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Critique: |
Le monde, dans un futur proche. La quasi-totalité de la population est devenue "sex-negative": incapable du moindre rapport physique normal. Les rares personnes dites "positives" sont réquisitionnées de force pour participer à des jeux sexuels dans des cabarets pour adultes dont le plus fameux est le Café Flesh. CAFE FLESH est une date importante de l'histoire du cinéma X. Jamais un film porno n'avait bénéficié d'un tel soin, d'un scénario aussi élaboré, d'une mise en scène si travaillée et d'une interprétation aussi convaincante. Ce n'est pas un hasard si ce fut d'ailleurs un des très rares métrages classés X à quitter l'enfer des salles spécialisées pour goûter aux honneurs des cinémas arts et essais. Ce fut également le plus culte des porno, projeté dans de nombreux festivals "arty" où lors de convention consacrées à la science-fiction. Mais ce sommet devait aussi signifier la mort du genre, ensuite condamné à la médiocrité des productions amateurs tournées en vidéo pour des budgets misérables.
Toutes les scènes chaudes se déroulent dans une ambiance décadente et glauque, aux éclairages contrastés baignés de brume. La musique n'est pas en reste avec cette new wave utilisée pour bercer des ébats sans joie, observé par des spectateurs hagards aux yeux vides, alors que des bribes de dialogues (dont le classique "Do you want me to type a memo?") résonnent en boucle, créant un spectacle déshumanisé et profondément glauque. Sublime séquence, également, où le couple de négatif tente de faire l'amour et n'aboutit qu'au malaise au point que l'homme finit par vomir en tentant vainement de caresser sa partenaire. L'ensemble est animé par un extraordinaire Andrew Nichols, travesti cabotin et poète à ses heures perdues, lequel présente les numéros de ce spectacle qui est "au hardcore ce qu'ERASERHEAD est à l'industrie hollywoodienne" selon les termes souvent cités mais imparables de Christophe Gans. CAFE FLESH n'est pas seulement le plus grand film X de tous les temps, c'est probablement le seul qui transcende et sublime à ce point les limites de ce genre pour atteindre le statut de chef d'œuvre du cinéma. Dérangé, malsain, métaphorique et prenant, CAFE FLESH est surtout fascinant. Et pour tous les dérangés du cerveau il est toujours éprouvant / excitant / dérangeant de plonger dans les méandres de l'imagination zarbie de Francis Delia. Un trip que l'on aime accomplir pour assister au grand show du sexe malade…Alors n'oubliez pas: 'Bonjour, mutants et mutantes et bienvenue au Café Flesh'. Le voyage vaut la peine, vous ne le regretterez pas! |
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Fred Pizzoferrato - Février 2007 |
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