TERREUR AVEUGLE
Titre:  See No Evil / Blind Terror
Réalisateur: Richard Fleischer
Interprètes: Mia Farrow

 

Dorothy Alison
Robin Bailey
Diane Grayson
Brian Rawlinson
Christopher Matthews
Paul Nicholas
Année: 1971
Genre: Thriller / Epouvante
Pays: Grande-Bretagne
Editeur Carlotta (Blu ray)
Critique:

Thriller d’épouvante efficace, TERREUR AVEUGLE annonce les futurs slashers et, par certains effets de mise en scène, s’apparente peut-être encore davantage au giallo alors triomphant. Récemment devenue aveugle suite à une chute de cheval, la jeune Sarah (Mia Farrow) va se reposer dans la ferme de son oncle, à la campagne anglaise. Malheureusement, sa famille se voit décimée par un tueur mystérieux qui perd un bracelet lors du massacre. Décidé à récupérer le bijou pouvant l’incriminer, le tueur revient dans la maison et persécute la jeune femme. 

Fleisher, intelligemment, ne montre jamais le meurtrier (avant de dévoiler son identité lors du climax) : il le caractérise par une paire de bottes façon « cow-boy » et ne dévoile jamais les raisons de sa folie, même si les premières images le montrent déambulant dans la ville, entouré d’images violentes ou sexuées, notamment par l’entremise d’un cinéma proposant un double programme alléchant : The Rapist Cult et Convent Murders ! La durée restreinte encourage un rythme relativement soutenu et quelques passages de pure épouvante, en particulier lors des pérégrinations de l’héroïne dans une demeure où reposent les corps des membres de sa famille assassiné. Une scène qui deviendra par la suite un cliché des VENDREDI 13 et consort mais ici particulièrement efficace en raison de la cécité de la principale protagoniste. Une sous-intrigue impliquant des gitans soupçonnés des meurtres parait par contre quelque peu artificielle et le spectateur soupçonne rapidement le twist concernant la culpabilité du supposé meurtrier. 

En reprenant les recettes du réussi SEULE DANS LA NUIT de Terence Young tourné quelques années auparavant, le scénariste Brian Clemens (bien connu pour « Chapeau melon et botte de cuir ») les affine, élaguant le superflu pour ne garder qu’une intrigue aussi basique qu’efficace, un jeu du chat et de la souris auquel le talentueux Mike Flannagan rendra à son tour hommage dans son similaire HUSH. Le film se transforme dès lors en un pur exercice de suspense et d’angoisse, magnifié par la mise en scène très efficace de Fleisher et le jeu convaincant de Mia Farrow qui transcendent un sujet banal pour délivrer un thriller concis, réussi et fort bien mené. A redécouvrir.

Fred Pizzoferrato - Janvier 2017