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Le prolifique réalisateur Chano Urueta est surtout connu pour avoir lancé la carrière du catcheur Blue Demon, rival et compagnon d'El Santo. En 1961, il tourna quasiment coup sur coup deux petites productions horrifiques à l'intrigue jumelle, aujourd'hui proposées par Bach Films dans sa collection "mexicaine", LE BARON DE LA TERREUR et LA TÊTE VIVANTE. La première d'entre elles a depuis acquis un certain statut de classique culte et psychotronique auprès des amateurs, particulièrement aux Etats-Unis où le film est connu (et célébré!) sous le titre de THE BRAINIAC. L'intrigue débute en 1661, année où le Baron Vitelius d'Estera est condamné à mort par l'inquisition pour une série de crime qui incluent la necromancie, la débauche, la sorcellerie, l'hérésie, etc. Un seul homme, Marco Miranda, prend sa défense, et pour son audace subit le supplice du fouet. En dépit de pouvoirs magiques impressionnants, le Baron se rit de la sentence, se laisse conduire au bûcher et maudit les descendants des différents inquisiteurs. Dans trois siècles, lors du retour d'une comète maudite, le Baron reviendra se venger! Le temps passe et, magie du cinéma aidant, nous voici en 1961, pile poil pour le passage de la comète (sans doute l'effet spécial le plus minable jamais vu sur un écran, y compris dans les films de Ed Wood!). Nous retrouvons Reynaldo Miranda et sa copine Victoria invité par un de leur ami astronome, Milan, à assister au retour du corps céleste mais celui-ci disparaît, tombe sur Terre et se transforme inexplicablement en Baron Vitelius, à présent doté d'une apparence indescriptible qui lui valut, en son temps, une place d'honneur au sein des "Craignos Monsters", chers à Mr Jean-Pierre Putters, le Dieu Vivant des cinéphiles bis.
L'acteur German Robles et le producteur Abel Salazar, les stars de l'épouvante mexicaines, voisinent ici avec René Cardona (oui, le cinéaste coupable de "l'infamous" video nasty NIGHT OF THE BLOODY APES et de SURVIVE) et la starlette Ariadna Welter. Tous livrent des compositions crédibles mais outrées, en particulier Salazar qui, dans le prologue situé au XVIIe siècle, cabotine délicieusement, passant l'entièreté de la scène à rire de façon machiavélique. Notons cependant que certains semblent difficilement retenir leur hilarité à la vue du monstre et, honnêtement, on les comprend: seul un vétéran chevronné de l'Actor Studio pouvant garder son sérieux devant la "chose" en question! Les séquences où Salazar s'octroie une petite pause déjeuner sont tout aussi hallucinantes! Il faut vraiment le voir pour le croire: notre homme s'absente un instant et déguste à la cuillère une des nombreuses cervelles qu'il conserve dans une urne. Bon appétit bien sûr! Salazar se réserve d'ailleurs un passage narcissique où il use de son charme de latin lover silencieux. Sans raison, il entre dans un bar, se laisse draguer par une jolie jeune femme et l'emballe illico presto. Mais au lieu de raccompagner la demoiselle chez elle comme l'aurait fait n'importe qui, le Baron se change en monstre et lui bouffe la cervelle (pas sûr que le dîner soit copieux mais c'est une autre histoire). LE BARON DE LA TERREUR accumule ainsi les passages campy et n'hésite pas à recourir à l'humour (volontaire cette fois) en lançant sur les traces du maniaque deux flics obstinés qui sauront d'ailleurs user de lance-flammes (!) pour combattre la menace. Malgré ses invraisemblances criantes (après 3 siècles, les descendants des inquisiteurs vivent toujours au même endroit!), ses outrances, ses décors résolument artificiels (la forêt, le météore en carton pâte) et ses "scènes choc" placées n'importe comment, LE BARON DE LA TERREUR constitue, finalement, un bon moyen de tuer 75 minutes. Cette curiosité est proposée par Bach Films dans une copie correcte, au format 1.33, en français ou en version originale espagnole sous-titrée (mono) avec en bonus une bande annonce. Un beau digipack reproduisant l'affiche et montrant la créature dans toute sa splendeur (!) devrait achever de convaincre les collectionneurs de bisseries. |
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octobre 2006 |
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