CALIGULA 3: LES ORGIES DE CALIGULA
Titre: Roma. L'antica chiave dei sensi
Caligula's Slaves
Caligula III / Orgies of Caligula
Réalisateur: Lorenzo Onorati
Interprètes: Robert Gligorov

 

Sandra Venturini
Aldo Ralli
Maurice Poli
Gianfranco Parolini
Laura Colucci
Aldo Sambrell
Année: 1984
Genre: Péplum érotique
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

La sortie du porno historique à gros budget CALIGULA, réalisé par Tinto Brass et produit par Bob Guccione, entraina une brève résurgence du péplum dans la Péninsule et en Espagne. Genre quasiment né avec le cinéma, le grand spectacle épique inspira les cinéastes italiens dès les débuts du XXème siècle et connu son apogée au cours des années ’50 / ’60 avant de s’effacer des écrans sous la poussée du western spaghetti.

La publicité générée par la préparation de CALIGULA inspira évidemment les suiveurs, pressés de proposer leur propre spectacle sanglant et érotique mais, privés des investissements généreux octroyés par Penthouse, leurs films ressemblent, hélas, à de piètres séries Z d’exploitation.

Se succédèrent, durant une petite décennie, MESSALINE IMPERATRICE ET PUTAIN (Sergio Corbucci), THE HOT NIGHTS OF CALIGULA (Roberto Bianchi Montero), CALIGULA 2: LA VERITABLE HISTOIRE (Joe d’Amato) puis le diptyque composé de CALIGULA ET MESSALINE et LES AVENTURES SEXUELLES DE NERON ET POPPEE, coréalisés par Antonio Passalia et le redoutable Bruno Mattei. Enfin, l’Espagnol Jaime J. Puig proposa une trilogie antique comprenant UNE VIERGE POUR CALIGULA, MESSALINE ET AGRIPPINE et BACCANALAS ROMANES 2.

On dénombre encore l’un ou l’autre « péplum cochon » plus mineur (et minable) mais, au milieu des années ’80, la mode finit par lasser, témoignant aussi de la fin du bis italien. Seul l’infatigable Joe d’Amato revint sur le sujet à la fin de sa carrière avec CALIGULA THE DEVIANT EMPEROR, NERONE, PERVERSIONI DELL' IMPERO, MESSALINA THE VIRGIN EMPRESS et LES AVENTURES SEXUELLES D’ANTOINE ET CLEOPATRE, tournés en vidéo, carrément porno et, malheureusement, d’une complète platitude.

Pas vraiment du grand art, tous ces dérivés du chef d’œuvre de Tinto Brass mais, au moins, la plupart donnent au spectateur ce qu’il recherche, à savoir du sexe et de la violence. Bien sûr, faute de moyens tout cela manque d’ampleur : les orgies romaines paraissent tristounettes, les jeux du cirque réduits à quelques escarmouches et les séquences spectaculaires sont des stock shot grossiers de productions antérieures plus fortunées.

Avatar tardif de cette vague, LES ORGIES DE CALIGULA pompe vigoureusement le CALIGULA 2 LA VERITABLE HISTOIRE de Joe d’Amato, au point que certains distributeurs n’hésitèrent pas à le rebaptiser CALIGULA 3. Lorenzo Onorati, dont la carrière, longue d’une douzaine d’années, compte une petite trentaine de long-métrages, majoritairement X, raconte par conséquent une histoire bien connue, celle de l’Empereur Fou Caligula.

Au début de son règne, le jeune Caligula se montre juste et apprécié des Romains mais, peu à peu, il se laisse aller à la luxure et organise de fastueuses orgies, livrant de belles esclaves à l’appétit de ses amis. Un jour, cependant, l’empereur tombe amoureux d’une ravissante danseuse, ignorant que celle-ci a été choisie pour le séduire et l’assassiner. A sa grande surprise, la demoiselle succombe pourtant aux charmes de Caligula, qu’elle découvre attentionné et romantique. Mais le sénateur Lucius continue de penser qu’il serait bon de supprimer le maître de Rome et entend bien poursuivre son plan.

Rien de novateur au programme de ce nouveau CALIGULA qui se contente de reprendre des éléments déjà vus dans CALIGULA et CALIGULA 2 : LA VERITABLE HISTOIRE. Le souverain romain est, cette fois, incarné par Robert Gligorov, un débutant inconnu (il apparaitra ensuite dans BLOODY BIRD, MURDER ROCK et ONZE JOURS ET ONZE NUITS avant de totalement disparaître des écrans) ayant une certaine ressemblance physique avec Malcolm McDowell mais, malheureusement, pas le centième de son talent.

Excepté Gianfranco Parolini (réalisateur, entre autre de LE RETOUR DE SABATA, ADIOS SABATA et YETI LE GEANT D’UN AUTRE MONDE) dans le rôle secondaire du sénateur Lucius (il signe également le scénario de ces ORGIES DE CALIGULA), le reste du casting se compose essentiellement de débutants et de nymphettes peu farouches. Malheureusement, l’érotisme n’est guère développé et se limite à l’une ou l’autre scène gentiment sexy. La violence, pour sa part, reste tout aussi limité et fort peu spectaculaire, bien loin du sadisme du Joe d’Amato ou de la démesure du Tinto Brass.

L’aspect historique, lui, apparaît d’une pauvreté et d’une indigence regrettable tant le budget microscopique ne permet que des reconstitutions de bas étage, entrecoupés de stock shots censés donner une certaine ampleur à ce sous-produit. Bref, la misère la plus complète et aucune scène érotique ou violente pour maintenir l’intérêt, un comble dans un métrage d’exploitation. Notons d’ailleurs les prétentions du script, voulu intelligent et dramatique, qui tentent d’élever le sujet mais le manque de budget et la platitude de la réalisation annihilent tous les efforts du scénariste.

Dénué de gore, pauvre en érotisme, minable et mal fichu, LES ORGIES DE CALIGULA constitue sans hésiter le fond du panier en matière de sexploitation historique. L’ensemble, pénible, n’est même pas divertissant au second degré et se révèle un complet ratage sur lequel seuls les inconditionnels du « porno péplum » voudront jeter un œil…quitte à en ressortir profondément déçus.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2011