TERREUR CANNIBALE
Titre: Terreur Cannibale / Cannibal Terror
Réalisateur: Julio Perez Tabernero
Interprètes: Gérard Lemaire

 

Sylvia Solor
Pamela Stanford
 
 
 
 
Année: 1982
Genre: Horreur / Gore / Cannibales / Video Nasty
Pays: France / Italie
Editeur  
0 /6
Critique:

Un gros navet n'ayant pas suffi, la joyeuse équipe de Eurociné remet le couvert pour une nouvelle production orientée cannibalisme et aventure. Et un résultat affligeant, au point de faire passer le sinistre MONDO CANNIBAL pour un chef d'œuvre. Le scénario est consternant: deux voyous minables vivotent dans un pays d'Amérique du Sud en compagnie d'une pute fatiguée. Un jour ils décident de kidnapper une petite fille et de fuir on ne sait trop où afin de toucher une rançon plantureuse. Ils se réfugient donc chez Don Pépé mais les choses se gâtent lorsque déboule une bande de cannibales. Ceux-ci sont très visiblement des Européens à peine bronzés et maquillés à gros traits mal appliqués, telle une gothique en virée à sa première soirée bat-cave.

Bref, c'est désolant, d'autant que les figurants, sûrement très mal payés, ont bien du mal à se montrer convaincants lorsqu'ils dansent sans le moindre rythme. Le spectateur attentif remarquera d'ailleurs que certains rigolent doucement dans le fond de l'écran et qu'ils ont l'air de s'amuser. Plus que le spectateur en tout cas. Donc, nos indigènes capturent une complice des kidnappeurs, lesquels s'empressent courageusement de fuir tandis que la pauvre est débitée en tranches et dévorée avec empressement.

Le réalisateur ne se prive pas de détailler les sauvages se goinfrant de tripes et de viandes crues qu'ils se disputent comme des gamins en récréation. Pathétique. Un peu plus tard, un des deux voyous, nommé Mario, décide de violer la femme d'un certain Antonio, encore un gangster vivant dans la jungle. Celui-ci doit s'absenter trois jours mais il revient finalement plus vite qu'il n'était parti, soit au bout de dix minutes montre en main. Trop tard: Mario a attaché son épouse à un arbre et l'a violée complaisamment durant cinq bonnes (surtout pour lui!) minutes. Rarement à t'on vu une prestation d'acteur aussi ridicule. La demoiselle crache, hurle, supplie, bref, fait tout ce qui est humainement possible pour suggérer l'horreur de la situation sans parvenir ne serait-ce qu'une seconde à se montrer crédible. Mais le violeur joue tout aussi mal et la scène, sûrement voulue chaude et érotique, ne parviendrait même pas à émouvoir un marin après six mois de voile en solitaire. Insupportable!

Nous retrouvons donc Antonio fort fâché qui cherche sa femme durant cinq nouvelles minutes interminables. Il la trouve, comprend l'ignominie et décide de se venger en organisant une partie de chasse dont Mario sera le gibier. Après une longue (oh oui, c'est long!) ballade dans ce qui ressemble furieusement à une colline du Sud de la France, Antonio siffle ses amis indigènes, lesquels arrivent et croquent Mario tout cru. Ensuite c'est la fin pour nos voyous kidnappeurs qui aboutissent aux mains des anthropophages. Les parents retrouvent leur gamine et le film se termine ainsi.

Modèle absolu pour tous les cinéastes en herbe, TERREUR CANNIBALE accumule toutes les erreurs et maladresses possibles et rarement aura-t-on assisté à un tel étalage de bêtise. Le premier quart d'heure est à ce point affligeant qu'il en est drôle: dialogues inimaginables, interprétation calamiteuse, mise en scène inexistante, etc. Ensuite, le seul intérêt du film consiste à s'esclaffer devant les têtes de mort en plastique et les maquillages gore d'une absolue médiocrité.

En bref, TERREUR CANNIBALE mérite une place de choix dans un top10 des pires séries Z jamais tournées.

Pour l'édition DVD, pas d'effort non plus: les couleurs sont ternes et baveuses, les défauts de l'image constants et la piste son (uniquement française) craque et crisse au point de rendre certains passages franchement pénibles. En bref, le DVD n'utilise aucune possibilité du support, ne livre aucun bonus notables (quelques photos et affiches) et s'apparente à une vieille K7 transposée telle qu'elle sur la galette. Une honte!

octobre 2006