BLOODFIST III: FORCED TO FIGHT
Titre: Bloodfist III: Forced to Fight
Réalisateur: Oley Sassone
Interprètes: Don 'The Dragon' Wilson

 

Richard Roundtree
Gregory McKinney
Richard Paul
Rick Dean
Charles Boswell
Brad Blaisdell
Année: 1992
Genre: Action
Pays: USA
Editeur
Critique:

Quoiqu’il laisse Jake Raye (héros des deux premiers films) vivre sa vie, Roger Corman n’abandonne pas pour autant sa rentable saga BLOODFIST et confie un nouveau personnage à l’inamovible Don The Dragon Wilson, lequle campe ici un Jimmy Boland emprisonné injustement.

Notre homme échoue dans un pénitencier typique de la série B qui n’évite aucun cliché (bagarres mortelles entre détenus, gardiens corrompus, trafiquants de drogues veillant sur leur territoire carcéral, etc.) Là il rencontre Samuel Stark, joué par la légende la blaxploitation Richard « SHAFT » Roundtree, un prisonnier âgé qui règne sur l’établissement à la manière d’un vieux sage dans l’attente de sa prochaine libération. Mais des querelles rendent l’ambiance au sein de la prison de plus en plus tendue jusqu’à l’affrontement inévitable entre Jimmy et le dealer Blue, chef d’une bande rivale qui n’hésite pas à s’en prendre à Stark.

Initialement tourné (et promotionné) sous le titre FORCED TO FIGHT, le film se transforma en BLOODFIST 3 afin de capitaliser sur le succès des précédents opus, lançant ainsi une étrange franchise dont aucun des épisodes n’est réellement connecté aux volets antérieurs. Seule la présence de Don The Dragon Wilson assure la continuité artificielle entre ce BLOOFIST 3 et les deux premiers films beaucoup plus orientés vers le pur « kickboxing ». Suite aux décevants résultats au box-office de ce troisième volet, les autres « suites » furent d’ailleurs directement réalisées pour le marché de la vidéo.

Après BLOODSPORTS et OPERATION DRAGON, Corman et son équipe cherche cette fois l’inspiration du côté de LES EVADES (si !) et délivre une traditionnelle histoire d’amitié en prison entre un jeune accusé à tort et un vieux prisonnier au grand cœur. Bien évidemment, Don The Dragon Wilson oblige, le tout se voit régulièrement ponctué par de brèves séquences d’arts martiaux même si les combats n’ont droit qu’à la portion congrue.

Desservi par une bande originale infâme (en gros un riff de guitare électrique basique façon sound check d’un groupe hard rock des eighties), BLOOFIST 3 demeure un divertissement acceptable quoique guère transcendant. Les passages dramatiques intercalés entre les combats sont néanmoins efficaces et loin du remplissage coutumier, les principaux protagonistes bénéficiant d’un développement plus conséquent que la moyenne. Don Wilson se révèle pour une fois acceptable (même si on est loin d’un grand comédien) et Richard Roundtree effectue un boulot de qualité dans son rôle de mentor vieillissant qui n’a aucun mal à voler la vedette au reste de la distribution. Quelques répliques sympathiques, typiques de ce genre de produit, donneront le sourire aux plus complices.

Pour sa première mise en scène Oley Sassone (responsable ensuite d’un FANTASTIC FOUR maudit et pourtant pas si mauvais pour Corman) s’en tire avec les honneurs : loin d’un classique, BLOOFIST 3 délivre touefois un spectacle plaisant qui pourra plaire aux amateurs de kickboxing mais également à un public (un peu) plus large.

Une série B d’action tout à fait correcte à condition de ne pas en attendre monts et merveilles.

Fred Pizzoferrato - Juillet 2015