LES GUERRIERS DU BRONX
Titre: 1990 - The Bronx Warriors
Réalisateur: Enzo G. Castellari
Interprètes: Mark Gregory

 

Vic Morrow
Fred Williamson,
Christopher Connely
George Eastman
 
 
Année: 1983
Genre: Science-Fiction / Post Nuke / Action
Pays: Italie
Editeur  
2 /6
Critique:

Dans un futur proche (1990, oui, bon, passons!) le Bronx est devenu un endroit infréquentable dominé par les bandes rivales qui s'entretuent pour le contrôle de ce territoire désolé. Trash (l'inamovible Mark Gregory), le chef d'un groupe de méchants motards, tombe amoureux d'une jeune fille riche égarée qu'il va sauver d'une meute de types encore plus méchants!

En effet, notre demoiselle, la starlette bis Stefania Girolami (aussi vue dans LES NOUVEAUX BARBARES) est attaquée par une bande de voyous en skateboard terrorisant la population à coup de crosse de hockey. Dans le New York nocturne (2 heures du matin, sans doute), la blonde n'a aucun espoir, sauf que voila un autre gangs, les Riders qui débarque, mené par Trash. Ceux-ci sont en guerre avec d'autres méchants, les Tigers (quelle imagination!), de méchants Black style proxénètes dans un clip de gangsta-rap dirigé par l'inévitable Fred Williamson.

Evidemment, la bonnasse blondasse, Anne, se révèle être l'héritière d'une importante compagnie de production d'armes mais elle ne veut pas se lancer dans ce type de business, d'où problème de conscience, dilemme, etc. Pour récupérer la demoiselle, les dirigeants de la société envoient Hammer (une fois encore, l'imagination règne) dans le Bronx.

Le fier héros est incarné par Vic Morrow peu avant qu'il ne perde définitivement la tête sur le tournage de LA QUATRIEME DIMENSION. Encore un film abusivement estampillé culte. A ce rythme n'importe quelle série Z fauchée va y avoir droit. Ici, nous sommes pourtant en présence d'un produit des plus médiocres qui copie inévitablement NEW YORK 1997 de John Carpenter et LES GUERRIERS DE LA NUIT de Walter Hill. Pour un résultat généralement affligeant et, surtout, lymphatique.

Castellari a peut-être réalisé quelques séries B correctes et fort bien torchées (sans oublier l'excellent western KEOMA), il faut également avouer qu'il a tourné quelques daubes peu recommandables. Comme cette production au budget rachitique ayant, en outre, fort mal vieilli. Pas beaucoup d'action au programme, donc, juste un défilé de gueules (et de corps) estampillés bis. Des mecs musclés avec une expression virile et des pouffiasses blondes perchées sur des talons aiguilles avec des tenues de dominatrices. L'esthétique dominante semble tout droit sortie des YMCA vantées par les Villages People. Belles moustaches, casquettes et vestes en cuir, bandanas et colifichets fantaisies: pas de doute, à une soirée du Queen, le succès serait assuré. Niveau musique ça fleure bon le simili hard-rock très FMisé typique des eighties. Ringard à souhait!

Tout ce petit monde se bastonne mollement dans des terrains vagues du Bronx et Castellari se préoccupe surtout de cadrer les combats sans trop déplacer sa caméra, au risque de filmer des passants tranquilles ou des voitures roulant au pas. Bref, pas très apocalyptique comme décor! Parfois, heureusement, une scène outrageusement bis réveille un tant soi peu le spectateur assoupi. Ainsi, lorsque le cinéaste met en scène un enterrement de motard à la manière d'un bûcher funéraire Viking, on rigole doucement.

Citons aussi cette séquence assez ridicule au cours de laquelle un type se met à jouer de la batterie en pleine nature, comme ça, sans raison, suite à la mort d'un de ses potes. Des moments crétins totalement nanar qui confèrent une certaine plue value à ces GUERRIERS DU BRONX. Mais s'avèrent insuffisamment efficaces pour justifier réellement la vision de ce produit très opportuniste et très racoleur. Reste quand même une belle brochette d'acteurs d'exploitation et le numéro très cabotin de Vic Morrow.

Le film de Castellari se laisse donc regarder d'un œil distrait mais s'avère en définitive peu passionnant. On lui préfèrera largement une séquelle certes encore plus bis mais bien plus amusante et décomplexée.

Fred Pizzoferrato - Mars 2007