THE BIKINI BANDITS EXPERIENCE
Titre:

The Bikini Bandits Experience

Réalisateur:  
Interprètes:

Heather Victoria Ray (a Bikini Bandit)

 

Heather McDonnell (a Bikini Bandit)
Betty San Luis (a Bikini Bandit)
Cynthia Diaz (a Bikini Bandit)
Corey Feldman
Maynard James Keenan
Dee Dee Ramone
Jello Biaffra
Année:  
Genre: Comédie / Culte / Sexploitation / Fantastique
Pays:  
Editeur  
3/6
Critique:

THE BIKINI BANDITS EXPERIENCE constitue, en quelque sorte, le plus beau justificatif à l'existence du septième art. Car pourquoi avoir inventé le cinéma si ce n'est pour montrer des filles canons en bikini et talons aiguilles tripoter des flingues de manières suggestives et lancer des vannes salaces sur fond de punk rock survolté? Pour faire passer des messages sociopolitiques importants et partager un point de vue? Ben peut-être… mais bon, les Bikini Bandits c'est plus marrant…

THE BIKINI BANDITS EXPERIENCE est, comme le titre le précise, davantage une expérience cinématographique déconnante qu'un véritable long-métrage abouti. Tout part d'une série de courts métrages très courts présentant les Bikini Bandits, quatre demoiselles hyper sexy et provocantes, héroïne d'un univers cartoonesque empli de références sexuelles et de violences absurdes. Leurs épisodes, compromis entre les DRÔLES DE DAMES, SHERIF FAIS MOI PEUR, MÉTAL HURLANT et, surtout, des Troma et des "Vixen Movies" de Russ Meyers s'étalent d'abord sur Internet.

Plusieurs de ces courts-métrages (très cons, osons le dire!) sont ici rassemblés, avant le plat de résistance, à savoir le moyen métrage des Bandits.

Un film qui ne ressemble à rien, puisqu'il se contente de concasser une poignée d'épisodes déjà existants pour en éparpiller les morceaux au fil d'un métrage décousu dont le niveau d'érotisme ne dépasse jamais celui rêvé par un adolescent prépubère. En clair, pas un sein à l'horizon, juste des filles dont les formes généreuse débordent de leurs bikinis, une symbolique bateau (du lait qui gicle, des gros plans de saucisses toutes les dix secondes,…) et un vocabulaire plus qu'explicite.

Les cinéastes ajoutent à ce cocktail des animations défaillantes, entre South Park et Monty Python, des fausses pubs pour une compagnie multinationale (Gmart qui conseille "Achetez Américains, baisez les importateurs!") et un segment inédit, intitulé "Les Salopes vont en enfer". Dans ce grand morceau de n'importe quoi, Maynard James Keenan (chanteur de Tool) incarne un Satan drag-queen muni d'un énorme gode ceinture canon laser. Le démon fait chanter les Bandits pour les envoyer pervertir la Vierge Marie mais il trouve sur sa route le Pape (ce vieux junkie décédé de Dee Dee Ramone, paix à son âme) et ses ouailles, bien décidé à empêcher les Bikini Bandits de convertir Marie aux joies du saphisme.

D'autres segments montrent les Bandits échouer dans des porno interprétés par des handicapés mentaux ("ça c'est pervers, mec!"), sous la direction de Jello Biaffra (ex-chanteur des Dead Kennedys pour les ignares) ou les filles refaire WITNESS dans une version dénudée avec une belle Amish prête à tout ("Bouffe ma tarte") pour retrouver son fistion!
On trouve encore quelques meurtres à coup de saucisse ou à la bouffe, l'enfer des lesbiennes féministes militantes, une machine à remonter le temps qui donne un orgasme à son utilisatrice, etc. Le tout dans le plus complet désordre et sans le moindre souci de cohérence! Personnage récurrent du foutoir, Corey Feldman - oui, l'ex star des eigties (GREMLINS, GOONIES, etc.) - se moque gentiment de lui-même en dansant comme un abruti ou en vendant ses slips sales via le télé-achat. Il termine le métrage une actrice sur les genoux en se demandant si, finalement, le réalisateur ne se fout pas de sa gueule mais accepte de rejoindre le club de ses admiratrices en extase.

Ajoutez y un montage ultra-cut à la mode clip et une musique tonitruante qui va de la techno au punk en passant par le métal et vous obtenez un grand délire portnawak complètement débile qui oscille entre le génial et le nullissime, parfois dans la même scène.

Au bout de cinquante minutes, le spectateur finit pourtant par saturer totalement mais, heureusement, le métrage se termine alors, de manière aussi abrupte qu'il a commencé. Pas vraiment réussi, ce bordel permanent offre néanmoins un divertissement indéniablement sympathique qui aspire visiblement au statut culte. Et y parvient presque…

octobre 2006