BEYOND THE VALLEY OF THE DOLLS
Titre: Beyond The Valley of the Dolls / Hollywood Vixens
Réalisateur: Russ Meyers
Interprètes: Dolly Reed

 

Cynthia Myers
John LaZar
Marcia McBroon
Charles Napier
 
 
Année: 1970
Genre: Comédie érotique
Pays: USA
Editeur  


Critique:

Russ Meyers considérait BEYOND THE VALLEY OF THE DOLLS comme son meilleur film et il n'avait sans doute pas tort, même si ce n'est pas le plus représentatif de son "style". Le scénario fut écrit par Roger Ebert, un célèbre critique cinématographique, et l'intrigue nous conte, sous forme de fable débridée mais finalement morale, les aventures de trois jeunes filles (Kelly, Carey et Pet) décidées à réussir dans le show-business.

Lassées d'animer les bals de fin d'études, les apprenties rock-stars partent pour Los Angeles en compagnie de leur impressario, Harris. Un voyage également motivé, du moins pour Kelly, par la perspective d'hériter un demi-million de dollars. Mais le trio tombe sous la coupe de Ronnie Barzell, dit Z-Man, un impressario décadent et les jeunes innocentes s'enfoncent dans un monde trompeur dominé par le sexe, la drogue, l'alcool et l'argent facile. Elles triomphent sous le nom des Carrie Nation et escaladent rapidement les marches de la gloire.

Cette première partie est fort bien menée et compte une série de personnages bien dessinés, comme l'avocat Porter, une nymphomane star du porno, Ashley, une vedette de l'écran, Lance, et un boxeur noir arrogant. Le ton oscille entre le sérieux et la comédie, avec quelques passages délirants traduisant sans problème l'esprit de libération, tant morale que sexuelle, de la fin des sixties. Le quotidien des protagonistes se résume finalement à une suite d'orgies et d'expériencess diverses, sous l'effet de l'alcool ou de diverses drogues. Tout bascule lorsque Harris, après avoir mis enceinte Casey, tente de se suicider durant une prestation télévisée des Carrie Nation. Il survit mais reste paraplégique. Chacun semble alors se rendre compte de ses erreurs et le trio de rock stars essaie maladroitement de remettre de l'ordre dans leur vie.

La dernière demi-heure constitue un autre changement abrupt et le métrage tourne à la farce macabre. Z-Man s'avère être un transexuel et, repoussé par Lance, déguisé en Tarzan, il sombre dans la folie et assume l'identité d'une super-héroïne de pacotille, Super Woman. Habillée de ses plus beaux atours et révélant une poitrine féminine, l'impressario décapite Lance, assassine son serviteur nazi (qui pourrait être le tortionnaire Martin Boorman!) et continue de massacrer toutes les personnes qu'il rencontre.

BEYOND THE VALLEY OF THE DOLLS est une tentative atypique et déjantée, le faux bio-pic d'un petit groupe de rock tenté par les sirènes d'Hollywood et qui se brûle les ailes en cherchant à atteindre le soleil noir de la gloire. Contrairement à bien des œuvres de l'époque, le film de Russ Meyers a fort bien traversé les années et demeure exemplaire, servi par une réalisation maîtrisée, un montage nerveurx et un sens du rythme très efficace. Il comporte évidemment son lot de nudité, de sexe (simulé), de violence, parfois sanglante, et d'exhubérance mais ne verse jamais dans l'absurde et, malgré les outrances de son scénario, l'ensemble reste plausible et prenant.

Devenu objet de culte, BEYOND THE VALLEY OF THE DOLLS inspira la scène punk (Sublime inclut certains dialogues du film dans un morceau) et metal (comme en témoigne le titre du premier album des Murderdolls, "Beyond the Valley of the Murderdolls") et fut repris dans plusieurs listes des meilleurs films de tous les temps. Il influença également toute une vague de cinéma référentiel et campy, comme par exemple la série AUSTIN POWERS.

En dépit d'un classement X (revisé en 1990 et devenu NC-17, une interdiction totale au moins de 17 ans), BEYOND THE VALLEY OF THE DOLLS rapporta finalement plus de 40 fois sa mise initiale. Même si il a aujourd'hui légèrement vieilli (il est complètement ancré dans son époque) BEYOND THE VALLEY OF THE DOLLS est un classique du cinéma libertaire et décalé des seventies qui mérite amplement d'être redécouvert.

Répliques cultes: - "You'll drink the black sperm of my vengeance"

Fred Pizzoferrato - Novembre 2007