LA CLINIQUE DES FANTASMES
Titre: La clinique des fantasmes
Réalisateur: Gerard Kikoïne
Interprètes: Richard Allan

 

Alban Cerray
Mika Barthel
Brigitte Lahaie
Jean-Pierre Armand
Cathy Stewart
Julia Perrier
Année: 1978
Genre: Porno
Pays: France
Editeur Alpha France
Critique:

Réalisé par Gérard Kikoïne en 1978, LA CLINIQUE DES FANTASMES appartient sans conteste à l’âge d’or du cinéma pornographique français. A cette époque les cinéastes oeuvrant dans le X s’embarrassent encore d’un minimum de scénario, fut il rudimentaire, et certains soignent suffisamment le produit pour échapper aux pièges de la simple enfilade de scènes osées. Kikoïne, un des réalisateurs les plus intéressants du porno français, combine un vrai sens de la mise en scène (l’utilisation des cadrages biscornus et des plans déjantés) avec une énergie hardcore assez réjouissante tant le bonhomme n’hésite pas à recourir à des séquences franchement chaudes.

Ayant débuté avec PARTIES FINES, devenu depuis un petit classique, le cinéaste va enchainer avec une trentaine de films en 7 ou 8 ans, dont une bonne partie sont à présent reconnus comme de belles réussites du genre (PRISON TRES SPECIALE POUR FEMME, DANS LA CHALEUR DE SAINT TROPEZ, L’INFIRMIERE, et BOURGEOISE ET PUTE…). Au milieu des années 80, Kikoïne, alors à peine âgé de 40 ans, quitte le milieu du X pour se reconvertir dans l’aventure historique (DRAGONARD et sa suite MASTER OF DRAGONARD HILL) et l’horreur (BURIED ALIVE et EDGE OF SANITY avec Anthony Perkins). Après un épisode de la série télévisée « Commissaire Moulin », Kikoïne prend sa retraite définitive en 1990.

Dans LA CLINIQUE DES FANTASMES le cinéaste va s’entourer des plus fameux « hardeur » du cinéma français, à savoir Richard Allan et Alban Cerray. Le premier, alors âgé de 36 ans, campe le médecin héros de l’intrigue et montre son savoir faire dans de nombreuses situations comico-sexuelles. Allan commença sa carrière dès 1975 et tourna plus de 160 films jusqu’au parodique et nostalgique LES TONTONS TRINGLEURS en 2000. Contrairement à d’autres figures (hum !) connues du X, Allan tourna fort peu hors du porno mais on le retrouve quand même dans deux productions Z de nazi-exploitation commises par le pornocrate Alan Payet : NATHALIE RESCAPEE DE L’ENFER et HELGA, LA LOUVE DE STILBERG. Alban Ceray connaitra une carrière similaire mais n’arrêtera jamais de tourner, de ses débuts en 1975 jusqu’à la fin des années 2000.

Toutefois l’amateur sera sans doute plus intéressé par la présence de la plus grande porno star française, la belle Brigitte Lahaie, laquelle fréquente brièvement cette CLINIQUE DES FANTASMES pour une séquence assez bizarre et réussie. Cependant, le film met surtout en vedette Mika Barthel dans le rôle d’une infirmière délurée, rigolote et un peu vulgaire.

Si le scénario n’est pas franchement développé ni original, Kikoïne utilise toutefois de nombreux fantasmes classiques et se permet une utilisation assez fréquente d’objet du quotidien détournés par nos demoiselles. Citons en particulier le passage où une comtesse dévergondée se retrouve avec une bouteille de Coca coincée dans son intimité tandis que sa femme de chambre est entreprise par un domestique sur une table de billard avec, justement, une queue (de billard !).

LA CLINIQUE DES FANTASMES ne cherche pas à révolutionner le cinéma X et Kikoïne reste modeste dans la prétention, cherchant simplement à offrir un porno enlevé (le rythme ne faiblit jamais et les séquences X sont courtes et nombreuses), variant les positions et les ustensiles tout en usant d’un certain humour grivois et de dialogues volontairement idiots.

La progression dans le hard s’avère savante et LA CLINIQUE DES FANTASMES se montre de plus en plus osé, aboutissant au final à un très sympathique divertissement pour adulte jamais ennuyeux, aidé par une durée adéquate de 70 minutes.

Bref, une jolie petite réussite dans un genre qui en compte peu.

 

Fred Pizzoferrato