LES ANGES DU MAL
Titre: Chained Heat
Réalisateur: Paul Nicholas
Interprètes: Linda Blair

 

John Vernon
Sybil Danning
Tamara Dobson
Stella Stevens
Henry Silva
Monique Gabrielle
Année: 1983
Genre: Women In Prison
Pays: USA / Allemagne
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1983, LES ANGES DU MAL appartient au sous-genre très codifié des Women In Prison (autrement dit les « films de prisons de femmes »). En dépit de son classicisme et d’une relative timidité (nous sommes loin des outrances proposées précédemment par Jess Franco ou Bruno Mattei), cette modeste production s’imposa rapidement comme un incontournable des vidéoclubs et un classique mineur du cinéma d’exploitation des années 80.

L’intrigue, elle, n’a rien de novateur et se conforme à toutes les conventions attendues. Une jeune femme, Carol (Linda Blair), est envoyée en prison pour le meurtre accidentel d’un homme. A l’intérieur du pénitencier, Carol découvre un véritable enfer et une stricte ségrégation des prisonniers selon leur couleur de peau. Les Noires sont menées par Duchesse (Tamara Dobson) tandis que les Blanches sont dirigées par la très cruelle Erika (Sybil Danning). De nombreux affrontements surviennent entre les clans mais les gardiennes, menées par Taylor (Stella Stevens), préfèrent généralement détourner le regard. Lester, le chef de l’établissement (Henry Silva) souhaite, de son côté, monnayer une remise de peine avec Carol en échange de quelques moments de plaisantes intimité ce qui n’est guère au goût de l’intéressée…La situation, potentiellement explosive, menace dès lors d’éclater à tout moment et de mener les détenues à la révoltes.

Sans surprise mais efficace, LES ANGES DU MAL déroule tous les éléments qui rendent ce genre de produits divertissants pour les cinéphiles pervers. Scène de douche, viols, saphisme, violence, sadisme,…le cinéaste connait ses gammes et joue tranquillement la petite musique de l’exploitation en ayant soin de dénuder au maximum ses interprètes féminines. Bien sûr, tout cela reste plutôt timide, loin des excès d’ILSA ULTIMES PERVERSIONS ou de PENITENCIER DE FEMMES. Le long-métrage évite ainsi le graveleux ou l’inutilement choquant pour privilégier une ambiance très « bande dessinée pour adultes » avec son quota de scènes gentiment sexy et son climax orienté vers l’action aussi prévisible que plaisant.

Le casting de premier choix distingue également LES ANGES DU MAL du tout venant du Women In Prison. Dans le rôle principal, nous retrouvons Linda Blair, gamine possédée de L’EXORCISTE et de sa suite (L’HERETIQUE) prête à s’engager dans une bizarre carrière bis qui la vit fréquenter à plusieurs reprises les geôles mal famées (on la revit dans CHALEUR ROUGE et le film de montage SAVAGE ISLAND). Cependant, Linda Blair apparait curieusement amorphe et, selon ses dires, ne s’attendait absolument pas à ce genre de produit d’exploitation : pensant signer pour un drame carcéral « sérieux », elle aurait découvert, au fil des réécritures, la véritable nature du projet.

Le rôle de la sadique lesbienne est, pour sa part, dévolu à la teutonne Sybil Danning, spécialiste du cinéma érotique et d’exploitation dont la carrière va du « prestigieux » AIRPORT 80 : CONCORDE au piteux et involontairement drôle HURLEMENTS 2 en passants par LES AMANTS DE LADY CHATTERLEY 2 et S.A.S. A SAN SALVADOR. Stella Stevens (BODY CHEMISTRY 3 et 4) et la débutante Monique Gabrielle (qui s’installa, brièvement, dans le fauteuil d’osier d’Emmanuelle à l’occasion du cinquième opus de la franchise) complète la distribution féminine.

Du côté de la gent masculine, LES ANGES DU MAL peut s’enorgueillir de la présence du vétéran John Vernon, vu dans des kilos de séries télévisées mais également dans L’INSPECTEUR HARRY et une poignée de westerns. Enfin, on note encore le rôle d’Henry Silva qui, la même année, tournait dans le très bis LES GUERRIERS DU BRONX 2. Bref, un casting propre à faire saliver l’amateur de cinéma d’exploitation rassemblé par le scénariste et réalisateur Paul Nicholas.

Si LES ANGES DU MAL ne révolutionne en rien un sous-genre excessivement codifié et souvent très pauvre cinématographiquement (mais sacrément divertissant !), il s’inscrit cependant dans le haut du panier du Women In Prison. Des détenues (souvent nues), de l’action, des comédiens que l’on aime voir ou revoir, fut-ce dans ce genre de produits fauchés, et un rythme correct qui alterne érotisme plaisant et violence gentiment sadique rendent, au final, LES ANGES DU MAL bien agréable à suivre même si nous sommes, évidemment, loin d’une perle de cinémathèque.

 

Fred Pizzoferrato - Décembre 2013