LA VENGEANCE DE SHAOLIN
Titre: Bruce and Shaolin Kung Fu
Réalisateur: James Nam Gung-fan
Interprètes: Bruce Le

 

Chang Sing
James Nam Gung-fan
Bolo Yeung
Kong Do
 
 
Année: 1978
Genre: Bruceploitation
Pays: Hong Kong
Editeur  
Critique:

Dans cette petite série B datant de la fin des années ’70, Bruce Le, le successeur de Bruce Lee, poursuit son combat contre l’occupant nippon. Le film se veut, en effet, une pseudo suite, ou du moins un dérivé de LA FUREUR DE VAINCRE.

Lee Ching Lung (Bruce Le) étudiae dans une école de kung-fu chinoise réputée durant l’occupation japonaise. Malheureusement, les envahisseurs du Soleil Levant décident de fermer tous les établissements chinois qui constituent, selon eux, un obstacle à la suprématie du karaté. Les vils nippons envoient, par conséquent, une délégation chargée de faire respecter ce décret mais Lee Ching Lung s’y oppose et un affrontement s’en suit. Humilié, le fils d’un puissant général n’a d’autre choix que de laver son honneur dans le sang et se suicide après sa défaite. Evidemment, son père veut se venger et engage pour cela cinq impitoyables ceintures noires (dont l’inévitable bad guy musculeux Bolo Yeung) afin de tuer Lee Ching Lung. Ce-dernier, réfugié en Corée, y apprend le taekwondo auprès d’un de ses amis et perfectionne ses techniques de pieds et de poings…

James Nam Gung-fan, un acteur coréen recruté par la Shaw Brothers au début des seventies, devint une petite star du kung-fu durant cette décennie, apparaissant dans des productions de prestige (SIX ASSASSINS, LES 14 AMAZONES) mais également dans d’innombrables bisseries et bruceploitation (LA VIE SENTIMENTALE DE BRUCE LEE, LE CRI DE LA MORT, LA FUREUR DU TIGRE). James Nam passe à la réalisation en 1976 avec JAWS OF THE DRAGON mais poursuit en parallèle sa carrière d’acteur. Il ne réalise, au total, que quatre films dont LA VENGEANCE DE SHAOLIN et sa suite directe, BRUCE AND SHAOLIN KUNG FU 2.

En plus de la mise en scène, James Nam partage ici la vedette avec Bruce Le et s’octroie le rôle du maître de taekwondo qui enseigne au héros les bases de l’art martial coréen, lesquelles s’inspire de la calligraphie et de la manière de peindre les idéogrammes. Bruce Le s’y entraine également au kung-fu à l’aide de mannequins dont il frappe les points d’acupuncture vitaux, révélant ses réelles aptitudes martiales.

LA VENGEANCE DE SHAOLIN se révèle un plaisant petit film dans lequel notre héros reprend fièrement tous les tics coutumiers du Petit Dragon. L’intrigue, sans surprise, est une continuation plus ou moins habile des situations déjà vues dans LA FUREUR DE VAINCRE mais l’essentiel, bien sûr, réside dans les combats, nombreux (onze !) et plutôt convaincants.

Certes, le manque de moyen est patent et quelques affrontements ressemblent à des démonstrations de patronage hâtivement mises en scène dans une pâture mais, dans l’ensemble, LA VENGEANCE DE SHAOLIN assure au niveau martial. Les combats et autres scènes d’entrainement totalisent, selon Craig D. Reid (in « The Ultimate guide to martial arts movies of the seventies ») plus de quarante minutes de métrage. Autant dire la moitié du film !

Si l’aspect kung fu se révèle efficace, LA VENGEANCE DE SHAOLIN traduit néanmoins son côté mal ficelé et bricolé, accentué par une mise en scène approximative, un montage haché, des erreurs risibles (quoique situé avant la Seconde Guerre Mondiale, des éléments datant clairement des années ’70 sont visibles à plusieurs reprises) et des acteurs au mieux tout juste potables.

Le combat final se vautre joyeusement dans le bis assumé, Bruce Le défiant deux adversaires aux longs cheveux blancs qui agitent très vite leurs mains et utilisent le reflet du soleil sur un petit miroir pour le déconcentrer. Notre Petit Dragon de pacotille finit toutefois par l’emporter au terme d’une longue suite de coups portés au ralenti. Le cinéaste réutilise même, de manière très approximative, le gimmick de STREETFIGHTER et intercale des vues « aux rayons X » des dégâts internes causés par les coups de Bruce Le. La principale attraction martiale reste néanmoins le numéro de Bolo Yeung qui pratique le « monkey kung fu » en imitant un gorille bossu particulièrement saugrenu et mémorable.

LA VENGEANCE DE SHAOLIN, par sa nature même de série B (comme Bruceploitation) s’adresse essentiellement aux inconditionnels de Bruce Le ou du kung fu fauché des seventies mais, dans la masse des produits similaires, s’élève cependant un cran au-dessus du tout-venant.

 

Fred Pizzoferrato - Août 2012