CALIGULA - LA VERITABLE HISTOIRE
Titre: Caligola - La storia mai raccontata / Caligula 2 - The Untold Story / Emperor Caligula: The Garden of Taboo / Imperatore Caligula
Réalisateur: Joe d'Amato
Interprètes: David Brandon

 

Laura Gemser
Oliver Finch
Fabiola Toledo
Gabrielle Tinti
Michael Soavi
 
Année: 1982
Genre: Péplum / Porno / Culte
Pays: Italie
Editeur Bach Films
Critique:

L'ami Joe d'Amato ayant toujours été un fin roublard, il ne s'est jamais gêné pour reprendre à son compte les idées des autres pour les accommoder à sa sauce, en tenant compte évidemment de la seule loi qu'il ait jamais suivie, celle du marché! Au tout début des années 80, dans le sillage du classique CALIGULA de Tinto Brass produit par Penthouse, le "porno-péplum" est brièvement à la mode. Pas tellement étonnant d'ailleurs, cette association en apparence étrange puisque, dès les origines du cinéma, le "film historique" fut un alibi commode pour justifier tout de sortes d'excès allant des bains de jeunes vestales dénudées à des tortures sévères infligées à de pauvres chrétiens. Même si l'œuvre supervisée par Tinto Brass ne fonctionna pas vraiment, elle devint suffisamment culte et rentable dans les vidéo-clubs pour susciter l'apparition de succédanés évidemment moins nantis.

Virent donc le jour des produits fauchés comme LES NUITS DE CALIGULA, LES ORGIES DE CALIGULA, CALIGULA ET MESSALINE, etc., sans oublier quelques titres plus spécifiquement consacrés à Néron ou Messaline. Bref, la grande Histoire revisitée par les cinéastes les plus bis du cinéma italien de l'époque (Bruno Mattei, par exemple), à coups de stock-shots puisés dans de vieux péplum et agrémenté de sexe et de violence à foison.

Joe d'Amato, lui, va plus loin en proposant une séquelle / variation officieuse au CALIGULA original. Comme à son habitude, d'Amato ne peut s'empêcher d'en rajouter, dans un souci manifeste de surenchérir sur Tinto Brass. Dès la séquence d'introduction, le futur cinéaste Michael Soavi est ainsi torturé, perdant l'usage de ses membres à coup de couteau avant d'avoir la langue tranchée avec une bonne volonté maladroite rappelant les films de Hershell Gordon Lewis. La suite donne plus volontiers dans l'érotisme et ce brave Joe d'Amato cadre avec ferveur la moindre foufoune ou paire de seins passant devant son objectif baveux.

David Brandon joue Caligula et, même si il ne possède pas le quart du charisme de ce taré de Malcolm McDowell, l'acteur s'en tire plutôt bien en offrant un sympathique numéro de sadisme, de perversion et de démence. Laura Gemser, toujours aussi belle, incarne pour sa part une jeune femme désireuse de se venger de l'empereur de Rome.

L'intrigue avance donc assez lentement, ponctuée de nudité et de violence, sans que Joe d'Amato ne parvienne vraiment à retenir l'attention. Toutefois il offre à ses fans deux scènes anthologiques: dans la première une figurante boulotte masturbe longuement le membre énorme d'un cheval avant de se faire prendre par l'étalon (cette dernière partie étant toutefois uniquement suggérée!); dans la seconde un "traître envers Rome" subit une torture authentique, l'empalement par une tige métallique enfoncée dans le rectum et ressortant par la poitrine avec de belles éclaboussures écarlates.

Le reste du métrage est typique du savoir-faire de Joe d'Amato et s'apparente essentiellement à un soft-core transposé dans des décors antiques. Les séquences authentiquement porno ne sont pas très nombreuses mais possèdent évidemment le côté outrancier et décadent propre au maître italien de l'exploitation. Viols, insertions de gode, séquences chaudes avec un nain,…la pièce centrale restant une très longue orgie qui se déroule alors que deux gladiateurs se frappent dessus à coups de "poing américain", projetant des jets de sang sur les participants manifestement très excités.

Au total, CALIGULA 2 est une petite production certes sympathique mais indubitablement décevante qui ne doit sa renommée qu'à une poignée de scènes "dérangeantes". Cela reste pourtant une vision conseillée pour les fans du cinéaste italien même si il faut avouer que ce CALIGULA 2 finit par tourner un peu en rond, au point de se révéler ennuyeux.

Le double dvd (de bonne facture) édité par Bach Films propose le monage intégral du film ainsi que la version (trop) longue réservée aux curieux. Au choix nous pouvons visionner la version française, anglaise, italienne ou allemande. Le tout est agrémenté de quelques bonus signés Sébastien Gayraud, auteur d'un indispensable livre sur Joe d'amato aux éditions Artus Films. Le film bénéficie ainsi d'une belle présentation et d'un digipack assez classieux qui en font un incontournable des amateurs de bis historico porno gore décadent. Il y en a!

 

Fred Pizzoferrato - Juillet 2007 (révisé en mai 2016)