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Au départ destiné au petit écran sous forme d’une série de quatre épisodes d’une demi-heure, LA MAISON DE LA TERREUR fut finalement sorti en salles sous forme d’un long-métrage. Deuxième réalisation de Lamberto Bava après BAISER MACABRE, cette modeste production met en scène un certain Bruno, compositeur de son métier, engagé pour écrire la bande originale d’un film d’horreur. Il emménage dans une grande villa mais, rapidement, constate que quelque chose ne tourne pas rond et diverses personnes de son entourage commencent à succomber à la lame d’un tueur mystérieux. LA MAISON DE LA TERREUR consiste en un décalque fort médiocre de nombreuses œuvres antérieures et, à l’image de nombreux gialli, l’ensemble lorgne sur le cinéma de Hitchcock et, par extension, de Brian DePalma. L’intrigue s’inspire donc de PSYCHOSE et PULSIONS (ainsi que de BLOW OUT), sans oublier de puiser dans le TENEBRES de Dario Argento sorti peu de temps auparavant. Bref, question originalité, on repassera d’autant que ce patchwork d’influences semble assemblé avec bien peu de talent. Le twist final, par exemple, s’avère franchement prévisible et ce dénouement voulu surprenant, inattendu et même choquant se révèle surtout fort mal amené, vite expédié et peu convaincant.
Les quelques dialogues concluant le métrage afin d’expliciter quelque peu les motivations de l’assassin laissent donc dubitatifs et échouent à donner le moindre cachet à cette œuvre bancale. Au niveau du scénario, celui-ci avance de manière erratique, l’enquête policière se résumant à des découvertes effectuées par hasard qui permettent peu à peu au héros de cerner la vérité. Les victimes, de leur côté, agissent souvent en dépit du bon sens et demeurent le plus souvent paralysée par la terreur en attendant les coups de couteau du meurtrier. Les crimes en eux-mêmes sont néanmoins assez réussis et parfois même plutôt gore, en particulier une scène de boucherie sanglante dans une salle de bain. Au rayon des points positifs citons également la musique efficace quoique sans doute un peu lassante sur la longueur, le thème répétitif étant sur-employé par un Bava sans doute ravi de sa bonne tenue. Le rythme, malheureusement, est très mou et le déroulement du métrage en souffre largement. Non seulement tout cela devient vite un peu ennuyeux mais en outre les invraisemblances et autres fausses peurs balancées toutes les cinq minutes finissent par venir à bout des plus conciliants. Bava se focalise en outre davantage sur l’aspect policier type « whodunit » que sur le décorum du giallo proprement dit, laissant un peu de côté les tueurs vêtus de noir et l’érotisme trouble. Une option qui serait sans doute viable si la résolution du mystère ne se voyait pas éventée au terme de 45 minutes de projection. L’interprétation des plus médiocres se voit encore aggravée par des dialogues lamentables et un doublage absolument imbuvable, un des pires de l’histoire du cinéma. En dépit de sa réputation plutôt enviable, LA MAISON DE LA TERREUR est donc un médiocre giallo abusant d’effets et d’idées déjà vus et revus sans parvenir à en tirer un ensemble cohérent ou intéressant. |
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Fred Pizzoferrato - Avril 2009 |
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