BLOODFIST
Titre: Bloodfist
Réalisateur: Terence H. Winkless
Interprètes: Don 'The Dragon' Wilson

 

Joe Mari Avellana
Billy Blanks
Rob Kaman
Cris Aguilar
Riley Bowman
 
Année: 1989
Genre: Arts martiaux
Pays: USA / Philippines
Editeur
Critique:

Fin des années ’80, l’arrivée fracassante de Jean-Claude Van Damme remet au goût du jour les films d’arts martiaux, cette fois axés sur le kickboxing, nouveau sport de combat populaire après le kung-fu, le karaté et le ninjustu. Suite au triomphe de BLOODSPORTS et KICKBOXER ce style de longs-métrages, souvent fauchés, pullule dans les vidéoclubs et met en vedette des stars éphémères (Gary Daniels, Billy Blanks, Jeff Wyncott, etc.) capables de lever la jambe bien haut mais aux talents d’acteurs souvent rudimentaires.

Jamais en retard d’une mode fructueuse, Roger Corman, via sa compagnie Concorde, se lance dans la mêlée et engage Don « The Dragon » Wilson, triple champion de kickboxing devenu le nouveau héros de la baston cinématographique. Pour emballer son « film de tournoi », le vieux grippe-sou s’entoure de Terence H. Winkless, cinéaste venant de signer le potable film d’épouvante VOYAGE AU BOUT DE L’HORREUR et demande à Robert King (connu, bien plus tard, grâce à la série télévisée « The Good Wife ») de torcher un scénario simpliste très inspiré par la copie de ses collègues.

BLOODFIST se contente dès lors de décalquer les deux succès précités de Van Damme mais s’impose comme un petit succès aux temps bénis de la vhs et devient à terme hautement rentable pour Corman qui n’hésite pas à décliner la recette jusqu’à plus soif et, surtout, jusqu’à l’extinction totale de la vague kickboxing au milieu des années ‘90.

Un champion d’arts martiaux, Jake Raye (Don Wilson), part pour Manille enquêter sur le décès suspect de son frangin Michael. Arrivé aux Philippines, il découvre que son frère a probablement été tué par quelqu’un issu du milieu des combattants de kickboxing. Entrainé par un certain Kwong, Jake décide de s’inscrire dans la dangereuse compétition du Ta Chang, soupçonnant le meurtrier d’être un des sportifs. Il mène son enquête en gravissant les marches menant à la victoire.

Générique et linéaire, BLOODFIST déroule un scénario déjà vu et revu qui ne propose qu’une seule véritable surprise, un petit twist pas franchement crédible mais cependant efficace et surprenant durant les dernières minutes. Sinon, la routine domine, entre séquence d’entrainement, romance éventée (saupoudrée d’un peu de nudité gratuite de bon aloi) et combats. Ces derniers alternent entre bon et médiocre, les combattants n’étant pas en cause (la plupart sont des sportifs titrés en arts martiaux comme Billy Blanks, le créateur du Tae Bo) mais plutôt la mise en scène basique qui échoue à conférer le moindre impact à la plupart des scènes d’action. Cependant, le film, très ancré dans son époque, garde un indéniable capital sympathie qui excuse ses faiblesses pour les inconditionnels de la baston bis des années ’80 et ‘90.

Dans l’ensemble, BLOODFIST assure un divertissement correct pour nostalgiques du « kickboxing movie »: une durée restreinte, une pincée de nudité, un côté 80’s assumé (musique, costume, esthétique, photographie, etc.), de nombreux affrontements jamais exceptionnels mais dans l’ensemble passables.

Pour sa part, Don The Dragon Wilson se révèle piètre acteur mais sportif convaincant (son palmarès de 71 victoires et 5 défaites lui valut le qualificatif de « plus grand kickboxer de tous les temps ») et ses origines mixtes (américano-japonaises) lui confère un certain charisme. En résumé, on a vu bien pire que cette honnête série B martiale.

En dépit d’un budget minimal et d’une intrigue rachitique, BLOODFIST s’avéra d’ailleurs une excellente opération commerciale pour la Concorde qui lui adjoint pas moins de huit séquelles. Le film connut également trois (!) remakes en 1993: FULL CONTACT avec Jerry Trimble, DRAGON FIRE et ANGELFIST.


Chronique originellement publiée dans Medusa Fanzine

Fred Pizzoferrato - Avril 2015