LA MOMIE SANGLANTE
Titre: Blood From The Mummy's Tomb
Réalisateur: Seth Holt & Michael Carreras
Interprètes: Andrew Keir

 

Valerie Leon
James Villiers
Hugh Burden
George Coulouris
Mark Edwards
 
Année: 1971
Genre: Epouvante / Fantastique
Pays: Grande-Bretagne
Editeur  
Critique:

Quatrième et dernier long-métrage de la Hammer consacré au thème de la momie, ce BLOOD FROM THE MUMMY’s TOMB s’éloigne des précédents en se refusant à mettre en scène une créature couverte de bandelette désireuse de se venger des profanateurs de sa sépulture. Mais, pourtant, le schéma narratif reste globalement identique.

Ecrit par Christopher Wicking, déjà auteur de quelques scénarios estimables (LACHEZ LES MONSTRES et LE CERCUEIL VIVANT), le métrage sera mis en scène par Seth Holt qui avait signé CONFESSIONS A UN CADAVRE quelques années plus tôt. L’intrigue adapte donc le roman « Jewel of the Seven Stars » de Bram Stocker (plus connu pour son « Dracula ») et débute en ancienne Egypte. La terrible Reine Tera est mutilée par des prêtres qui l’enterrent ensuite dans un tombeau perdu dans le désert. Des siècles s’écoulent et l’archéologue Julian Fuchs découvre la sépulture de Tera. Au moment où il ouvre le sarcophage sa femme, à des centaines de kilomètres, meurt en couches en donnant naissance à sa fille Margaret. Une vingtaine d’années plus tard, Julian offre à sa fille une bague de très grande valeur ayant jadis appartenu à Tera. Cette dernière va alors exercer une influence diabolique sur Margaret dont elle va se servir pour assassiner tous les membres de l’expédition ayant jadis profané sa dernière demeure. Bref, rien de bien neuf.

 

LA MOMIE SANGLANTE se traine une certaine réputation de film maudit, une « publicité » assez classique pour les films traitant de malédiction. En effet, Peter Cushing, qui devait en tenir le rôle principal, quitte le plateau pour se rendre au chevet de son épouse, laquelle décédera peu après. A la fin du tournage ce sera le cinéaste Seth Holt qui succombera à une crise cardiaque, obligeant Michael Carreras à terminer le métrage. Andrew Kerr reprendra donc le rôle initialement prévu pour Cushing aux cotés de Valérie Leon, une très belle actrice de 25 ans, familière de la télévision qui incarnera la douce Margaret mais aussi la maléfique Reine Tera.

Valérie Leon (que l’on retrouva encore dans le « mythique » QUEEN KONG) possède suffisamment de charmes et de formes, sans oublier un superbe regard, pour rehausser ce BLOOD FROM THE MUMMY’s TOMB et la Hammer, alors tenté par un érotisme léger, ne se prive pas de dévoiler furtivement son anatomie des plus avantageuse. Enfin presque puisque la belle révéla ensuite qu’il s’agissait d’une doublure, à la grande tristesse des cinéphiles érotomanes. Passons… Autre concession à son époque plus libérée, BLOOD FROM THE MUMMY’s TOMB tente de se montrer fidèle à son titre quelque peu racoleur en offrant une demi-douzaine de scènes gentiment gore. Une main tranchée jetée aux chacals du désert, un coup de poignard faisant gicler un gros jet de sang, de multiples égorgements,…Pas de quoi traumatiser Hershell Gordon Lewis mais une volonté évidente de la vénérable firme anglaise de proposer un produit plus conforme aux goûts des spectateurs des années 70.

 

On note aussi que, contrairement aux trois premiers épisodes de la saga « Momie », celui-ci se déroule dans un cadre contemporain afin sans doute de favoriser l’identification du public cible. Malheureusement ce BLOOD FROM THE MUMMY’s TOMB s’avère en définitive plutôt décevant. Débutant par une splendide séquence de cauchemar située en ancienne Egypte, le film se poursuit ensuite de manière assez laborieuse, la plus grande partie du temps de projection se trouvant meublé par des parlottes pas vraiment passionnante. Le rythme se révèle assoupi et peu de scènes marquantes viendront tirer le spectateur de son léger assoupissement, l’ensemble se suivant sans ennui mais, hélas, sans la moindre passion. Difficile d’ailleurs de frissonner devant ces séquences très convenues, à l’épouvante routinière et prévisible, qui manquent singulièrement d’impact et de suspense pour contenter l’amateur.

La mise en scène reste pourtant de bon niveau et la photographie est plutôt jolie, rendant le métrage visuellement attractif avec ses belles couleurs chatoyantes. Les acteurs, tous chevronnés, n’hésitent pas à s’investir pour livrer des prestations convaincantes : Andrew Keir se montre efficace et James Villiers vole la vedette à tout le reste du casting en se lançant dans une interprétation cabotine de grand méchant déclamant des discours grandiloquents. Notons aussi l’apparition incongrue d’un personnage excentrique de grande folle apparaissant une minute avant de disparaître complètement de l’intrigue. Bizarre. La conclusion un peu rapidement expédiée permet néanmoins une ultime pirouette (pas vraiment surprenante cela dit) sous forme de fin ouverte.

En résumé, BLOOD FROM THE MUMMY’s TOMB n’est surement pas une grande réussite mais il reste suffisamment sympathique pour se laisser gentiment regarder par les inconditionnels de la Hammer. Le roman de Bram Stocker connaitra deux autres adaptations (LA MALEDICTION DE LA VALLEE DES ROIS et LA LEGENDE DE LA MOMIE) mais aucune ne sera vraiment convaincante. A tout prendre, mieux vaut donc ce BLOOD FROM THE MUMMY’s TOMB qui possède au moins la présence de Valérie Leon pour motiver le spectateur nostalgique.

Fred Pizzoferrato - Janvier 2009