NUITS DE LA VIOLENCE (CALL GIRLS 66 )
Titre: le Notti della violenza
Réalisateur: Roberto Mauri
Interprètes: Alberto Lupo

 

Hélène Chanel
Marilù Tolo
Lisa Gastoni
Cristina Gaioni
Nerio Bernardi
 
Année: 1965
Genre: Thriller / Giallo
Pays: Italie / USA
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1965, CALL GIRLS 66 constitue un exemple représentatif du proto giallo des années ’60. Le long-métrage égrène ainsi quelques conventions ensuite reprises par bien des titres ultérieurs : voyeur suspecté, souteneur louche, réseau de prostitution, trafic de stupéfiant, civil (ici la sœur de la première victime) menant l’enquête pour coincer le meurtrier, etc.

Afin de meubler sa maigre intrigue, le cinéaste dévie d’ailleurs, durant toute la partie centrale du récit, de sa trame principale à base de serial killer mystérieux pour verser dans un polar mollasson tandis que les policiers essayent de démanteler une organisation maffieuse. Le métrage débute par un assassinat, celui de la jeune et séduisante Carla par un inconnu. Sa sœur décide de mener l’enquête pour suppléer aux investigations, comme souvent inefficaces, des forces de l’ordre. Toutefois, le commissaire chargé de résoudre l’affaire finit par mettre un jour un réseau clandestin de prostitution lié à un trafic de drogues. Carla, en effet, se prostituait…

En dépit d’une durée restreinte, CALL GIRLS 66 parait bien languissant, encombré de passages inutiles comme ces numéros musicaux, jadis branchés, mais aujourd’hui terriblement ringards. Reste une atmosphère angoissante parfois effective servie par une jolie photographie en noir et blanc et quelques moments de suspense empreints d’un érotisme totalement suranné qui rendent néanmoins l’ensemble divertissant pour les nostalgiques et, surtout, pour les plus indulgents.

L’assassin, finalement dévoilé durant le climax, se révèle pour sa part plus pathétique qu’effrayant et révèle les horribles stigmates d’une exposition à la radioactivité durant la Seconde Guerre Mondiale. Défiguré et devenu fou, notre maniaque se venge en assassinant des jolies demoiselles.

Peu de choses à dire sur ce CALL GIRLS 66 à présent très daté et n’ayant plus guère d’intérêt autre qu’historique. Les défricheurs compulsifs du giallo seront sans doute heureux de découvrir cette oeuvre liminaire du genre mais la plupart des spectateurs risquent malheureusement de s’y ennuyer copieusement en dépit d’une durée pourtant restreinte.

 

Fred Pizzoferrato - Février 2014