|
|

Critique: |
THE BLOODY MOON est un très classique slasher (empruntant aussi au giallo) réalisé par Jésus Franco en 1981. Il serait sans doute complètement oublié aujourd'hui si quelques scènes bien gore ne lui avait valu une inclusion dans la fameuse liste des video-nasty. Sans être une grande réussite, THE BLOODY MOON appartient aux Jésus Franco les plus regardables. L'intrigue prend place dans une école pour jeunes filles où quelques étudiantes délurées essaient d'apprendre l'espagnol. Malheureusement un tueur sanguinaire les massacre une par une. Il faut dire qu'elles sont tellement stupides qu'il n'est pas vraiment difficile pour l'assassin d'agir. La scène la plus mémorable intervient d'ailleurs lorsqu'une des coquines en chaleur suit le maniaque masqué dans un bâtiment abandonné et se laisse ficeler comme un saucisson en espérant quelque chose de pervers. Effectivement, la suite est bien hard mais pas dans le sens espéré par la demoiselle: le tueur utilise une énorme scie circulaire pour la décapiter! Cette scène fit probablement beaucoup dans la classification nasty d'un métrage qui, sinon, ne s'éloigne jamais des standards mis en place par VENDREDI 13 et la majorité des slashers américains de la même époque. Les autres meurtres comprennent un coup de couteau dans la poitrine d'une jeune fille, un coup de tronçonneuse, un enfant écrasé par une voiture (autre argument probable du bannissement de ce film en Grande-Bretagne), etc.
La mise en scène de Jésus Franco est aussi paresseuse que de coutume, excepté l'une ou l'autre séquences qui semblent le motiver un minimum. Les meurtres possèdent ainsi une certaine force et le final, très classique, s'avère globalement réussi, même si on n'échappe pas aux banalités d'usage et aux lieux communs du slasher de base. La dernière survivante découvre ainsi les cadavres de toutes ses copines tandis que le meurtrier la poursuit. Du déjà vu et revu. Le reste consiste en d'interminables mises en place, ponctuées de parlottes diverses (le seul sujet de conversation des jeunes étudiantes étant le sexe) et de fréquents intermèdes au night-club local où nous avons droit à d'épouvantables morceaux disco de cinquième zone. Le rythme général est franchement languissant, voire léthargique, et l'amateur devra patienter durant près des deux tiers du métrage avant que les choses ne commencent réellement. La première heure ne compte en effet qu'une poignée de scènes gore et une bonne dose de nudité gratuite pour entretenir l'intérêt défaillant d'un spectateur en droit de trouver le temps bien long. Le scénario, pompé à droite et à gauche, ressemble d'ailleurs à un patchwork sans queue ni tête et plus troué qu'une tranche d'Emmental passé à la perforatrice. Uniquement préoccupé d'offrir un spectacle de pure exploitation, Jésus Franco rate finalement le coche et même l'étalage de nudité et de sang finit par devenir pénible et répétitif. En dépit de ces quelques passages typiques du cinéma "euro-trash", BLOODY MOON ne parvient malheureusement pas à convaincre le spectateur vaincu par tant de paresse. Quelques dialogues ahurissants de bêtise donnent à l'ensemble un petit air de parodie, sans doute largement involontaire mais qui pourra arracher un sourire aux plus conciliants. C'est très peu mais enfin, c'est déjà ça. Largement tributaire du giallo (BAIE SANGLANTE) et des classiques du slasher (VENDREDI 13 et HALLOWEEN en tête), le film de Franco est, en définitive, assez ennuyeux. Seuls les fanatiques du genre ou les "completistes" de la video-nasty devraient donc y jeter un œil et même eux n'y trouveront sans doute rien d'autre qu'un intérêt purement historique. |
||
|
Fred Pizzoferrato - Mars 2008 |
|||