A CHINESE TORTURE CHAMBER STORY II
Titre: Moon ching sap daai huk ying ji chek law ling jeung
Réalisateur: Kin-Nam Cho
Interprètes: Mark Cheng

 

Wai Lam
Yolinda Yam
Faan Yeung
Hung Yeung
 
 
Année: 1998
Genre: Erotique / Horreur / Tortures / Drame
Pays: Hong Kong
Editeur  
Critique:

Spécialiste de l’exploitation toujours prompt à creuser un filon rentable, Wong Jing ne pouvait que proposer une séquelle au premier A CHINESE TORTURE CHAMBER STORY, devenu un « classique » modeste de la Catégorie III. Confiée à Cho Kin-Nam, précédemment coupable de l’atterrant THE GODS MUST BE FUNNY IN CHINA (cinquième volet des DIEUX SONT TOMBES SUR LA TÊTE), cette séquelle va nettement plus loin que le premier épisode et ne lésine nullement sur le gore et le sexe.

L’intrigue, elle, rappellera sans doute des souvenirs aux amateurs de cinéma chinois puisqu’elle reprend effrontément la trame du FRERES DE SANG réalisé par Chang Cheh un quart de siècle plus tôt. La différence? L'exploitation pure et la totale complaisance ! Ma Sun Yee, parti à la capitale pour devenir général, tombe sur de petits voleurs qu'il prend en pitié: Wong Chung et Cheung Ma Cheong. Ma Sun Yee, invité par les deux hommes, rencontre ensuite Lotus, la future femme de Cheung. Ma leur promet de ne pas les oublier une fois parvenu au sommet mais le pouvoir le transforme en un tyran sanguinaire et arrogant. Lorsqu’il est finalement assassiné, les soupçons se portent sur sa dernière maîtresse, laquelle sera complaisamment suppliciée afin de la faire avouer.

Comme souvent dans les productions Wong Jing, A CHINESE TORTURE CHAMBER STORY 2 n’entretient aucun lien avec le premier volet de la saga, excepté une semblable thématique et le souhait de soumettre, durant 90 minutes, de désirables demoiselles à d’inimaginables séances de tortures. Toutefois, cette « pseudo suite » reprend la structure de l’original, à savoir un long flashback qui explique la destinée des divers protagonistes avant qu’ils n’échouent entre les mains des bourreaux. Mais une différence de taille existe : si le premier film jouait la carte de l’humour absurde et versait dans une outrance franchement parodique le rendant, finalement, inoffensif dans ses outrances, A CHINESE TORTURE CHAMBER STORY 2 se veut pour sa part sérieux et rappelle les naziexploitations les plus excessives dans sa volonté de choquer à tout prix.

Emporté par son enthousiasme, le cinéaste multiplie donc les scènes corsées afin de secouer les plus endurcis : cire brûlante versée dans les oreilles, prisonnière violée à l'aide d'un gode métallique chauffé au rouge, sodomie avec un pinceau de calligraphie, etc. Cho Kin-Nam ne fait pas dans la dentelle fine mais plutôt dans l’exploitation extrême et fortement déconseillée aux personnes sensibles.

Au niveau de la violence pure, A CHINESE TORTURE CHAMBER STORY 2 se complait également dans l’excès et multiplie les décapitations et autres séquences sanglantes héritées, elles, des long-métrages de Chang Cheh. En clair, ça saigne abondamment et par tous les orifices possibles, qu'ils soient naturels ou crées à grands coups d'épée! Autre mamelle indispensable de l’exploitation crapoteuse, le sexe est, évidemment, très présent et souvent mêlé à la souffrance et au sadisme. On retiendra, en particulier, le supplice ultime auquel doit faire face l’héroïne, attachée dans un filet semblable à une toile d'araignée et condamnée à se voir prélever mille morceaux de peau (!) avant que ses seins ne soient tranchés. Amis du bon goût, bonsoir, vous pouvez passer votre chemin!

La pauvre demoiselle en question est, étonnamment, incarnée par Yolanda Yam, laquelle jouait Sally dans l’excellent UNE BALLE DANS LA TÊTE réalisé par John Woo sept ans auparavant. La belle effectue ici son comeback après une longue absence des écrans. Drôle d'idée d’avoir accepté un rôle aussi extrême pour effectuer son retour mais il ne faut s'étonner de rien dans le monde déviant du bis made in Hong Kong où les frontières entre cinéma « populaire » et « respectable » s’effacent souvent. Cela explique sans doute cette tendance, assez unique, des comédiens à enchainer une « grosse » production prestigieuse réalisée par un cinéaste honoré et une « bisserie » au budget rachitique torché par un yes man anonyme. Evidemment, l'interprétation s’avère tout juste passable, quoique le jeu outré et cabotin des principaux acteurs offre un charme pervers à l'ensemble du long-métrage.

La réalisation, elle, se réduit à une simple illustration, sans beaucoup d'imagination, des différentes séquences même si le niveau reste correcte et évite les erreurs en pagailles de certains sous-produits hongkongais. Le budget restreint ne permet pas, de toute façon, autre chose qu'un produit hâtivement emballé qui, visuellement, se rapproche d’un téléfilm érotique de fin de soirée, le sadisme sanglant en prime. Pas très soigné, peu original et souvent tiré en longueur (la première moitié du film peine à démarrer), CHINESE TORTURE CHAMBER STORY 2 compense ces faiblesses par le niveau important de cruauté déployés. Les nombreuses scènes sanglantes et l'aspect très chaud de la plupart des passages sexy lui confèrent, d’ailleurs, un aspect franc du collier qui saura satisfaire les amateurs de titres extrêmes comme ILSA LOUVE DES SS, INCREDIBLE TORTURE SHOW ou CALIGULA 2. Le scénario, plus intéressant et développé que de coutume, parvient, pour sa part, à maintenir l’intérêt hors des scènes de pure exploitation.

Si A CHINESE TORTURE CHAMBER STORY 2 ne prétend pas être un incontournable du cinéma déviant ni même un « vrai » bon film, il offre au spectateur son content de séquences érotiques et/ou violentes. Une générosité appréciable qui rend l’entreprise distrayante pour les plus pervers.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2013