BLUE DEMON: TERREUR SOUS LA MER
Titre: Blue demon
Réalisateur: Daniel Grodnik
Interprètes: Dedee Pfeiffer

 

Randall Batinkoff
Danny Woodburn
Josh Hammond
Christine Lakin
Jeff Fahey
Whitney Sloan
Année: 2004
Genre: Sharksploitation
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé en 2004, BLUE DEMON s’inspire manifestement de PEUR BLEUE mais débute à la manière du PIRANHA de Joe Dante. Durant l’entame, un quatuor de charmantes demoiselles se lance, en effet, le défi de nager jusqu’à une balise placée à bonne distance de la plage. Malheureusement, nos nymphettes sont attaquées par des requins génétiquement modifiés. En effet, deux scientifiques en pleine crise de couple, Marla et Nathan Collins, ont développés, dans le cadre du projet militaire « Blue Demon », une nouvelle espèce de squales capables de défendre les plages américaines d’éventuelles attaques terroristes. Ne laissant pas le temps au spectateur de mesurer l’inanité de cette entreprise, les monstres marins s’échappent et sèment la terreur.

D’une stupidité rarement égalée, y compris selon les standards de la sharksploitation, BLUE DEMON joue néanmoins la carte de l’humour pour tenter de rendre digeste son invraisemblable histoire. Hélas, la comédie est particulièrement lourde et aucun gag ne fonctionne réellement. Les clichés, par contre, abondent, du patron nain (dissimulé par son pupitre lors de sa grande conférence scientifique) au militaire belliqueux qui mâchouille un cigare en rêvant de destructions massives.

Les rares scènes d’attaques, vite expédiées, se contentent, elles, de cadrer un figurant hurlant dans une eau bouillonnante de sang. Un manque de moyens encore davantage perceptible lors d’une poursuite finale (voulue palpitante mais en réalité pathétique) entre une petite Saab900 et un poids lourds.

Afin d’atteindre une durée réglementaire, l’intrigue introduit de nouveaux personnages (un couple d’amoureux niais et maladroit tenté par une baignade, un surfeur) qui sont, par la suite, menacés par les requins. Peu aidé par une caractérisation schématique, les interprètes, menés par Dedee Pfeiffer (la sœur de Michelle), se désintéressent de leur rôle ou sombrent dans un cabotinage plus ou moins volontaire.

Les squales, pour leur part, apparaissent peu, au point que le cinéaste intègre à intervalles réguliers quelques images de requins censés rappeler aux spectateurs assoupis la menace qu’ils constituent. Le producteur et scénariste Daniel Grodnik (LE MONSTRE DU TRAIN, TERREUR EXTRA-TERRESTRE) emballe son unique long-métrage avec un manque de conviction frappant qui aligne les pires travers du « direct to vidéo » de consommation courante.

Rythme pantouflard, longues séquences dialoguées dénuées de tout intérêt, situations (in)dignes d’une sitcom, musique bâclée, humour raté (du moins lorsqu’il est volontaire car certains passages se révèlent involontairement amusants), érotisme absent et scènes horrifiques « tous publics » sont donc au programme de cette piètre entreprise.

Cependant, la présence d’une poignée de séduisantes demoiselles et une bonne humeur évidente rendent le tout acceptable pour les inconditionnels de nanar horrifique. A condition, évidemment, qu’ils revoient largement à la baisse leurs exigences et se contentent du strict minimum syndical.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2015