LES COMDAMNES
Titre:  The Condemned
Réalisateur:  Scott Wiper
Interprètes: "Stone Cold" Steve Austin

 

Vinnie Jones
Robert Mammone
Victoria Mussett
Manu Bennett
Christopher Baker
Samantha Healy
Année: 2007
Genre: Action / Science-fiction
Pays: USA
Editeur
Critique:

Les studio WWE avaient plutôt bien débutés dans le septième art avec deux sympathiques véhicules pour The Rock (WELCOME TO THE JUNGLE et le remake de WALKING TALL) et un régressif et bourrin THE MARINE dans lequel John Cena faisait son COMMANDO, sans oublier un slasher sanglant, SEE NO EVIL, qui donnait la vedette à Kane. En 2007, ils tentent d’imposer sur les grands écrans Stone Cold Steve Austin via LES CONDAMNES, film d’action légèrement teinté d’anticipation dont l’intrigue mixe énergiquement BATTLE ROYALE, RUNNING MAN, LE PRIX DU DANGER et l’ancestral LA CHASSE DU COMTE ZAROFF. Nous suivons donc le producteur Ian Beckel décidé à monter un nouveau show retransmis via Internet qu’il espère surclasser les mythiques diffusions du SuperBowl. Le spectacle, intitulé « Les Condamnés », expédie, contraints et forcés, dix condamnés à mort sur une île perdue du Pacifique. Le principe est évidemment simple : ils vont devoir s’entretuer, Beckel promettant la liberté et une forte récompense à l’unique survivant. 

Sorti à la même période que DETOUR MORTEL 2 et succédant à une série de long-métrages exploitant les dérives de la télé-réalité (comme HALLOWEEN RESURRECTION ou le moins friqué SLASHERS), LES CONDAMNES reprend une formule très balisée sous la caméra de Scott Wiper (ensuite responsable du désastreux THE MARINE 3). Bien évidemment, parmi les dix racailles incarcérées, se cache un agent américain infiltré joué par Stone Cold Steve Austin et présenté comme un pacifique patriote souhaitant retourner vivre auprès de sa petite amie. Pour booster les audiences, l’instigateur du show lui écrit d’ailleurs une biographie fictionnelle qui le présente comme un membre du Ku Klux Klan ayant incendié un foyer pour handicapés. Le film prend ainsi le temps de critiquer la télé-réalité et les dérives médiatiques d’une société spectacle dans laquelle personne ne prend le temps de vérifier les allégations des uns et des autres et où la moindre affirmation infondée devient immédiatement une vérité se répandant telle une trainée de poudre à travers la toile. Pas inintéressant mais, hélas, la démonstration socio philosophique se complait dans une lourdeur épuisante qui rend l’ensemble au mieux pesant et au pire ridicule. 

La charge, sans la moindre finesse, se retourne au final contre les auteurs tant le dernier acte enfonce le clou et martèle son message de manière répétitive. Le spectateur se désintéresse par conséquent rapidement de l’intrigue, peu aidée par une caractérisation schématique des protagonistes, tous interchangeables et promis à une mort brutale excepté, bien sûr, un Austin unidimensionnel paraissant souvent égaré dans cette île perdue certes photogénique mais assez mal exploitée. Comme la star du catch possède des talents d’acteur disons limités et, plus grave, pas vraiment de charisme, il n’aide guère à digérer la pilule et les invraisemblances de ces CONDAMNES qui souffrent, en outre, d’une durée bien excessive (près de deux heures pour une telle intrigue minimaliste, est-ce bien raisonnable ?). 

Tout cela serait encore excusable si l’action se montrait au moins efficace mais, là encore, le film loupe le coche et ne propose qu’une série d’affrontements à mains nues vite expédiés et sans saveur. Bref, même au niveau du pur divertissement gonflé à la testostérone, LES CONDAMNES ne fonctionne guère, ce qui n’empêcha pas une séquelle tardive tournée en vidéo en 2015 (LES CONDAMNES 2) donnant cette fois la vedette à Randy Orton.

Fred Pizzoferrato - Décembre 2016