CELESTINE BONNE A TOUT FAIRE
Titre: Célestine...bonne à tout faire
Réalisateur: Jesús Franco
Interprètes: Lina Romay

 

Olivier Mathot
Pamela Stanford
Howard Vernon
Richard Bigotini
Monica Swinn
Nadine Pascal
Année: 1974
Genre: Comédie érotique
Pays: France
Editeur Artus Films
Critique:

1974 est une année faste pour Jésus Franco puisqu’il réalise une dizaine de films dans des genres très variés. Du Women In Prison QUARTIER DE FEMMES au péplum saugrenu MACISTE CONTRE LA REINE DES AMAZONES en passant par le giallo NIGHT OF THE ASSASSINS et le très réussi EUGENIE, le cinéaste explore la plupart des filons porteurs du cinéma populaire.

Avec CELESTINE BONNE A TOUT FAIRE, Franco s’attaque à la comédie érotique même si le résultat ressemble surtout à un Vaudeville grivois dont les intentions « sexy » restent limitées.

Suite à la fermeture d’un bordel, la belle prostituée Célestine (Lina Romay) se retrouve sans emploi. Fuyant à la campagne, elle arrive dans la propriété d’un homme riche et respectable où elle réussit à être engagée en tant que bonne à tout faire. Et, forcément, Célestine se révèle aussi bonne que prête à tout pour satisfaire le châtelain Fernand, son épouse, son fils, le grand-père, le jardinier, le majordome, etc.

Adapté, pour l’alibi culturel, du roman « Le journal d’une femme de chambre » d’Octave Mirbeau, CELESTINE BONNE A TOUT FAIRE est une comédie à petit budget dont toute l’action, ou presque, se voit confinée dans une vaste demeure peuplée de personnages excentriques et très portés sur les plaisirs de la chair. Rien de nouveau en fait puisque ce type d’intrigue devait resservir, avec quelques variations mineures, dans des dizaines de « sexy comédies ».

Mais les principaux atout du long-métrage sont ailleurs. Lina Romay, au sommet de sa beauté, est ainsi détaillée sous toutes les coutures par un Franco complètement amoureux de sa nudité candide. Dans pratiquement chaque scène, la belle exhibe ses seins, sa chatte ou son cul, pour le plus grand plaisir du spectateur ravit devant tant de grâce naturelle. Par sa seule présence, l’actrice rend CELESTINE BONNE A TOUT FAIRE sensuel et parfois érotique et lui évite de sombrer dans la simple gaudriole vulgaire.

Les complices habituels du réalisateur sont également de la partie, comme Olivier Mathot, Pamela Stanford ou Monica Swinn. Dans le rôle d’un vieillard impuissant à qui Célestine fait lecture de romans cochons et qui, naturellement, retrouvera sa vigueur sous la bouche de la belle, Howard Vernon en fait, lui-aussi, des tonnes mais son cabotinage rend l’entreprise bien sympathique.

Nul ne semble, en réalité, prendre très au sérieux ce petit film, une simple commande du producteur Robert de Nesles (celui de JUDEX et des LEGIONS DE CLEÔPATRE) mais cette décontraction s’avère finalement estimable, d’autan que Franco soigne cependant sa mise en scène, débarrassée de ses « tics » les plus pénibles.

Bien servi par une jolie photographie mais malheureusement gâté par une partition musicale imbuvable, CELESTINE BONNE A TOUT FAIRE se permet même un plan final de toute beauté et pratiquement émouvant qui étonne dans cette ambiance sinon totalement décontractée. L’utilisation fétichiste de dessous « sexy » du début du vingtième siècle rend, en outre, CELESTINE BONNE A TOUT FAIRE plaisant au regard et change agréablement des tenues plus contemporaines généralement prisées dans la comédie érotique.

En dépit de ses longueurs et de ses nombreuses faiblesses, CELESTINE BONNE A TOUT FAIRE demeure donc amusant. La meilleure scène montre d’ailleurs une Lina Romay fatiguée et endormie « contrainte » de répondre aux désirs de sept personnes, chacune finissant cachée dans la chambre à l’arrivée de la suivante. Un pur moment de Vaudeville paillard qui renouvelle gentiment le thème éculé de l’amant dans le placard.

Œuvre sans doute très mineure de Jésus Franco, CELESTINE BONNE A TOUT FAIRE n’en est pas moins une divertissante comédie, portée par quelques gags efficace, un fétichisme plaisant et, surtout, le physique avenant de Lina Romay et ses copines. Un bon moment, sans plus ni moins.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2013