THE COMEBACK (HALLUCINATIONS)
Titre: The Comeback /
The Day the screaming stopped
Réalisateur: Pete Walker
Interprètes: Jack Jones

 

Pamela Stephenson
David Doyle
Bill Owen
Sheila Keith
Holly Palance
Richard Johnson
Année: 1978
Genre: Thriller / Horreur / Giallo
Pays: Grande Bretagne
Editeur  
Critique:

Un an après SCHIZO, un thriller horrifique à base de machination fortement influencé par le giallo, Pete Walker revient avec…THE COMEBACK, lequel se révèle être…un thriller horrifique à base de machination fortement influencé par le giallo ! Bref, le changement dans la continuité pour le cinéaste britannique qui propose une intrigue pas trop mal ficelée mais, hélas, fort prévisible.

Le chanteur vedette Nick Cooper envisage un fracassant « comeback » après six ans d’absence des studios (« et 6 ans, dans notre métier, c’est très long », lui dit son agent). Pour cela il doit tout d’abord enregistrer un nouvel album sur lequel il commence à travailler dans un vaste manoir isolé dans la campagne. Si Nick a quitté le monde du spectacle à la suite de son mariage avec Gail, ses récents problèmes de couples l’amène à vouloir renouer avec sa carrière et à abandonner sa retraite prématurée. Pendant ce temps, Gail arrive en Angleterre afin de mettre la main sur les affaires les plus monnayables de son bientôt ex-mari. Mais la jeune femme meurt, assassinée par un inconnu masqué qui abandonne son corps. Nick, de son côté, poursuit et termine ses séances d’enregistrement, en apparence très satisfait de la soupe (pardon des compositions) destinée à son futur succès du hit-parade. Débutant une relation avec la secrétaire de son agent, Nick est, toutefois, perturbé par les cris et autres rires maléfiques qui retentissent durant la nuit et l’empêchent de dormir...Quelle peut être la clé du mystère ?

Pas aussi réussi que SCHIZO, ce nouveau thriller horrifique prouve néanmoins que Pete Walker mérite mieux que sa piètre réputation de « faiseur » sadique. L’intrigue, sans grande surprise pour les familiers du giallo auquel Walker emprunte beaucoup, possède cependant d’évidentes qualités et se suit sans déplaisir. La caractérisation des personnages secondaires, par exemple, ne manque pas d’intérêt et le cinéaste détaille leurs différents travers afin de les rendre suspects aux yeux du spectateur. Chacun peut être envisagés comme le coupable potentiel des différents crimes perpétrés dans l’entourage du héros et le whodunit fonctionne même si les plus sagaces comprendront rapidement où Walker veut en venir.

En dépit d’un rythme défaillant et parfois même assoupi, THE COMEBACK maintient l’intérêt, ne serait ce que par son mystère, un peu éventé au fur et à mesure de la projection mais toutefois intéressant. La révélation finale, pas vraiment surprenante, reste plaisante et, à l’image de la plupart des œuvres de Walker, se teinte d’un parfum conservateur, voire réactionnaire, non dénué d’une certaine ironie plus ou moins assumée. Dommage que le cinéaste n’évite pas l’écueil du comique involontaire lors d’un climax raté, voulu terrifiant et, hélas, plus grotesque qu’angoissant.

Les meurtres, eux, sont brutaux et plaisamment mis en scène, Walker entretenant un minimum de suspense avant de balancer le sirop de cassis sur ses pauvres victimes. Le gore se montre d’ailleurs relativement généreux et, même si les crimes ne sont pas très nombreux, ils restent inventifs et efficaces. Intelligemment, THE COMEBACK évite le piège de la surenchère absurde et du n’importe quoi pour privilégier une intrigue cohérente et crédible à condition de ne pas s’appesantir sur certains détails pas très convaincants.

Authentique chanteur qui eut son heure de gloire durant les années ’60, Jack Jones, alors âgé d’une quarantaine d’années, se trouvait, au milieu des années ’70, dans la même position que le héros de THE COMEBACK mais allait retrouver la célébrité en interprétant l’immortel thème de « love boat » (alias « La Croisière s’amuse »). Son interprétation est plus qu’honorable et la vision d’un macho sûr de lui persécuté par un tueur masqué renverse habilement le cliché de la « demoiselle en détresse » cher aux giallos et autres slashers. Une bonne idée à porter au crédit de Peter Walker.

Le reste de la distribution comprend quelques familiers de la télévision comme David Doyle et Pamela Stephenson, aux côtés de Sheila Keith, une habituée du cinéaste, Holly Palance (la fille de Jack, vue en nurse suicidaire dans LA MALEDICTION) et Richard Johnson (LA MAISON DU DIABLE, L’ENFER DES ZOMBIES). Dommage que les chansons entendues dans la bande originale s’avèrent, elles, sans aucun intérêt et proches d’une bouillie d’ascenseur, bref de la « pop lounge » indigeste. Difficile de concevoir que des morceaux aussi insipides puissent fonctionner au hit parade…quoique, vu le niveau de ce qui cartonne sur les radios grand public, rien ne soit finalement impossible.

Empruntant au giallo, aux thrillers « de machination », à l’épouvante gothique et à de vénérables classiques du suspense comme, par exemple, l’inévitable et souvent pillé LES DIABOLIQUES, le film de Pete Walker manque, forcément, d’originalité et de nerf pour être pleinement convaincant.

Toutefois, THE COMEBACK se laisse regarder sans passion mais sans déplaisir et, vu la masse de médiocres titres similaires sortis durant les seventies, ce n’est déjà pas si mal.

 

<== La très belle affiche italienne qui joue ouvertement des codes du giallo.

 

 

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2011