THE BURNING MOON
Titre: The Burning Moon
Réalisateur: Olaf Ittenbach
Interprètes: Andrea Arbter

 

Ellen Fischer
Ronald Fuhrmann
Rudolf Höß
Olaf Ittenbach
Bernd Muggenthaler
Kurt Nauder
Année: 1992
Genre: Extrême Gore / Film à sketches
Pays: Allemagne
Editeur Uncut Movies (VHS)
Critique:

Personnalité à présent bien connue du bis tendance gore, Olaf Ittenbach œuvre depuis la fin des années ’80 dans le cinéma d’horreur, cumulant les postes en étant alternativement scénariste, acteur, maquilleur, monteur, producteur et réalisateur sur divers métrages complètement fauchés.

Ittenbach débute sa carrière de metteur en scène en 1989 avec le très pauvre (à tous points de vue) BLACK PAST, lequel sera suivi d’une multitude de séries Z très saignantes et souvent tournées en vidéo avec trois bouts de ficelle et des clopinettes. Citons, par exemple, PREMUTOS, LEGION OF THE DEAD (plus professionnel), BEYOND THE LIMITS ou DARD DIVORCE. D’origine allemande, Ittenbach fréquente évidemment la « nouvelle scène » horrifique teutonne en confectionnant des maquillages gore pour Uwe Boll (SEED, TUNNEL RATS) ou Andreas Bethmann (ANGEL OF DEATH 2, PRISON OF HELL, TERROR CREEK).

Réalisé en 1993, THE BURNING MOON constitue le second long-métrage d’Ittenbach, originellement interdit dans son pays d’origine. L’intrigue se veut simple mais rend un petit hommage aux productions à sketches popularisées par la Amicus en proposant deux épisodes indépendants liées par un fil conducteur ténu. Un jeune crétin se voit contraint de raconter à sa petite sœur des histoires pour l’endormir. Plutôt que lui lire un conte de fée, l’imbécile préfère déblatérer deux récits horribles.

Le premier concerne une jeune fille toute excitée à l’idée de passer la nuit avec un type qui se révèle être un tueur en série.

Le second s’intéresse à un prêtre défroqué ayant vendu son âme au diable et dont la principale occupation est de violer et tuer de pauvres demoiselles. Un teenager se voit injustement accusé mais le curé satanique vient à son secours…

THE BURNING MOON n’a rien à voir avec le cinéma d’horreur « grand public », même réputé extrême (à savoir les HOSTEL, SAW et autre LA COLLINE A DES YEUX), il s’agit en réalité d’une sorte de manifeste gore envisagé comme une agression constante, l’équivalent cinématographique d’un groupe punk incapable de jouer plus de trois accords mais décidé à brutaliser l’auditeur au-delà du supportable. Ittenbach ne cherche donc pas à proposer une intrigue solide, ni des performances d’acteurs crédibles et il n’a nullement l’intention de créer de « l’art ». Son unique souci est en réalité d’accumuler les séquences vomitives et de surenchérir dans la boucherie la plus outrancière et la violence la plus dégueulasse.

Toute idée de technique ou de compétences cinématographiques se voient par conséquent évacuées, le film étant emballé avec un budget quasiment nul et un amateurisme terrassant, (in)digne d’un porno de troisième zone, surtout perceptible au vu de la médiocre photographie. Le rythme pose lui-aussi de sérieux problème tant le segment de liaison traine en longueur et n’apporte finalement pas grand-chose, si ce n’est un hommage sous forme de clin d’œil à des classiques comme ASYLUM ou CREEPSHOW.

Les deux sketches, pour leur part, semblent assez longuets, le cinéaste devant passer à deux reprises par une pénible phase d’exposition avant d’entrer dans le vif du sujet. L’usage de l’accéléré paraitra d’ailleurs souvent salvateur ! Vu la banalité des scripts et le manque de conviction criant des interprètes, THE BURNING MOON ennuie, du moins jusqu’aux explosions gore attendues. Car à ce niveau, par contre, Ittenbach ne démérite pas et confectionne des effets de maquillages de hautes volées, se permettant toutes les audaces et ne reculant devant aucune idée immonde. Décapitations, corps taillés en pièces, yeux arrachés, membres sectionnés, éviscérations,…

Ca charcle avec une belle régularité et chaque scène tente de surpasser la précédente en matière de répugnance, culminant dans un final pour lequel les spectateurs à l’estomac délicat feraient bien de se munir de sac en plastique ! Ittenbach propose en effet une visite des enfers à côté de laquelle les délires les plus outranciers de Lucio Fulci ou Cliver Barker ressemblent à du Walt Disney. Les amateurs fanatiques de gore seront sans doute aux anges mais, en dépit de cette bonne santé horrifique, un public moins extrémiste risque de trouver l’entreprise sans intérêt.

Les intrigues, minimalistes, sont clairement écrites dans le seul but de caser un maximum de séquences horribles et la logique s’efface devant la volonté de choquer à tout prix. Les piteux interprètes, la réalisation purement fonctionnelle, le montage basique et, surtout, la pauvreté générale du métrage devraient décourager bien des spectateurs de s’aventurer sur les terres de cette BURNING MOON.

En résumé, THE BURNING MOON est une curiosité très amateur à réserver aux seuls inconditionnels du gore à (tout petit petit) petit budget. Les autres s’abstiendront prudemment et sans le moindre regret.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2011