COCKNEY Vs ZOMBIES
Titre: Cockneys Vs Zombies
Réalisateur: Matthias Hoene
Interprètes: Harry Treadaway

 

Alan Ford
Michelle Ryan
Honor Blackman
Richard Briers
Tony Gardner
 
Année: 2012
Genre: Horreur / Comédie / gore
Pays: Grande-Bretagne
Editeur  
Critique:

A la lecture du titre et l’énoncé du pitch, bien des spectateurs s’exclameront sans doute « oh non, pas encore une comédie gore avec des zombies ». Difficile, en effet, d’innover après les excellents SHAUN OF THE DEAD et BIENVENUE A ZOMBIELAND, voire l’amusant DOGHOUSE et les déjà plus anciens LE RETOUR DES MORTS VIVANTS, REANIMATOR ou BRAIN DEAD.

Dès lors, il serait tentant de balayer ce COCKNEYS Vs ZOMBIES en apparence opportuniste (les morts vivants n’ont jamais été aussi tendance que ce soit sur les grands ou les petits écrans) d’un revers de la main dédaigneux. A tort car, si le film ne se hisse pas au niveau des titres précités, il n’en reste pas moins plaisant et offre quelques variations non négligeables sur un thème aujourd’hui rabâché.

Des ouvriers travaillant dans la banlieue de Londres mettent à jour une antique tombe médiévale qu’ils s’empressent d’explorer. Ce faisant, ils libèrent une horde de morts vivants affamés qui ne tardent pas à répandre le mal sur la capitale anglaise. Pendant ce temps, deux jeunes frères, Terry et Andy, essaient de sauver la maison de retraite de leur grand-père promise à une prochaine démolition. Pour obtenir l’argent nécessaire, les deux hommes s’associent à un truand local et à quelques losers du coin avant de braquer une banque. Ils prennent en otage deux membres du personnel mais, en ressortant de l’établissement, le gang constate que les zombies ont envahis les rues londoniennes.

Pour son second film (après BEYOND THE RAVE qui marquait la renaissance attendue de la Hammer films), Matthias Hoene s’attaque aux zombies, actuellement fort en vogue, en mélangeant la comédie, l’horreur gore et une louche de critique sociale bien amenée et jamais envahissante. Très anglaise, la concoction offerte s’appuie, en premier lieu, sur une poignée de personnages bien typés et sympathiques. Le long-métrage réserve ainsi des rôles développés et intéressants à d’anciennes gloires comme Tom Ford ou l’ex-James Bond girl octogénaire Honor Blackman. Les scènes dans la maison de retraite sont, d’ailleurs, les plus réussies, à la fois humoristiques et touchantes, en plaçant au premier plan interprètes d’un âge canonique.

A la manière de BUBBA HO TEP, le cinéaste orchestre quelques tableaux nostalgiques dans lesquels la gravité le dispute au second degré, en particulier lors d’une impayable course poursuite entre un pépé en déambulateur et une poignée de zombies lymphatiques. Dommage que la partie consacrée au braquage et à ses conséquences, lorsque les apprentis truands se réfugient dans un entrepôt, se révèle longuette et peu inspirée en multipliant les situations attendues et les répliques de type « punchline ». Matthias Hoene se réfère alors ouvertement à des cinéastes comme Guy Ritchie ou Quentin Tarantino mais ne parvient pas à transcender les limites de son sujet et son budget modeste.

Heureusement, ce ventre mou s’estompe lors du dernier tiers, un affrontement certes linéaire mais indéniablement jouissif entre les survivants et les morts qui marchent. Le cinéaste laisse alors libre cours à ses penchants pour le gore et aligne les cartons sur les zombies, lesquels sont dégommés d’inventive manière à grands renforts d’éclaboussures sanglantes.

Si les effets visuels en CGI ne sont pas toujours convaincants, en particulier les impacts de balles proches d’un jeu vidéo, l’énergie du cinéaste rend le carnage très divertissant par sa générosité. Quelques passages bien pensés (les supporters de football de clubs rivaux continuent à s’affronter à l’arme blanche par delà la mort) permettent d’oublier les fautes de rythmes et les faiblesses du long-métrage, définitivement plus mordant lorsqu’il laisse les « croutons » mener la danse contre les morts vivants à coups de fusil mitrailleur.

D’une durée réduite (environ 80 minutes hors générique), COCKNEYS Vs ZOMBIES assure un spectacle tonique, amusant et finalement bien moins stupide qu’on pouvait le craindre. Une bonne petite surprise dans un genre aujourd’hui encombré de sous-produits interchangeables et dénués d’imagination.

 

Fred Pizzoferrato - Décembre 2012