BLACK BELT
Titre: Blackbelt
Réalisateur: Charles Philip Moore & Rick Jacobson
Interprètes: Don 'The Dragon' Wilson
Deirdre Imershein
Matthias Hues
Richard Beymer
Alan Blumenfeld
Jack Forcinito
Barbara A. Graham
Année: 1992
Genre: Arts martiaux
Pays: USA
Editeur
Critique:

Toujours à l’affut des bons coups à peu de frais, Roger Corman se lance, à la fin des années ’80, sur les traces de Jean-Claude Van Damme et surfe sur la mode éphémère du kickboxing. Pour se faire il engage le jeune Don « The Dragon » Wilson, acteur piteux mais combattant émérite multi-titré dans les arts martiaux. Après trois épisodes de BLOODFIST, le grippe-sous Corman décide de varier un peu les plaisirs et offre à son poulain un décalque orienté arts martiaux de BODYGUARD mâtiné d’un soupçon de slasher.

BLACK BELT suit donc les pas d’un maniaque, John Sweet, campé par un Matthias Hues (KICKBOXER 2, FIST FIGHTER) traumatisé par une relation incestueuse avec sa mère décédée. Chaque fois qu’il rencontre une demoiselle vêtue de rouge, Sweet (qui ne l’est guère) disjoncte. Lorsque la chanteuse Shanna devient sa prochaine cible, un valeureux combattant, Jack Dillon (joué par le Dragon), ancien flic reconverti instructeur de karaté, s’interpose pour protéger la belle. Très vite, Dillon assure une protection très rapprochée de la demoiselle et doit combattre un Sweet de plus en plus psychotique.

Exemple archétypale du direct-to-dvd du début des années ’90, BLACK BELT convoque tous les clichés attendus : la scène pseudo-érotique interminable, les dialogues aux petits oignons (Wilson frappe un voyou dans le bas ventre et lui lance « la vasectomie est offerte »), les combats pas toujours bien chorégraphiés (les coups sont rarement portés et cela se voit souvent) mais enthousiasmant dans leur générosité, la bande originale garantie « d’époque » (très mode elle s’est, forcément, rapidement démodée), la photographie typique, la nudité gratuite, etc.

Bien sûr, le niveau d’interprétation varie entre le catastrophique et le passable : Don Wilson n’a jamais été très à l’aise dans la comédie tandis que Mathias Hues cabotine à outrance, ce qui rend cependant son numéro « over the top » plutôt divertissant. Pas évident d’en dire davantage tant le résultat s’avère générique et sans surprise. Tout est prévisible, l’issue est évidente avant même la fin du générique de début et l’ensemble se regarde au mieux d’un œil distrait mais on ne s’y ennuie pas. Les répliques idiotes, les scènes gentiment sexy et les nombreux combats à mains nues qui émaillent ce BLACK BELT le rendent sympathiquement anodin.

S’il existe de bien plus intéressante manière d’occuper 90 minutes de son temps, on trouve également beaucoup de productions similaires (y compris plus friquées) nettement moins efficaces. Bref, BLACK BELT constitue une plaisante série B d’action dans les limites de ses (très) modestes ambitions. On se situe un peu au-dessus de la moyenne et, pour ce genre de long-métrages, ce n’est déjà pas si mal. Les amateurs de castagne peuvent par conséquent y jeter un regard avec l’assurance de passer une relative bonne soirée quoique le lendemain ils auront sans doute oubliés jusqu’à l’existence de ce tout petit produit. D’ailleurs, confiant dans l’amnésie sélective des spectateurs, Corman n’hésita pas à en proposer un remake à peine trois ans plus tard sous le titre ANGEL OF DESTRUCTION

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Fred Pizzoferrato - Août 2016