DESIRS MEURTRIERS
Titre: Graffiante desiderio / Craving Desires
Réalisateur: Sergio Martino
Interprètes: Andrea Rontaco

 

Vittoria Belvedere
Serena Grandi
 
 
 
 
Année: 1995
Genre: Thriller érotique
Pays: Italie
Editeur  


Critique:

Luigi, fiancé à une riche héritière ennuyeuse, succombe aux charmes juvéniles de sa cousine, laquelle l'entraîne dans une spirale de perversions (miam!) d'actes de plus en plus dangereux (oh!). La belle nymphette serait-elle une dangereuse schizophrène meurtrière à ses heures perdues? (SPOILER: la réponse est oui!)

Le DVD est parfois une bénédiction pour les amateurs de bis. Témoin ce CRAVING DESIRES, petit décalque italien de BASIC INSTINCT et LIAISON FATALE vendu dans les magasins de grande distribution au prix incroyable de UN euro. Devant cette jaquette alléchante (l'héroïne en bas noirs et porte-jarretelles), le cinéphile pervers succombe évidemment à la tentation, en prétextant évidemment qu'il aime depuis toujours les films de Sergio Martino. Ensuite, il passe une heure et demie devant son écran, un peu honteux mais c'est une autre histoire.

Alors, tant pis, parlons de ce film. Donc, il s'agit d'une réalisation de Sergio Martino, spécialiste du bis auteur de produits tels LA MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE, ALLIGATOR, TORSO, L'ETRANGE VICE DE MADAME WARDT, LE CONTINENT DES HOMMES POISSONS, L'AMERIQUE A NU, ATOMIC CYBORG, 2019 APRES LA CHUTE DE NEW-YORK, etc.

Bref, un artisan rompu à tous les genres pour vu qu'ils soient populaires, souvent capable de torcher une série B bien sympathique avec trois bouts de ficelle. Jadis méprisé, le cinéma de Martino est d'ailleurs en pleine réévaluation, comme en témoigne les belles éditions DVD proposées par Neo Publishing, un éditeur qui - presque à lui seul - transforme le cinéaste, autrefois considéré comme un tâcheron et à présent couronné petit spécialiste du bis.

Ici, Martino propose une très banale intrigue où l'important réside dans les nombreuses séquences soit disant érotiques, lesquelles ressemblent à celles mille fois vues dans les téléfilms M6 (ou AB3 pour les Belges) de fin de soirée. Bref, du tout bon pour les nostalgiques des mythiques (et nullissimes) programmes "Hollywood Night".

En fait, DESIRS MEURTRIERS se situe pleinement dans la lignée des nombreux décalques du film de Verhoeven sortit au milieu des années 90: BEDROOM EYES (2 films), BODY CHEMISTERY (4 films), ANIMAL INSTINCT (2 films), POISON IVY (3 films), ONZE JOURS ET ONZE NUIT (3 films), FATAL INSTINCT, INNER SANCTUUM, etc. L'idée est de broder une intrigue minimaliste et pseudo policière pour relier des intermèdes chauds toutes les dix minutes. Rien de passionnant, surtout que Martino se montre très classique dans le sexe et ne parvient même pas à livrer quelques petites perversions jadis de rigueur chez les bisseux ritals. Reste une prédominance des bas noirs et des porte-jarretelles pour contenter les fétichistes. C'est peu.

Niveau suspense, rien à signaler non plus: on comprend tout de suite où le cinéaste veut en venir: la belle jeune femme, malade mentale et satanique débutante, paraît immédiatement suspecte. Dommage aussi que le seul meurtre se passe hors champ: seul le résultat sera visible et le soft est une nouvelle fois de rigueur. Avec son passé, Martino aurait pu tenter de donner un peu plus de nerf à l'ensemble quitte à se rapprocher du giallo mais il a choisi la voie la plus facile et limite ses efforts au strict minimum syndical. Triste!

Rien de mémorable dans le jeu des acteurs non plus, malgré la présence de l'ex-star de l'érotisme rital Serena Grandi. L'actrice tentatrice a pourtant un corps sublime et ne se prive pas de nous le montrer (du moins le haut car sa foufoune reste cachée durant tout le métrage) mais l'acteur principal avec son côté playboy irrésistible a, pour sa part, une belle tête de con. Sergio Martino déroule donc une mise en scène des plus pépères, recopie les idées des autres et ennuie souvent. Le résultat se laisse pourtant voir d'un œil distrait, sans doute à cause des charmes de l'héroïne. On se console comme on peut avec les mauvais films. Parfois par deux scènes gore, parfois grâce à deux tétons pointant sous un chemisier.

Le final nous montre finalement la belle allumeuse dominer notre tête de con, ce qui fera plaisir aux féministes. Et à moi aussi d'ailleurs. Il a vraiment trop une tête à claques. Comme DESIRS MEURTRIERS n'est vraiment pas un bon film on ne se plaindra pas que le DVD (vendu 1 euro, rappelons le) ne possède ni bonus ni version originale. Mais à ce prix là on ne va pas se plaindre. De toutes façons que vouliez vous avoir comme bonus? Sergio Martino expliquant qu'il a réalisé un chef d'œuvre à rendre jaloux Orson Welles s'il n'était pas mort? Vittoria Belvedere essayant ses porte-jarretelles? Non? Bon, ben alors, il reste le film. Pas le meilleur Martino. Ni le meilleur rip-off de BASIC INSTINCT loin de là. Mais pas le pire non plus.

On se console comme on peut avec les mauvais films.En résumé, DESIRS MEURTRIERS est agréable pour se rincer l'œil mais on n'y trouve pas de quoi fouetter une chatte.

Fred Pizzoferrato - Décembre 2007