peuvent vivre en sécurité, loin du regard des Hommes. 

Nanti d’un budget nettement plus conséquent que du temps du premier BASKET CASE, le cinéaste opte pour une variation parodique (et pas toujours très subtil) sur le thème du classique FREAKS. Il convie dès lors une galerie de monstres sans doute beaucoup trop excessifs et caoutchouteux pour réellement émouvoir, quoique le message soit sans équivoque : les véritables monstres ne sont pas eux mais les humains « normaux » qui les persécutent. Henenlotter reprend d’ailleurs des dialogues qui semblent tout droit tirer de son inspiration principales : « dans une maison de freaks c’est toi qui aurait l’air anormal » et punit la journaliste trop curieuse à la manière de Tod Browning : « regarde-toi, tu es la freak à présent ». 

BASKET CASE 2 adopte dès lors un ton satirique et se veut une critique acide des mass médias américains toujours à l’affut d’un scoop juteux. Si l’humour, décalé, noir, burlesque ou outré (au choix) domine cela n’empêche pas quelques éclaboussures sanglantes de bon aloi et l’une ou l’autre scène angoissante, notamment la découverte des freaks brièvement éclairés par les flashs d’un appareil photo dans une ambiance proche de l’horreur gothique européenne. Le climax, pour sa part, retrouve brièvement l’atmosphère malsaine du premier volet : tandis que Belial se découvre une amoureuse à sa monstrueuse image, Duane apprend la vérité sur sa propre compagne. Le tout se termine par une opération chirurgicale sanguinolente qui boucle adroitement le récit…jusqu’à l’ultime BASKET CASE 3 tourné dans la foulée et dans le même esprit rigolard. 

Trop fantasque et délirant pour fonctionner réellement d’un point de vue dramatique, trop fauché pour convaincre, trop mal joué pour émouvoir et trop porté sur la gaudriole pour effrayer, BASKET CASE 2 explore plusieurs pistes, cherche sa voie et se refuse à être un simple décalque de l’original. Si les intentions sont louables, le résultat, foutraque et languissant, s’avère au final décevant.

Fred Pizzoferrato - Janvier 2017